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THRASH METAL  |  STUDIO

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CHRONIQUES

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2026 ★★★★★  The New Flesh
ÉQUIVALENCES

SYLOSIS - The New Flesh (2026) ★★★★★ 
Par CREVETTE le 6 Avril 2026          Consultée 1469 fois

En 2026 le Metal a maintenant une longue histoire derrière lui. Une histoire riche à l'identité très marquée, faite de nombreuses ramifications mais aussi et surtout de fragmentations survenues qu'on pourrait grossièrement remonter au début des années 90 - ou la période de l'inflation des sous-genres. Entre le Black, le Death, le Doom, le Power, l'Indus, le Superblack Metal ou le Vegan Progressive Grindcore (cf. Fat Ed) on pourrait penser que le Metalleux lambda est un vrai taxonomiste, un pur Darwiniste du Metal dédiant son existence à la classification des espèces dans cette niche plus que jamais fourmillante mais encore relativement incomprise de la biodiversité humaine. Débattre des étiquettes et en définir les limites, aussi absurdes puissent-elles être, est presque devenu un genre de signe de reconnaissance international. Il paraîtrait aussi qu'une partie du plaisir vienne du fait d'écouter des trucs que personne ne connait, plaisir partagé certes, mais qui ne vient pas invalider un autre axiome : le Metalleux reste attaché à des repères communs, à des valeurs fédératrices qui commencent hélas à se faire rares tant même les têtes d'affiche du moment peinent à susciter une adhésion à l'unanimité. Qui dit encore, de la manière la plus élémentaire "On joue du Metal" ? Les gars de SYLOSIS jouent du Metal. Parfois Thrash, parfois Metalcore, parfois Melodeath, parfois même Progressif, mais du Metal avant tout.

Ce nouvel album (le septième) des Britanniques vient compléter une discographie jusque-là quasi exemplaire car dépourvue de faux pas, fait d'armes assez rare pour être souligné. Faisant suite à l'opus "A Sign Of Things To Come", une déferlante sonore bien maîtrisée, "The New Flesh" s'impose déjà comme un des albums majeurs de l'année avec sa formule musicale dense, compacte, percutante et ce sentiment d'urgence se faisant trop souvent absent dans les productions modernes. Pratiquant toujours sa mixture empruntant des riffs Thrash dans le pur esprit 80s, adroitement mêlés avec le meilleur des mélodies aériennes d'Helsingborg et des breaks Hardcore au groove imparable, SYLOSIS fait évoluer sa formule vers quelque chose d'encore plus lourd et immédiat qu'à l'accoutumée. Rien que de l'accroche et du gros riff sans fioriture, un chant rude venimeux ne tombant jamais dans la théâtralité, des refrains mémorables chantés avec assurance et une pincée de leads imparables, soit une énorme bouffée d'air frais au milieu d'une scène Metal moderne aux clichés récidivants qui inonde les playlists. Seul le dernier morceau du disque dépasse les cinq minutes ici, le groupe privilégie l'immédiateté, extériorise toute son énergie et cela se ressent intensément.

Les hostilités sont ouvertes dès le premier titre "Beneath The Surface" avec ses riffs de guitare écrasants, enregistrés avec une clarté sonore impressionnante, et soutenus par une batterie martelée ne laissant aucun répit à l'auditeur. Et pourtant on est loin de la formule facile et trop usée de mettre le meilleur en ouverture d'album, car les titres les plus vindicatifs sont stratégiquement disposés tout du long parmi lesquels les plus marquants "Spared From The Guillotine" (et ses solos à la MEGADETH), "All Glory No Valour" (une mixture de Thrash et de Hardcore détonante !) ou encore l'éponyme "The New Flesh" (inspirée du Vidéodrome de David Cronenberg – un film d'horreur au thème devenu tristement réel où les pires horreurs sont devenues objet de divertissement). SYLOSIS conte les horreurs du monde actuel, et la colère grondante d'une population mondiale qui ne s'y retrouve plus, abordant des thèmes comme l'effacement de son être profond pour coller aux codes de la société du divertissement ("Erased"), la pression de la vie contemporaine et l'anxiété en résultant sous un défunt rêve capitaliste déshumanisé ("Lacerations"), et le sentiment d'être jugé constamment entraînant un combat du quotidien ("Circle Of Swords"). Le groupe ne se renferme pas sur lui-même, au contraire il déballe une colère arrivée à maturation, refuse de se laisser abattre par tous ces maux, et le fait en usant habilement des codes et motifs de tous ces sous-genres qui ont fait perdurer la flamme à travers les décennies.

Mais c'est aussi sur les plages les plus aérées que l'album révèle ses émotions plus en profondeur, notamment sur un "Everywhere At Once" qui constitue un des moments les plus humains et émouvants de la discographie du groupe : à portée moins sociétale, Josh Middleton y relate des paroles très personnelles sur la culpabilité de devoir quitter sa famille pour prendre la route, portées par une guitare acoustique intimiste et un solo grandiose. Enfin, il y a "Seeds In The River", la clôture de l'album en apothéose, une synthèse réussie de tout ce qui s'est dit, une conclusion versant presque dans le nihilisme narrant l'impression d'impuissance de l'homme face aux changements inévitables du monde. Les harmonies de guitare à la suédoise, avec ce refrain en chant clair résolument résigné font mouche dès la première écoute, composant à nouveau un titre mémorable qui saura faire écho avec le public pendant les futures prestations scéniques du groupe.

Accompagné de deux nouveaux membres, Conor Marshall à la guitare et Ben Thomas à la basse, SYLOSIS reprend le flambeau qui a fait sa réputation en le faisant évoluer toujours plus vers la modernité sans trahir son caractère : la même puissance rythmique qu'un LAMB OF GOD, les mêmes accroches mélodiques qu'un SOILWORK, mais toujours avec cette identité tranchante et technique qui fait la différence. "The New Flesh" s'impose comme leur meilleure production depuis le classique "Dormant Heart" de 2015 et prouve que le Metal peut encore se faire revendicateur en écrivant une de ses pages les plus sincères et vivaces. Ni surproduction, ni multitude d'effets sonores ici, SYLOSIS joue la carte de l'authenticité, de la musique épurée et cogne très fort en ce début d'année. De quoi ravir les fans de Thrash Old School tout comme les fans de Metalcore et Melodeath, on ne saurait employer d'autre qualificatif que celui de Metal embrassant sa modernité, ravageur dans son expression et fédérateur dans son intention.

Inutile de réinventer la roue, il suffit parfois juste de remettre les pendules à l'heure.

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  ★★★★★ CREVETTE


LINE-UP
- Josh Middleton (guitare, chant)
- Ali Richardson (batterie)
- Conor Marshall (guitare)
- Ben Thomas (basse)

TRACKLIST
1. Beneath The Surface
2. Erased
3. All Glory, No Valour
4. Lacerations
5. Mirror Mirror
6. Spared From The Guillotine
7. Adorn My Throne
8. The New Flesh
9. Everywhere At Once
10. Circle Of Swords
11. Seeds In The River


             



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