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HARD ROCK  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1983 ★★★★  No Rest For The Wicked
1984 ★★★★  Walkin' The Razor's Edge
1985 ★★★★★  Long Way To Heaven
1987 ★★★★  Wild In The Street
2026 ★★★★  Scrap Metal

ALBUMS LIVE

1998 ★★★★★  Half-Alive
ÉQUIVALENCES
Style + Membre : Michael SCHENKER

HELIX - Scrap Metal (2026) ★★★★ 
Par GEGERS le 9 Février 2026          Consultée 1470 fois

Je vous l'écris comme je le pense, je n'ai pas vécu les années 80 et franchement, je n'en ai cure. Né en 1985, je suis arrivé "trop tard", comme aiment à le répéter ceux qui ont, cheveux longs sur la nuque et vestes à patchs sur les épaules, écumé ce que leur bourgade comptait alors de disquaires et de cafés-concerts, s'en allant de temps en temps à la ville pour applaudir un grand nom venu poser ses flightcases le temps d'une soirée, devenue, par le truchement des années qui s'enfuient, un "événement inoubliable". Pourtant grand amateur de la musique créée durant ce que nombre de hardos nomment la "décennie dorée", je n'ai même pas l'impression de vivre ces années par procuration, mais plutôt avec le recul qui permet de trier le bon grain de l'ivraie. Car il y a les classiques, bien sûr, et justement, ce sont ceux qui ont passé l'épreuve du temps, qui ont gagné la course parmi des milliers de prétendants. Chacun se gargarise, évoquant ces "pépites oubliées", ces groupes au destin brisé par l'addiction ou l'adversité, mais pour un chef-d'œuvre, combien de daubes qui ne méritent rien d'autre que de sombrer dans le puits sans fond de l'oubli ?

On me le répète, on me le serine comme on se moque d'un grain de beauté mal placé ou d'une tâche de naissance : je n'ai pas vécu la frénésie de l'époque, l'extravagance des concerts, l'insouciance de ces groupes prêts à tout pour se faire une place au soleil. Mais ces doux souvenirs qui occupent votre cortex préfrontal sont aussi et surtout le fruit d'un imaginaire construit, d'un effet de groupe, d'un sentiment de fraternité et d'appartenance, essentielle exacerbation des sentiments vécus justement par ceux qui, adolescents ou jeunes adultes durant les années 80, forgeaient leur identité musicale. Forcément, aujourd'hui, ces mêmes jeunots ébahis ne peuvent qu'entretenir une douce nostalgie pour cette époque formatrice, où l'on découvre son corps et ses valeurs en même temps que les artistes qui vont nous accompagner pour le reste de notre vie. Tous marchent ensuite main dans la main pour nous accompagner sur le chemin de notre vie.

Ce que j'aime, c'est d'être le témoin de ce que ces vieux groupes sont devenus. Burinés par le temps, fragilisés par les changements de mode, parfois profondément endeuillés, certains ont su rebondir, n'ont jamais lâché la rampe. J'aime que la sélection naturelle ait opéré pour avoir permis la subsistance des plus forts. J'aime que dans l'ombre des statues indéboulonnables que sont SCORPIONS, DEF LEPPARD, ALICE COOPER ou DEEP PURPLE des SKID ROW, des QUIET RIOT, des LA GUNS, des GREAT WHITE, des KIX, des DOKKEN aient, avec plus ou moins de réussite, tenté de continuer à créer, à être actifs et pertinents dans une époque qui, décidément, n'a plus rien à leur offrir si ce n'est la nostalgie conjointe de ceux qui ont grandi en les écoutant. J'aime cette abnégation de vieux briscards comme HELIX qui, près de cinquante ans après la formation du groupe, continuent d'œuvrer pour faire résonner leur Hard Rock hédoniste dans un monde en plein effondrement. Vétéran discret de la scène Hard Rock nord-américaine, le combo canadien est en effet porté à bout de bras depuis 1974 par le chanteur Brian Vollmer, seul membre encore présent issu de la formation d'origine, et qui a survécu aux changements de monde, à la tragédie (la mort brutale du guitariste Paul Hackman dans un accident de tour-bus), et aux années 90. Une discographie riche d'une quinzaine d'albums studio, dont un album de Noël, une poignée d'albums live, et un nom que tout le monde connait sans réellement le connaître. De là à payer 18$ de frais de port pour recevoir chez vous "Scrap Metal" il n'y a qu'un pas, que je vous invite à franchir.

HELIX propose ici un album bâtard, à mi-chemin entre la nouvelle création studio et la compilation. En effet, si les cinq premiers titres sont le fruit de nouveaux enregistrements en studio, les sept qui suivent sont pour leur part, issus de précédents travaux du groupe. Pour autant, il y a ici une évidente cohésion, ainsi qu'un intérêt artistique réel. Comme souvent, le groupe bosse ici en famille, Brian Vollmer ayant décidé de faire appel à son bassiste Daryl Gray et à son collaborateur de longue date Aaron Murray pour donner un son à la fois percutant et clair à ce seizième album. Et de fait, la production, doublée d'un mixage aux petits oignons, confère à l'album un son en béton armé, permettant à chacun des instruments de se détacher clairement, pour former un tout cohérent et résolument "bombastic". C'est bien l'effet recherché ici : proposer un album "in your face", direct et sans fioritures, qui porte haut l'étendard du Hard Rock dans une forme certes artisanale, mais aussi et surtout très professionnelle.

"Stuck In The 80's" lance l'album comme on démarre une moto, avec, bien que la béquille soit encore mise, la sensation d'avoir les cheveux qui flottent au vent. Le riff est définitif, groovy au possible, un brin espiègle, résolument impérial. Une ode aux années 80, bien sûr : "Ce putain de monde a changé et personne ne m'a prévenu / Je suis le même gars que j'étais en 1983". Pour la subtilité, il faudra repasser, mais ce n'est pas le propos. Avec son gros refrain, son solo qui ferait danser un éléphant dans un magasin de personnel, son interprétation décomplexée, ce morceau se paye le luxe de reposer les bases d'un Hard Rock qui, ces dernières années, baisse trop souvent la tête. C'est le genre de morceau qui parle à ceux qui ont connu "L'ÉPOQUE", ont assisté à leurs premiers concerts, ont acheté leur première bagnole, ont eu l'impression que la liberté durerait toujours. HELIX n'est pas coincé dans les années 80 car il est incapable d'évoluer. Non, il s'y sent bien car, selon lui, c'est ici et uniquement ici que l'étincelle qui a permis d'alimenter son feu intérieur réside encore. Bénéficiant de la présence du guitariste Sean Kelly (membre de la formation en 2009, depuis parti chez Nelly Furtado), le morceau est un manifeste autant qu'une déflagration, dont la qualité d'écriture nous fait oublier avec indulgence que la batterie est programmée.

Le groupe nous prend de court avec "Fast and Furious", dont le titre n'est pas mensonger. Le tempo rapide fait de ce titre un brûlot d'une efficacité redoutable, typique du Hard US des 80s. Nous ne sommes pas ici dans une fureur débridée façon Matthias Jabs période "Blackout" (SCORPIONS), dont les licks incessants inondaient les morceaux. Non, l'ensemble est ici plus contenu, plus "domestiqué" presque, mais les guitares restent exubérantes et indociles, donnant corps à ce titre qui remplit sans forcer les estomacs les plus insatiables. Une leçon de Hard Rock, tout comme "Hot, Heavy and Wild", qui paraît sous contrôle, mid-tempo pépère à la DOKKEN, jusqu'à ce solo final qui balaye tout sur son passage. Et puis, il y a aussi ces accroches évidentes, ces vers d'oreille, à l'image de ce "Money (Goes With Everything)", qui évoque le AC/DC de la fin des années 70. C'est brillant, savoureux, délicieusement suranné et naturellement intemporel. Un grand morceau que nous offrent ici les Canadiens.

Au rayon des "nouvelles" compositions, HELIX frappe ainsi un grand coup. Mais ses fonds de tiroirs valent également le détour. "Jaws of the Tiger", à la frontière entre Hard et Heavy, se fait intransigeant et tubesque sur son pré-refrain. Issu de la compilation "Over 60 Minutes With...", datée de 1989, ce titre méritait bien un coup de projecteur. Il en va de même pour "Danger Zone", sorte de mid-tempo vicieux et lancinant, sorte de Blues sale, dernier morceau composé à quatre mains par Brian Vollmer et le guitariste Paul Hackman avant son décès en 1992. Extrait de l'album "Old School" (2019), la ballade "Tie Me Down" se fait pour sa part une formidable sucrerie électro-acoustique, profondément ancrée dans les années 80, qui rappelle autant "Every Rose Has Its Thorn" (POISON) que les ballades faussement Country de BON JOVI. "The Same Room", mid-tempo très mélodique, embarque un des meilleurs morceaux de l'album. Initialement publié au format single en 1998, le titre porte un texte célébrant l'union des peuples, valorisant l'amour de son prochain et la tolérance. Une chanson universaliste et humaniste, qui tant au niveau musical que textuel, n'est pas loin de l'univers de BONFIRE. L'album s'achève sur "The Pusher", reprise de ce morceau popularisé en 1969 par STEPPENWOLF sur la BO du film "Easy Rider". L'interprétation se fait ici laborieuse, et c'est ici le seul point d'achoppement d'un album par ailleurs vibrant d'énergie et porté par une remarquable qualité de composition.

Au fond, "Scrap Metal" est la preuve que les années 80 continuent de nous parler. Elles ne sont pas un fantasme figé, une carte postale écornée, mais bien un matériau vivant, cabossé, parfois rouillé, toujours vigoureux. HELIX n'essaie pas de ressusciter un âge d'or mythifié : il avance, fier de ce qu'il est devenu, avec humilité et exubérance. Et c'est précisément là que le disque touche juste. Car au-delà des riffs carrés, des refrains taillés pour fédérer les masses et des références assumées, il y a cette obstination presque touchante à continuer d'exister dans un monde qui n'a plus vraiment de place pour ce Hard Rock-là. À l'heure où certains s'agrippent à leurs souvenirs comme à des reliques, HELIX préfère continuer d'exister. Alors non, je n'ai pas connu la frénésie des années 80. Mais en 2026, écouter "Scrap Metal", c'est comprendre que l'essentiel n'était peut-être pas d'y être, mais de voir qui a tenu debout après. Et cela, franchement, mérite bien quelques dollars de frais de port et un respect éternel.

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  ★★★★ GEGERS


LINE-UP
- Brian Vollmer (chant)
- Daryl Gray (basse, guitare, claviers, percussions)
- Mark Chichkan (guitare)
- Chris Julke (guitare)
- Jamie Constant (batterie)

TRACKLIST
1. Stuck in the 80’s
2. Fast & Furious
3. Pretty Poison
4. Hot Heavy & Wild
5. Money (Goes with Everything)
6. Jaws of the Tiger
7. Coming Back with Bigger Guns
8. Danger Zone
9. Tie Me Down
10. Closer
11. The Same Room
12. The Pusher


             



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