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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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PINK FLOYD - Animals (1977) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 29 Mars 2026          Consultée 799 fois

Bien que la critique n'ait à l'origine pas été tendre avec "Wish You Were Here", l'album connaissait de belles ventes et les PINK FLOYD firent construire leurs propres studios, les Britannia Row, à Londres. Là, ils purent s'atteler à la conception d'"Animals" dès l'année 1976, dans une ambiance un peu particulière. Waters avait pris les rênes du leadership au sein de groupe et il n'allait plus les lâcher jusqu'à son départ après "The Final Cut". Le premier à en faire les frais sera Rick Wright. Si son éviction durant l'enregistrement de "The Wall" paraît pour le moins excessive, il convient de rappeler qu'"Animals" contient déjà pas mal de germes de l'animosité entre Wright et Waters. Le claviériste n'avait pas été emballé plus que cela par "You've Got To Be Crazy" et "Raving And Drooling", deux démos présentées par Gilmour et Waters avant que les musiciens ne s'attèlent à ce qui deviendra "Wish You Were Here", préférant justement la douceur que dégageait un morceau comme "Shine On You Crazy Diamond". Le sujet du concept élaboré par le bassiste ne le convainc pas non plus totalement. "Animals" sera en conséquence le premier album de PINK FLOYD sur lequel le claviériste ne sera pas crédité à l'écriture.

Il faut dire que "You've Got To Be Crazy" et "Raving And Drooling", rebaptisés ici "Dogs" et "Sheep" avec des paroles différentes, sont des morceaux relativement durs, qui jouent sur l'ambivalence de la guitare acoustique et des furieux soli électriques. Nous sommes loin de l'esprit Pop qui pouvait transpirer de "The Dark Side Of The Moon". Gilmour, visiblement attentif à ce qui se passait musicalement autour de lui, cherchait à durcir son jeu, à trouver de nouvelles sonorités sur lesquelles il pourrait s'exprimer. 1977 coïncide également avec l'année du Punk en Angleterre, mais "Animals" sort le 21 janvier, il est encore trop tôt pour considérer ce disque comme une réponse au mouvement keupon, contrairement à "News Of The World" de QUEEN par exemple, qui voyait la musique de la bande à Freddie Mercury connaître également une radicalisation. Pour PINK FLOYD, Waters a juste cherché à apporter une sécheresse à ses compositions, pour faire ressortir les propos de son concept et ancrer l'album dans sa noirceur inhérente.

Ici, Waters reprend plus ou moins "La Ferme des Animaux" de George Orwell. Nous retrouvons les cochons, caste supérieure, qui bénéficie de l'aide des féroces chiens pour maintenir l'ordre et leur volonté sur les moutons, peuple qui se laisse plus ou moins faire, majorité silencieuse. On retrouve les grands traceurs du livre, avec ce triumvirat de porcs qui instaure sa mainmise, les molosses élevés par Napoléon (le cochon, hein, pas l'empereur) qui font régner un climat de terreur savamment étudiée. Cependant, là où le roman se voulait une satire du stalinisme, l'album se veut une critique cynique du capitalisme, autre forme de totalitarisme selon le bassiste. La vision peut paraître un peu simpliste, mais le sujet reste accrocheur, sa noirceur ponctuée d'un humour désabusé en fait un PINK FLOYD à part alors. Ici, l'espoir est maigre et cela se traduit également à travers la musique, qui se drape d'une agressivité que l'on n'attendait certainement pas.

"Animals", c'est un peu le portrait en négatif de "Wish You Were Here". Comme son grand frère, cet album s'articule autour de cinq titres, mais là où le groupe enveloppait précédemment trois titres plus accessibles dans les deux moitiés d'un morceau fleuve, il fait ici l'inverse, en présentant trois compositions de plus de dix minutes chacune encadrées par deux petites comptines nommées "Pigs On The Wing". Là où "Wish You Were Here" faisait la part belle aux claviers somptueux de Wright, ici il semblerait que Waters n'en ait conservé que la froideur quasi Industrielle que l'on trouvait sur "Welcome To The Machine". "Pigs On The Wing" offre une première impression d'album champêtre, avec une légèreté primesautière qui va s'avérer bien trompeuse. "Dogs" commence doucement, à la guitare acoustique, mais elle va donner lieu à des soli électriques de toute beauté. David Gilmour livre également une de ses prestations parmi les plus dures derrière le micro, avant de le laisser à Waters pour le reste de l'album. L'agressivité reste contenue, mais il se dégage une ambiance glaciale de ce titre, que les quelques parties de clavier ne vont pas réchauffer. C'est d'ailleurs une constante, Wright sera toujours un peu en retrait sur ce disque par rapport à Gilmour qui sera sur-représenté.

Derrière lui, Waters livre de solides assauts à la basse, Nick Mason se veut un peu plus inspiré dans son jeu par rapport à l'opus précédent qu'il avait plus vécu en spectateur qu'en musicien. D'ailleurs, il dira souvent avoir été grandement satisfait par la direction plus dure prise sur "Animals". Mais surtout, PINK FLOYD, enfin Waters, a bien réfléchi à la chose et encore une fois, il ne laisse rien au hasard. C'est encore Brian Humphries, responsable de la prise de son sur "Wish You Were Here", qui s'en occupe sur ce disque et le rendu est précis, glacial, finement ciselé. Waters fait également des emprunts, les maltraite, les déforme, à l'instar du "Psaume 23" que l'on retrouve dans "Sheep" et qui y connaît sa meilleure vie. "Sheep" sera également le titre le plus « court » parmi les longues pièces, il en sera également le plus assimilable et le plus électrique. Le bassiste ne lève en rien la pression jusqu'à ce que la seconde partie de "Pigs On The Wing" ne vienne clore le débat. Quand le disque s'arrête, l'auditeur a de quoi être soufflé. Si on ne se rend pas forcément bien compte qu'il s'agisse de PINK FLOYD, l'œuvre traverse le temps et se bonifie avec lui.

Waters devait se douter que son sujet allait perdurer dans le temps. En offrant une critique sociale de l'Angleterre des années 70, il devait inconsciemment penser que cela serait encore d'actualité pour les générations à venir. En prenant de façon autoritaire les commandes du groupe, il devient paradoxalement ce qu'il dénonce et cela se confirmera par la suite, où son délire paranoïaque aura raison de l'entente de la formation. Là, il parvient à contourner le délire narcissique ; "Animals" n'est pas "The Wall", il se veut moins ambitieux sur le papier, mais il est bien mieux maîtrisé au final. Waters sonne le glas du saxophone et des chœurs qui étaient l'un des marqueurs des deux disques précédents, pour faire avec les forces vives (oui, Mason va mieux) de son groupe. Si Wright n'a pas participé à l'écriture de l'album, ses parties sont toujours irréprochables et il livre une prestation incroyable en introduction de "Sheep" sur laquelle les autres membres sauront rebondir avec panache, pour ce qui est peut-être le meilleur titre de l'album.

Waters vit complètement son concept, il est comme possédé derrière le micro. Ses rires grinçants sur "Pigs (Three Different Ones)" sont absolument effroyables et servent complètement la composition qui commence doucement, comme un Reggae joué avec une rythmique plus Rock, la guitare de Gilmour se veut Bluesy, mais là encore, elle n'a rien de chaleureuse. Il faut bien comprendre que l'heure n'est pas au réconfort, rien ne va plus, la Dame de Fer écrase le peuple avec une politique dure, parfois injuste et Waters veut avoir son mot à dire, il ne veut pas se taire face à ce que lui renvoient les journaux. PINK FLOYD devient social, tout en restant Progressif, comme le prouve la longue pièce "Dogs" qui évolue doucement, et qui nous dévoile un Gilmour moins nonchalant, moins aérien dans son jeu, même s'il est toujours capable de légèreté (ses parties de guitare acoustique). Le groupe sort des clous et c'est pour la bonne cause, il évite de rentrer dans une spirale où il ne pourrait faire que de la redite de ses deux essais précédents, où il avait déjà tout dit.

"Animals", c'est également une pochette mythique, une de plus. Elle est toujours produite par le studio Hipgnosis, mais cette fois-ci, Storm Thorgerson dût se plier aux exigences de Waters. Il voulait que la Battersea Power Station figure sur cette jaquette. Et c'est vrai que le bâtiment en impose. Il a quelque chose de lugubre, presque déshumanisé, qui correspond bien à la thématique de l'album. Un cochon gonflable, nommé Algie, flotte entre les deux cheminées de gauche. Ça pourrait s'arrêter là, mais durant les sessions, Algie a « pris la fuite » et a divagué au gré du vent jusqu'à Heathrow où il allait perturber le trafic aérien de façon assez conséquente, avec vols annulés et tout le bazar.

Pour ma part, "Animals" est le dernier grand disque de PINK FLOYD et étrangement l'un des plus primaires, à ce moment de leur carrière. C'est également mon préféré de leur discographie plutôt bien fournie. Certainement moins référentiel que ses deux grands frères, cet album aurait-il pu voir le jour si Waters n'avait pas pris le leadership et imposé ses idées ? Peut-être pas. De tensions et de divergences, le bassiste a réussi à concevoir et mettre en boîte un album fort, puissant, agressif. Le plus Hard Rock de toute leur discographie au final, avec un David Gilmour en état de grâce. La suite sera malheureusement moins joyeuse, "The Wall" fissurant totalement ce que fut le groupe et sonnant, d'une certaine manière, la fin de cette formation qui était devenue à force de persévérance, d'abnégation et d'une amitié solide entre les musiciens, une des références du genre. Un très grand disque de PINK FLOYD, et un incontournable du Rock, tout simplement.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Roger Waters (chant, basse)
- David Gilmour (guitare, chant)
- Rick Wright (claviers)
- Nick Mason (batterie)

TRACKLIST
1. Pigs On The Wing (Part I)
2. Dogs
3. Pigs (Three Different Ones)
4. Sheep
5. Pigs On The Wing (Part II)


             



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