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METAL INDUS  |  COLLABORATION

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CHRONIQUES

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OOMPH! - Zweiter Weltkrieg Und Ein Halber (2026) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 1er Avril 2026          Consultée 612 fois

En 2001, OOMPH! et RAMMSTEIN ont vu leur route se croiser l'espace de deux semaines aux Nagelstudio ; les premiers enregistraient ce qui allait devenir "Ego", les seconds répétaient en vue des concerts pour le lancement de "Mutter" et Flake en profitait pour essayer quelques loops pour ces prestations live, afin de proposer un rendu légèrement différent des pendants studio. Jusque là, rien de bien gravissime, sauf que ces deux formations ont souvent été désignées par la presse d'outre-Rhin comme étant des ennemies, Dero Goy et sa bande accusant Till Lindemann et les siens de bénéficier d'un succès qui devait leur revenir. Chacun se refera l'histoire, en essayant de séparer ce qui s'apparente à des coups de pub ou des suspicions de vérité. Comme si ces deux groupes devaient avoir une histoire à la METALLICA/MEGADETH. Cependant, il semble bien que les musiciens se sont plutôt bien entendus, véritables larrons en foire, comme l'atteste cet EP commun… au goût douteux. Mais nous y reviendrons.

Le souci majeur dans la musique, ce n'est pas tant l'entente entre les musiciens, mais plutôt les arrangements entre les maisons de disque. Et plus elles sont grosses, plus elles ont d'avocats. À cette époque, OOMPH! était toujours lié à Virgin, tandis que RAMMSTEIN faisait déjà les beaux jours d'Universal. Autant vous dire qu'il y a dû y avoir des wagons entiers d'avocats (et l'image, vu la suite, prendra tout son sens) pour discuter de ce "Zweiter Weltkrieg Und Ein Halber" (Seconde Guerre Mondiale et Demie) qui a dû laisser tout le monde pantois. Pour Universal, il était hors de question que son poulain soit mouillé là-dedans, RAMMSTEIN alimentant déjà le doute avec le clip de "Du Hast" et autres joyeusetés (sans oublier que "Link 2 3 4" allait jeter du napalm sur le feu quelques mois plus tard) alors que Virgin pensait que cela ferait un excellent tremplin pour "Ego", qui n'allait pas avoir droit à un second "Fieber" (leur duo avec Nina Hagen sur l'opus précédent). Résultat ? Pas de sortie jusqu'à aujourd'hui !

Et cela, c'est encore une histoire de gros sous. Virgin Records avait été racheté en 1992 par EMI, qui a revendu cette succursale à… Universal vingt ans plus tard. Cela facilite déjà les choses au niveau des droits, qui étaient alors un imbroglio infernal, chacun voulant toucher plus de thunes que l'autre (et soyons francs, c'est la maison de disque de RAMMSTEIN qui aurait raflé - oui, oui, ce mot est malheureux, mais il colle bien avec l'ambiance de ce disque… - le pactole). OOMPH! ne faisant plus partie du catalogue, il restait à convaincre les musiciens de céder à leur tour leurs droits. Si Crap et Flux ne se sont pas trop faits prier, Dero Goy s'opposait à la publication de ces bandes. Quand il a quitté le groupe, sa voix ne pesait plus grand-chose dans la décision finale et c'est donc vingt-cinq ans plus tard que le public va se retrouver face à l'un des secrets les mieux gardés de la musique actuelle. Et globalement, on ne va pas se mentir, ça aurait pu rester dans les cartons, personne n'en serait mort.

Bon, sous cette pochette très Indus flanquée des logos des groupes en noir se dissimule un disque à l'humour franchement douteux. Avec six pistes (dont une reprise et demie, mais je vous en reparlerai plus tard) pour quarante-six minutes de musique, c'est un peu too much. Surtout que les quatre premiers titres forment une suite qui a pour thème une Seconde Guerre Mondiale un peu fantasmée, comme un "Papy Fait de la Résistance" revu et corrigé par les Monty Python. Et là, il faut s'accrocher. Franchement. Parce que ça part dans tous les sens et les paroles atteignent un niveau de débilité rarement atteint. Qui a dit comme si Kev Adams était responsable des textes ? Mais commençons plutôt par parler un peu musique. C'est exactement ce à quoi on s'attend. Un Metal Indus martial à souhait, avec une touche plus agressive, un peu plus Groove Metal, apportée par les gars de OOMPH!. Avec l'alternance des chants, cela pourrait fonctionner, sauf que l'attraction, ici, c'est Till, qui en fait des tonnes (et qui préfigure ce qu'il fera des années plus tard en solo et au sein de son groupe) quand Dero se veut étrangement plus réservé, s'articulant autour de son chant plus doux développé sur "Plastik".

En revanche, ce dernier joue quasiment toutes les parties de batterie à la place de Schneider, à l'exception de la reprise du "Love Me Tender" d'Elvis qui a été jouée en conditions live avec Schneider donc, Richard, Paul, Flux et Dero au micro. Une version à peine électrifiée (pour l'ajout d'un solo qui se contente de reprendre la mélodie de la chanson) et qui rend plutôt bien. Aussi, le rendu global des titres est bizarre. Entendre des guitares sonner comme du RAMMSTEIN sur une rythmique plus syncopée comme on en retrouve chez OOMPH! provoque une perte de repères, comme si deux mondes se télescopaient et fusionnaient pour devenir une entité propre. Et c'est malin, car cela permet de surprendre, plutôt que d'avoir un morceau de tel groupe chanté par l'autre, etc. Et surtout, il y a eu un véritable travail d'écriture et de collaboration (nan mais pas dans le sens facho du terme !), vu que les musiciens tournaient fréquemment. Au final, seuls Till et Dero sont présents sur les quatre titres qui forment la suite. Et cela aurait été encore mieux si cela avait été bon… Ah si, "Hitler In Seinem Bunker" vaut le détour, mais il s'agit d'une pièce de… vingt-trois minutes.

Alors autant vous parler de ce parpaing de Prog Indus (j'exagère à peine) qui vaut à lui seul l'achat de ce disque (ou de le streamer, soyons modernes). Je ne vais pas m'attarder sur les paroles tout de suite, mais ce titre nous fait clairement voyager. Cela commence par des bruits de bombardement, Berlin sous les bombes puis retentissent des lignes de clavier qui sont du pur Flake, avec une urgence tendue, qui ralentissent petit à petit pour laisser des guitares lourdes et sentencieuses se greffer dessus. Le son baisse progressivement, le bruit d'une porte qui s'ouvre, de pas qui claquent, d'une chaise que l'on tire, puis cette phrase « Bist du Jude ? » suivi de cette réponse cinglante « nein, ich bin Goy (1). Ich bin Dero Goy ». Et là le groupe enchaîne avec le thème de "James Bond" en mode Indus, avec une grosse rythmique derrière pour accentuer. Et franchement, avoir repris cette musique imaginée par John BARRY et devenue iconique est une superbe idée pour faire comprendre que Goy joue ici le rôle d'un agent à la Sydney Reilly ou Dusko Popov, deux des modèles du célèbre agent secret, pour aller débusquer Hitler dans son Bunker.

Alors oui, je vous avais prévenu que les paroles sont débiles.

Mais passons.

Sur ce titre, Till joue le narrateur, qui se laisse un peu embarquer par son sujet, et qui préfigure totalement ce qu'il fera sur "Puppe" des années plus tard, tandis que Goy intervient sur la fin du titre, quand son personnage est face à Hitler. La musique redevient sombre et pesante après le coup du thème de "James Bond", mais elle est gratifiée de plusieurs cassures thématiques bienvenues quoique parfois étranges, comme cette portion Glam qui tend vers l'aspect spatial d'un "Ziggy Stardust" (en lisant les paroles, on comprend mieux…). On sent que Richard se fait plaisir ici (nous retrouvons quelques sonorités proches du premier EMIGRATE), alors que la fin flirte sauvagement avec le PANTERA de "Vulgar Display Of Power", tandis que Dero Goy joue son personnage et que Till interprète Adolf Hitler et Eva Braun. Le truc, c'est que le chanteur ne sait pas qui est qui (oui, le couple maudit aime se travestir l'un l'autre dans l'imagination de Till, d'où le passage Glam…), alors il abat les deux (et entendre Till surjouer la mort avec des « aaaaaaaargh » théâtraux, ça vaut son pesant de cacahuètes).

Les trois autres morceaux de cette suite sont bien moins intéressants, si ce n'est la ballade acoustique "Der Traum des Wüstenfuchses" qui s'achève par un bruit de déglutition (là on comprend que ce titre parle de Rommel). Mais globalement, ça ne casse pas trois pattes à un canard surtout que les paroles sont… enfin… les Allemands en général sont-ils connus pour un sens de l'humour en particulier ? Parce que bon, commencer avec un titre qui s'appelle "Panzer Division Oomstein" et chanter que les chars ils font « rammph », désolé, mais là j'abdique. Et ce ne sont que des conneries comme ça. "Einsernes Kreuz", le titre suivant, explique qu'au lieu de donner des médailles à des soldats morts on pourrait faire des voitures avec, mentionnant à plusieurs reprises Wolfsbourg, fief des usines Volkswagen à la fin des années trente, une ville pas très loin des racines de OOMPH!. Vous me direz, ça part d'un bon sentiment, mais rajouter « comme ça on peut envoyer trois soldats vivants dans les Ardennes » en faisant référence aux Taxis de la Marne, difficile de savoir si c'est du lard ou du cochon. Et si "Hitler In Seinem Bunker" n'était pas aussi parodique et WTF, clairement ça jaserait encore.

Puis il y a la reprise d'Elvis. Jolie, bien chantée par Dero qui semble comme un poisson dans l'eau. Quand je vous parlais plus haut d'une reprise et demie, je ne comptais pas le thème de "James Bond" dedans. Mais plutôt le remix que Till et Flake en ont fait. Et dont ils auraient pu s'abstenir. Coller des claviers bien Électro hors de sens passerait encore, ça fait un peu LAIBACH sur les bords. Mais les ajouts vocaux de Till sont catastrophiques. En fait, il commente de façon très salace ce que chante Dero (« Nimm Mein Schwanz in den Mund » pour son assertion la plus polie) et cela est très gênant en définitive, surtout pris avec le recul d'aujourd'hui, avec les dérives dont il est accusé. Bref, un remix à oublier totalement.

Quel intérêt pour Universal de sortir un tel produit un quart de siècle après son enregistrement ? Hors contexte, il n'a plus de valeur, il n'a plus de raison d'être tant il représente une période révolue pour chacun des deux groupes. Pour les curieux et les collectionneurs, cela représentera un petit moment d'histoire qui aura été caché tout ce temps (genre la vérité sur la mort de JFK). Un X Files qui aurait mérité en fait de rester caché, quand bien même "Hitler In Seinem Bunker" est tellement atypique et fou que le présenter à la face du monde ressemblait à une nécessité. Les amateurs de bon goût peuvent passer leur chemin, les fans des deux formations s'y attarderont toutefois avec une certaine délectation. Le miroir d'une époque qui n'est plus.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Dero Goy (chant, batterie)
- Till Lindemann (chant)
- Crap (guitare)
- Krup (guitare)
- Richard Z. Kruspe (guitare)
- Paul Landers (guitare)
- Ollie Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)
- Flake (programmations)

TRACKLIST
1. Panzer Division Oomstein
2. Einsernes Kreuz
3. Der Traum des Wüstenfuchses
4. Hitler In Seinem Bunker
5. Love Me Tender
6. Love Me Tender (Till & Flake Mix)


             



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