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HARD ROCK  |  DEMO

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CHRONIQUES

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1984 ★★★★  Mama's Boys
1985 ★★★★  Power And Passion

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1980 ★★★★★  Official Album
ÉQUIVALENCES

MAMA'S BOYS - Official Album (1980) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 28 Février 2026          Consultée 305 fois

En 1980, en pleine explosion de la New Wave Of British Heavy Metal, un jeune trio va avoir la chance de disposer de quelques heures en studio pour enregistrer une démo. Ce groupe, originellement appelé PULSE, avait vu son nom changer pour les MAMA'S BOYS et il était composé de la fratrie McManus : Pat à la guitare et au violon, John au chant et à la basse et le petit dernier, Tommy, alors tout juste âgé de quatorze ans, derrière les fûts. Les trois frères vont enregistrer une démo qui allait leur ouvrir certaines portes, dont la possibilité d'ouvrir pour HAWKWIND pour leur tournée anglaise de 1981. Une pochette d'une sobriété affolante, un nom un peu pompeux pour ce qui n'est au final qu'une démo enregistrée en conditions studio. Le genre de disque qui aurait pu se perdre au milieu des nombreuses sorties de ce début de décennie.

Quatre heures. C'est le temps qu'il aura fallu aux jeunes Irlandais pour mettre en boîte les dix morceaux qui composent cette démo. Autant dire que l'urgence, on l'entend bien. Elle imprègne les morceaux, elle booste la performance même si beaucoup de choses sont perfectibles. En gros, le groupe a été formé en 1978, Tommy n'avait alors que douze ans et les musiciens ont très vite commencé à composer leurs propres morceaux. Pat a un talent indéniable à la guitare, que ce soit en rythmique ou durant des soli que ne renieraient ni Gary Moore ni Scott Gorham. Mais n'allez pas croire que les MAMA'S BOYS lorgnent ouvertement du côté de THIN LIZZY, même si certaines similitudes existent. La musique des BOYS est plus basique, plus directe et même si elle regorge d'idées d'ordre « celtique », elle n'en fait pas sa carte de visite.

Nous retrouvons parfois des bases Boogie, à l'instar d'un STATUS QUO sous amphétamines, du Blues qui louche vers deux spécialistes irlandais du genre, Gary Moore et Rory Gallagher (même si "Big Bad City" est plus typiquement Hard Rock, elle renvoie pas mal à ce que produisait Gallagher à la même époque), ainsi que des airs traditionnels adaptés à la sauce des frangins, comme cette mélodie habituellement jouée à la cornemuse qui achève "Highland Rock", la bien nommée. En fait, en écoutant cette première offrande, on est pris de deux sentiments contradictoires. Il y a du rejet et un intérêt réel qui se disputent notre attention. Comprenez bien qu'en 1980 et en quatre heures, il était impossible pour des adolescents (enfin, Pat avait juste vingt ans) d'obtenir un résultat à se taper le cul par terre. Le son est totalement dans son jus et certaines parties sont très brouillonnes.

Et là encore, c'est la partie « gentille » de la description de la production. Ces jeunes gens découvraient ce qu'était un studio d'enregistrement et ils apprenaient à la dure. La voix de John semble bien fausse par moments, la batterie de Tommy n'a pas la percussion qu'elle mérite alors que le gamin se débrouille très bien derrière les fûts. Celui qui s'en sort au final le mieux c'est Pat, ses soli sont fluides, agréables, inventifs, mais quand il joue en rythmique, nous ne sommes pas toujours loin du magma sonore. Alors écouter ce disque aujourd'hui, avec des oreilles habituées aux productions modernes et rutilantes, cela ne matche pas vraiment. Trop brut, trop sale, trop amateur, pas de quoi mettre en valeur toutes les petites trouvailles mélodiques.

Et pourtant, il faut savoir s'affranchir de certaines productions quelques fois, pour rester focus sur le plus important : la musique. Et ici, si elle n'a pas encore la finesse des morceaux des albums à venir, elle a déjà de quoi interpeler. Les garçons à leur maman sont fougueux, inventifs. Leur musique n'est pas la plus originale qui soit à la base, mais ils parviennent à l'agrémenter de trouvailles qui leurs sont propres et qui deviendront leur marque de fabrique. On pense naturellement à ce violon qui s'immisce dans "Demon", qui deviendra plus tard le modèle de "Runaway Dreams". De quoi terminer en beauté un disque qui contient son lot de bonnes surprises.

Pour commencer, il y a ce "Belfast City Blues", une ode mélancolique et un peu sombre, où les notes de guitare langoureuses prennent aux tripes. On notera également un clin d'oeil à SLADE sur "Rock'N'Roll Craze" et les interventions électriques de Pat, dont ce solo qui n'est pas sans rappeler ce que produit IRON MAIDEN à la même époque. "Record Machine" a déjà des airs de classique en devenir (elle sera d'ailleurs réutilisée sur le premier véritable album du groupe, "Plug It In", ainsi que "Belfast City Blues"). Les jeunes gens développent leur musique avec un certain sens du feeling, ainsi qu'une fougue parfois un peu débordante ("I'm Leaving Town", un brin bordélique). Et parfois, ils donnent même l'impression d'avoir déjà une ambition démesurée.

En effet, le power trio va s'essayer à la power ballad. Jusque là, rien de bien grave. Sauf que "Without You", c'est un peu l'exemple à citer pour illustrer l'expression « avoir les yeux plus gros que le ventre ». Musicalement, cela reste assez brouillon malgré de bonnes intentions et surtout la voix de John passe assez mal sur ce genre d'exercice. Autre point noir, cette reprise très farfelue du "Summertime" de GERSHWIN qui devient rapidement agaçante et quasiment hors de propos. Les musiciens sont encore au stade de l'apprentissage, ils tentent des choses, essayent, se cassent les dents. Se relèvent et trouvent autre chose, un autre riff, une autre façon d'exprimer leurs idées. Et là, ils font mouche.

"Official Album" des MAMA'S BOYS, ça a avant tout une valeur historique pour les amateurs du genre et du groupe plus particulièrement. Ce n'est pas un grand disque, c'est juste le rendu du travail honnête effectué par trois gamins dont certains sortaient à peine de l'adolescence. Les premiers pas sur vinyle d'une formation qui n'aura pas démérité par la suite, mais qui aura connu un coup du sort brutal qui mettra fin à cette belle aventure. Et en écoutant bien, on se rend compte que presque tout est déjà là, sous une forme brute, qui demande à être travaillée ou tout simplement d'être mieux mise en boite.

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Pff... j'ai pas trouvé de conneries à dire...


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LA CHRONIQUE

 > PRINCIPALE
  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- John Mcmanus (chant, basse)
- Pat Mcmanus (guitare, violon)
- Tommy Mcmanus (batterie)

TRACKLIST
1. I'm Leaving Town
2. Down And Out
3. Belfast City Blues
4. Highland Rock
5. Record Machine
6. Rock'N'Roll Craze
7. Summertime
8. Big Bad City
9. Without You
10. Demon


             



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