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CHRONIQUES

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2026 ★★★★  Resurfaced

AEON TEMPLE - Resurfaced (2026) ★★★★ 
Par DARK PANDA le 6 Avril 2026          Consultée 443 fois

« Un trio Stoner, Psychédélique, Post Rock et Doom originaire de la région de la Ruhr, en Allemagne, qui propose des riffs puissants, des paysages sonores atmosphériques et une dynamique hypnotique qui monte en puissance progressivement. » Voilà, c'est plié, vous savez de quoi il retourne. Les gars d'AEON TEMPLE ont tout dit sur eux-mêmes. Y a plus qu'aller écouter.

Quoi, ça vous suffit pas ? Euh... c'est quoi le délire, vous n'avez pas assez d'info ? C'est pourtant complet, non ? Pfff. Sérieux. Expliquez-moi le truc, alors. Vous zonez sur Nightfall et vous avez cliqué sur une nouveauté, comme ça, en modo auto ? Et maintenant, vous voudriez des louches et des louches de textes parce que vous savez qu'ici, on est pas des guignolos, c'est la vré caverne du metôl avec un max de maux à l'intérieur ? Mais allez, j'suis sûr que vous êtes même pas prêts à ça. D'abord, une chance sur deux que vous écoutiez pas de Stoner. C'est peut-être juste la jaquette (ouais, parfaitement, la jaquette) qui vous a titillé l'œil et donné la (maigre) force d'appuyer votre (gros) pouce sur la chronique. Mais okay, admettons, vous appréciez le Stoner, ou alors vous êtes du genre "curieux", pas "fermé d'esprit", hein ? Par contre, ma main à couper que vous n'avez même pas vingt secondes devant vous, en vrai. Ça doit être en train de se brosser les dents, de marcher vers sa bagnole ou pire, d'effectuer une tâche qu'aucune personne ne peut faire à votre place dans le lieu (souvent exigu) où vous vous trouvez. J'suis tellement sûr d'avoir raison. Mais encore une fois, d'accord, on va se faire croire à tous que vous avez un max de temps devant vous. Peut-être que vous êtes à table en train de bouffer, par exemple. Seul – à moins que vous soyez ce genre de personne qui préfère mater son téléphone plutôt que de parler aux gens qui l'entourent (mon Dieu – mais lequel ? – si c'est le cas, faites-leur putain de plaisir et putain d'éteignez-le). Je résume : vous êtes sur cette page web en pleine conscience. Avec du temps devant vous. Et vous m'avez donc lu jusqu'ici. Bah vous savez quoi ? Vous êtes l'élu(e). De quoi, j'en sais foutre rien, par contre.

Bon, soyons direct comme un album de Thrash allemand : si les premières galettes de QUEENS OF THE STONE AGE sont intégrées comme une ondoyante tapisserie au plafond nervuré de votre âme et qu'il vous arrive régulièrement de passer dans vos oreilles un peu de musique psyché (CAN, les débuts de TAME IMPALA, de PORCUPINE TREE ou de PINK FLOYD... que sais-je), ne cherchez pas plus loin, il vous faut ce skeud. Parce qu'il est habité. Ses compositions bien touffues réunissent d'immenses riffs ronronnant tout du long et des atmosphères dantesques bourrées de lignes aériennes parfaitement hypnotiques. Ajoutez à cela un chant féminin plutôt racé (laissez plus de place aux meufs, les gars, merde) et des titres qui ne se ressemblent pas, développant chacun leur très belle personne (c'est comme ça qu'on dit aujourd'hui, hein ?), vous obtiendrez un disque important. Tout simplement.

Quoi, il vous reste encore trois tartines à bouffer ? Okay, je continue. Les Allemands d'AEON TEMPLE portent bien leur nom, puisque "aeon" semble signifier "éternité" en anglais désuet, et que ses lignes les plus psychédéliques ne jureraient pas dans la disco d'un autre groupe allemand, ASH RAH TEMPEL, dont l'un des chefs d'oeuvre Krautrock s'intitule justement "Jenseits", soit "au-delà" dans cette chère langue de Goethe.
Mais AEON TEMPLE ne joue pas de Krautrock – ou si peu. On est bien face à un Stoner très musclé et vénéneux, invoquant cette frange – finalement assez restreinte – de la family qui a choisi de rouler (des joints, certes, mais aussi) à toute blinde vers les boucles redondantes, voire cosmiques du psychédélisme (coucou SLOMOSA, tu n'en fais pas partie). Et ça, c'est super.

Votre attention tout de même (ouais, deux putain de secondes, t'avaleras ta bouchée après) : ne croyez pas non plus qu'AEON TEMPLE va vous tisser des compositions aussi folles, oniriques et expérimentales qu'un CAN ou qu'un ORANSSI PAZUZU. Non, c'est bien plus sage, l'album reste bien amarré à l'univers bruyant mais structuré du Stoner. Néanmoins, sa musique fourmille de diableries. Comme cette troisième piste, "Tireless Machine", qui construit d'abord un mur de riffs bouillonnants à la ritournelle ensorcelée (serait-ce le riff Stoner de l'année ? La question est posée), d'où finit par s'échapper une ligne de guitare complètement stellaire, hallucinatoire à souhait. Le final est dingue, genre épique, perché dans l'espace au milieu des étoiles. Bref, ça putain de joue. Ces Teutons entremêlent lourdeur groovy, cris parfois hantés et partitions célestes avec un vrai savoir-faire.

Vous êtes déjà plus là, j'parie. Juste parce qu'en fait, vous faisiez autre chose. J'en étais sûr, que vous aviez appuyé sur cette chro juste par réflexe. Toxico, va. Pas grave, je continue. En fait, il y a un peu deux histoires dans cet album. D'abord une première partie vrombissante, avec un Stoner à couper au couteau. Le rêche "Grapes And Wine" brille par ses cascades de batteries impétueuses et ses guitares puissantes (dont un solo tout Josh Hommesque en fin de parcours), même si sa structure ultra-classique peut finir par lasser. "Children Of Dirt" tisse une partition plus fantasque et dissonante, jusque dans son refrain-chorale crié qu'on pourrait – vite fait – croire échappé d'un groupe de Rock irlandais ou du bateau pirate d'ALESTORM. C'est dans ce morceau, pourtant, que les guitares se mettent vraiment à broder les aigus pour tisser des nappes maladives.

La belle et sauvage "Tireless Machine" opère donc comme une passerelle, vers un second voyage plus Prog et drogué, fonctionnant davantage comme un trip. "Blumulu" en est le parfait exemple : une ballade acide et torturée, dont l'ambiance mélancolique tout droit sortie d'un rêve narcotique lorgne vers "The Battle Of Nervemore" de LED ZEPPELIN ou "Venus In Furs" du VELVET, tout en déployant certaines guitares scintillantes dignes d'un Jeff Buckley. Il y a des boucles entêtantes pleines de reverb, un jeu de basse aussi tortueux qu'un serpent sous mescaline, et tout au bout un orage zébré de riffs colossaux cognant d'autres lignes de guitare plus célestes, aussi imprévisibles qu'un vol d'étourneaux.
"Golden Veils" pousse ce Psych/Prog sur onze minutes, tissant loin, très loin la méditation vénéneuse et énervée d'AEON TEMPLE à coups de longues plages introspectives et d'emballements Stoner tonitruants. Avec, en prime, quelques hurlements expulsés par Claudia Weber.

Franchement, vous avez tellement de la chance, si vous lisez encore (non mais essuie-toi la bouche quand même, y a de la confiture qui coule, 'tain). Parce que ce disque vaut vraiment le coup. Bien sûr, il a ses fragilités : une voix particulière, que certains n'apprécieront pas et dont certains passages semblent moins réussis / inspirés que d'autres (ce choix d'une ligne mélodique "Bluesy" sur "Tireless Machine", qui gâte à mon sens la profondeur toute transcendantale de cette pièce maîtresse) ; des partitions sans doute un chouya longues, pour les adeptes de l'efficacité Stoner la plus pure. Mais bordel, qu'est-ce qu'on en prend plein la figure à bord de ce confortable vaisseau lancé à toute blinde dans l'inconnu du vide intersidéral ! Outre un tabassage en règle, il y a de la magie et du génie dans cette expérience qui, en réalité, doit quand même un peu à l'héritage Krautrock allemand (allez savoir pourquoi, c'est notamment le travail des cymbales qui me rappelle CAN par moments).

Au final, AEON TEMPLE a juste un problème de temporalité, puisqu'il n'avait jusqu'ici sorti qu'un EP... il y a dix ans. Il était plus Blues et possédait moins de caractère. Sur ce premier album, le groupe teuton en montre plus et dévoile vraiment sa capacité à tisser les « paysages sonores atmosphériques » dont il parle lui-même en se présentant au monde.

Voilà. C'est bon, rassasié ? À la bonne heure. En même temps, vous remarquerez que la meuf et les gars d'AEON TEMPLE avaient quand même tout dit dans leur présentation. L'essentiel, en très peu de mots. À l'allemande, quoi ('sont pas là pour perdre du temps). Du coup, lire les quatre premières lignes suffisaient. Mais bon app' quand même. Quoi que vous ayez putain de fait durant la lecture de cette putain de chronique.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ DARK PANDA


LINE-UP
- Claudia Weber (guitare, chant)
- Robert Fritzen (batterie)
- Philipp Seiler (basse)
- Markus Haferkamp (guitare)

TRACKLIST
1. Grapes and Wine
2. Children of Dirt
3. Tireless Machine
4. Blumulu
5. Golden Veils


             



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