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HEAVY METAL  |  STUDIO

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Lexique heavy metal
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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1990 ★★★★  Ningen Shikkaku (人間失格)
2025 ★★★★★  Mahoroba (まほろば)

E.P

1989 ★★★★★  Ningen Isu (人間椅子)
ÉQUIVALENCES

NINGEN ISU [人間椅子] - Mahoroba (まほろば) (2025) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 21 Février 2026          Consultée 531 fois

Le 19 novembre dernier, NINGEN ISU, vétéran de la scène Heavy Metal japonaise, sortait son vingt-quatrième album. Le groupe, formé en 1987, s'articule principalement autour de Kenichi Suzuki (basse et chant) ainsi que Shinji Wajima (guitare, chant). Le poste de batteur a été dévolu à plusieurs personnes avec le temps, mais Nobu Nakajima tient les baguettes depuis 2004. Signe distinctif ? Ils portent tous un kimono et se réfèrent à la nouvelle "la Chaise Humaine" de Edogawa Ranpo, nouvelle qui fut également adaptée par Junji Ito en manga. Ce texte est un classique de la littérature et il est connu en France pour le personnage de Kogoro Akeshi, un détective privé inspiré par Sherlock Holmes qui vit ses aventures à Tokyo. Ça, c'est le point culture gé, ne me remerciez pas.

Le groupe est donc ancré dans une espèce de tradition littéraire. Au vu des titres, vous comprendrez qu'ils chantent uniquement dans leur langue, ce qui fait que NINGEN ISU n'est pas forcément le combo japonais le plus connu en France, malgré une longévité extraordinaire. Musicalement, on pourrait placer la formation au croisement de plusieurs genres : Heavy Metal, Prog et une touche de Punk totalement assumée, qui se retrouve dans certains choeurs, très bruts, très directs. Cette formule a connu des variations avec le temps, mais globalement, le fait que Wajima et Suzuki soient présents depuis les débuts fait que l'on reconnaît NINGEN ISU facilement, quelque soit l'époque. Alors "まほろば" se place dans une certaine logique, même si sa pochette tranche un peu par rapport ce qu'ils proposent habituellement.

Toujours très généreux (l'album est composé de treize morceaux pour plus de soixante-dix minutes de musique), le groupe se décline sur des morceaux souvent assez longs, plus de la moitié dépassent les cinq minutes et offrent des plans qui lorgnent souvent du côté de METALLICA version Heavy Metal, groupe auquel j'ai le plus pensé en écoutant cette offrande. Cela tient aux riffs, bien sûr, mais également à l'approche de la batterie, qui suit le chant, qui se module autour des changements de mélodie, avec une double pédale bien présente sans être étouffante pour l'ensemble. C'est une question d'équilibre, que le groupe cherche à maintenir alors qu'il pourrait si facilement sombrer dans le chaos.

Certains titres sortent du lot, comme "まほろば", ouverture qui prend son temps pour fait monter la pression. Un morceau qui culmine quasiment à huit minutes, mais qui ne donne pas l'impression de s'éterniser. C'est un bloc solide, mais avec suffisamment d'aérations pour être agréable, à l'instar de "阿修羅大王", pièce du même genre, ou encore un "山神" plus court, mais bien agressif. Le style est bien imprimé, certains soli limpides attirent l'oreille. Si une ballade pas forcément désagréable ("永遠の鐘") vient faire une pause vers les deux tiers du disque, elle marque également une espèce de cassure où le reste peut paraître un peu longuet. Le groupe n'a pas pour habitude de s'économiser et les albums des débuts semblent bien loin. Ce n'est pas forcément toujours pour le mieux cependant, leur originalité initiale s'estompant un peu avec le temps. Ils sont des artistes avec un savoir-faire et ils ne se révolutionnent plus.

Aussi, quand on connaît un peu le groupe, difficile d'être réellement surpris, outre le fait que ce soit encore une fois un disque ("Mahoroba" une fois qu'on passe outre les kanji) qui se tient bien et dont la ballade est une espèce de point culminant de ce disque. NINGEN ISU n'en propose pas forcément beaucoup, mais celle-ci connaît une entame intéressante, comme si nos pieds nickelés allaient entamer un Doom dont ils ont le secret, mais ils brouillent rapidement les pistes, de façon intéressante. Mais après les assauts précédents combinés à une lourdeur somme toute Sabbathienne, elle porte donc également un coup à la dynamique de l'album. Avant cela, les musiciens semblaient jouer la carte de la sécurité, sûrs de leur savoir-faire.

Évidemment, ils n'ont pas tort, leur style est bien présent, reconnaissable et assimilable facilement quand on connaît un peu la formation. Cependant, il manque un peu de folie à l'ensemble, ces fameux morceaux qui devenaient rapidement vertigineux et qui apportaient des nuances parfois extravagantes dans les travaux passés. Cependant, notre trio est suffisamment intelligent pour ne pas s'insulter, que ce soit au niveau de la composition et de l'exécution. La production assez clean respecte également les compositions, faisant ressortir le travail énorme de Nakajima derrière les futs, le tranchant de la guitare de Wajima ainsi que les qualités de son chant expressif et théâtral, le vrombissement de la basse de Suzuki. Un équilibre qui n'est jamais précaire, toujours solide et qui sert à merveille le Heavy Metal de NINGEN ISU.

On peut épiloguer longtemps sur la longueur du disque (en même temps, on y est habitué), sur une non évolution assez flagrante d'une musique qui est également une marque de fabrique du groupe, avec ses riffs lourds, ses cavalcades, ses refrains parfois musclés, sur l'absence d'innovations et sur certains styles de compositions passées sous silence, le fait est que, à l'instar d'un IRON MAIDEN, NINGEN ISU est dépositaire d'un style qui lui est propre, un son qui, malgré les différences de production durant leur carrière, est très distinctif. Plus de trente-cinq ans après leurs débuts, ils sont toujours là, sans s'être reniés et ce "Mahoraba" en est l'illustration.

Le temps passe mais ne semble pas avoir d'emprise sur NINGEN ISU qui poursuit donc son petit bonhomme de chemin, avec ses références littéraires, son Heavy Metal qui doit beaucoup au front américano-européen (chose qu'il est étrange d'écrire de nos jours, vu le contexte...) mâtiné par leur culture et sa nonchalance savamment étudiée. Ces stakhanovistes dédiés à leur genre semblent inépuisables et continuent à régaler, malgré des défauts qui sont certainement dus à leur longévité, quand des habitudes s'ancrent et deviennent difficiles à faire bouger. Se réinventer après tout ce temps, c'est difficile. Maintenir un tel niveau de qualité, ce l'est encore plus. NINGEN ISU est un groupe qui mérite que l'on s'y intéresse. Surtout qu'aujourd'hui, la technologie nous le rend accessible.

Note réelle : 3,5/5.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Shinji Wajima (chant, guitare)
- Kenichi Suzuki (basse, chant)
- Nobu Nakajima (batterie, chant)

TRACKLIST
1. まほろば
2. 地獄裁判
3. 阿修羅大王
4. 宇宙誘拐
5. 野性上等
6. 山神
7. 恋愛一代男
8. ばかっちょ渡世
9. 永遠の鐘
10. 樹液酒場で乾杯
11. 感動の坩堝
12. 悪魔の楽園
13. 光の子供


             



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