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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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CHRONIQUES

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2012 ★★★★  1 Lost In The New Real
2025 ★★★★★  Songs No One Will Hear
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2025 ★★★★  Songs No One Will Hea...
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ARJEN ANTHONY LUCASSEN - Songs No One Will Hear (2025) ★★★★★ 
Par JEFF KANJI le 3 Mars 2026          Consultée 606 fois

J'ai eu une chance incroyable l'été dernier : j'ai pu rencontrer Arjen Lucassen. Si depuis quinze ans j'ai pu à quelques reprises approcher mes idoles, je les laisse généralement tranquilles, ne sachant pas vraiment quoi leur dire, hormis mon admiration pour leur travail et/ou les messages qu'ils véhiculent, des banalités certes sincères mais qu'ils ont entendu des centaines de fois. Mais Arjen c'est différent... Déjà parce que son sens de l'humour ne se limite pas à son image, que sa très haute stature le place dans une catégorie à part, et parce que comme la plupart des musiciens et des artistes, c'est un passionné. Avant d'embrayer sur une discussion à propos de QUEEN (évidemment, nous nourrissons tous les deux une admiration sans borne pour "Queen II"), il m'avouait que le fait qu'on lui témoigne un intérêt particulier pour "Lost In The New Real" lui faisait chaud au cœur car ce disque est lui à 100%, tant dans son expression artistique que musicale, puisqu'il y assure le chant.

Arjen Lucassen s'est beaucoup diversifié ces dernières années, et il a sorti une bonne phalange d'œuvres en marge d'AYREON, sa créature principale, intimidante depuis "The Source" qui a parachevé sa mythologie SF en 2017, si impressionnante qu'elle semble difficile à poursuivre (même si là a priori il va s'y atteler). Ainsi, retourner à un projet solitaire semblait tout aussi évident que salutaire, tant il m'a semblé un peu diluer son talent au service des autres, avec plus ou moins de réussite (je pense à l'album de Simone SIMONS que j'avais même mis en Sélection du Site). Par contre il y a quelque chose qui ne change pas de ses dernières sorties, c'est leur tonalité sombre.

Certes "Lost In The New Real" ne respirait pas l'espérance (« please switch me off... ») mais proposait sa dose d'humour. Force est de reconnaître qu'il est moins présent. Même le shuffle de "Shaggathon" qui évoque un marathon de baise ne se veut qu'à moitié drôle. Pourquoi ce titre par ailleurs : "Songs No One Will Hear" ?
Voilà le concept : par la voix de Mike Mills, qui sera notre opérateur radio tout au long de cette aventure (reprenant le principe de ce que faisait feu Rutger Hauer sur l'album précédent), nous apprenons qu'un astéroïde va percuter la Terre dans cinq mois. Nous allons donc suivre Mr L. accompagné parfois par Irene Jansen (c'est la grande nouveauté par rapport à l'opus 2009 et bon sang qu'elle assure !) et quelques personnalités de l'univers AYREON (sa sœur Floor Jansen, auteure d'une performance à vous briser le cœur sur "We'll Never Know" où le non-futur de l'enfant à naître est exprimé par les mots de ses parents). Pas la joie de vivre, mais une source d'histoires qui nous mettent face à notre propre mortalité et la futilité de notre existence, avec cette réflexion de départ : « qui écoutera les chansons que j'écris si la fin du monde nous tombe dessus ? ».

Arjen y aborde avec un cynisme plus prononcé que d'ordinaire certains dysfonctionnements structurels d'une humanité dite « développée », passant par le complotisme, la négation des problèmes par les élites, le pillage à l'aube de l'apocalypse, la récupération idéologique, mais voit aussi les choses par son propre prisme, avec le retour du Dr. Slumber qui invite les gens à le rejoindre au futur point d'impact, pour chanter, danser, vivre ensemble avant la fin ; jusqu'à la fin du monde, Arjen reste un hippie dans l'âme.

Ce disque aboutit si bien son concept qu'une fois terminé, vous n'avez plus rien envie d'écouter d'autre... parce qu'il faut s'en remettre et que cette sensation de néant est prégnante. Et pourtant quand ça commence on ne le voit pas forcément arriver. Et il y a un vrai point de bascule ; qui se situe au niveau de "We'll Never Know". Est-ce la thématique qui passe au-delà de nos croyances et de nos bas instincts pour toucher à ce qu'il y a de plus pur dans notre humanité ? Est-ce que ce ne serait purement et simplement amplifié par la performance irréelle de Floor Jansen (pourtant écrasée par le mix) et qui s'achève dans le plus grand déchirement après une série de modulations successives (une des grandes qualités de l'écriture d'Arjen Lucassen) ? Sans doute un peu de tout ça. On retrouve des couleurs de "Beneath The Waves" (et même son arpège diminué introductif), une citation de "Everybody Dies" par la voix de son propre interprète, et un final très progressif, sans nul doute la pièce la plus ambitieuse du Hollandais depuis "The Theory Of Everything", et qui sonne terriblement AYREON à partir du moment où Marcela Bovio nous régale de ses lignes vocales dramatiques. Après cet épilogue, est-ce la voix des Forever qui s'invite par la voix de Peter Daltrey (qui fait une apparition finale plus de vingt-cinq ans après "Into The Electric Castle" ?), Arjen Anthony Lucassen vient visiblement de lancer une nouvelle phase de son lore avec ce final.

Parlons des bonus, uniquement disponibles sur l'artbook, qui en outre propose une version de l'album sans les interventions radio de Michael Mills (on y gagne pas forcément au change), une autre entièrement instrumentale, et enfin un cd comprenant trois autres titres, ainsi qu'une audacieuse reprise du "Die Young" de BLACK SABBATH. C'est sans doute la collection de bonus la plus fraîche et agréable proposée par Arjen ces dernières années, à commencer par ce morceau Folk réalisé en compagnie de la pétillante Patty Gurdy qui à bien certains égards rappelle "River Of Time". Avec "Listen To Sabbath", Arjen rend hommage à ses idoles (c'est un peu tragique quand on sait ce qui arrivera à Ozzy peu de temps finalement avant la finalisation de ce disque), en affichant à quel point les riffs les plus épais et doomy de Tony Iommi ont influencé son écriture. Et puis la petite touche de cynisme fait son retour, et Arjen cuisine Elon Musk sans le citer sur "Mr M's Amazing Plan".

Si Arjen s'est toujours épanoui dans un monde de fantaisie, il réalise avec "Songs No One Will Hear" un disque qui semble particulièrement ancré dans le réel, et visiblement, le reclus social (comme il se qualifie), n'est pas très optimiste quant à notre avenir potentiel.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ JEFF KANJI


LINE-UP
- Arjen Anthony Lucassen (tout)
- Irene Jansen (chant)
- Joost Van Den Broek (orgue hammond)
- Michael Mills (narration)
- Ben Mathot (violon)
- Jurriaan Westerveld (violoncelle)
- Jeroen Goosens (flûte)
- Koen Herfst (batterie)
- Floor Jansen (chant sur 5)
- Robert Soeterboek (chant sur 8)
- Marcela Bovio (chant sur 8)
- Peter Daltrey (narration & spoken word sur 8)
- Patty Gurdy (vièle sur cd2-1)

TRACKLIST
1. End of the World Show
2. The Clock Ticks Down
3. Goddamn Conspiracy
4. The Universe Has Other Plans
5. Shaggathon
6. We'll Never Know
7. Dr Slumber’s Blue Bus
8. Just Not Today
9. Our Final Song
10. 0ur Weary Soldier
11. Listen to Sabbath
12. Mr M's Amazing Plan
13. Die Young (cover BLACK SABBATH)


             



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