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BLACK MÉLODIQUE  |  STUDIO

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2022 ★★★★★  2 Blackbraid I
2023 ★★★★★  1 Blackbraid II
2025 ★★★★  Blackbraid III
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BLACKBRAID - Blackbraid Iii (2025) ★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 12 Février 2026          Consultée 704 fois

La pochette peut laisser songeur. Où avez-vous vu pareil motif la dernière fois ? Sur un t-shirt de fan de Johnny Hallyday ? Très certainement ! Si BLACKBRAID continue dans la simplicité pour les noms de ses albums, faisant un peu comme LED ZEPPELIN, il change complètement de logique au niveau de l'artwork. Terminé les symboles tribaux qui évoquaient les natifs et leur culture, nous avons droit à cette illustration très certainement évocatrice, mais toutefois terriblement clichée. Comme dit, les bikers qui suivaient Johnny au Bol d'Or portaient des t-shirts arborant des motifs de ce genre. Mais en creusant un peu, avec un peu d'imagination malade, on pourrait également y voir une suite au format Amérindien de la pochette de "Storm Of The Light's Bane" de DISSECTION.

DISSECTION, nous le retrouvons un peu dans la musique de BLACKBRAID. Dans le sens où l'inspiration Heavy Metal est évidente et quant à son emploi au sein de compositions aventureuses, d'une violence savamment dosée. BLACKBRAID ne fait pas dans l'esbroufe, ni dans la simplicité et il articule ses compositions autour de plages plus sereines, où la mélancolie s'invite à une ode à la nature d'une douceur qui alimente la virulence du propos. Sgah'Gahsowáh semble faire ici une synthèse de ses deux précédents albums, que ce soit au niveau de la durée, de ce qu'il propose et dans la façon qu'il a de nous le proposer. Il reste fidèle à certains de ses principes et livre ici une œuvre toutefois plus nuancée et intrigante.

Sur cinquante-deux minutes (quarante-huit si l'on met à part "Fleshbound", reprise de LORD BELIAL qui ferait presque office de sucrerie après ce que Sgah'Gahsowáh nous aura infligé précédemment), Jon Krieger (véritable nom de Sgah'Gahsowáh) passe constamment de l'ombre à la lumière et encore, celle-ci se veut crépusculaire. Il peint un tableau d'une nature sauvage bouleversée par une violence mâtinée de rage. De nombreux instrumentaux acoustiques parsèment ce disque, qui durent juste ce qu'ils faut pour instaurer un climax. Toujours géré en autoproduction, ce disque met en valeur la maîtrise des musiciens (enfin, seul Neil Schneider vient épauler le leader de ce projet à la batterie) ainsi que la qualité des compositions qui finissent par former un tout épique.

La quiétude de l'introduction laisse rapidement place à la brutalité d'un blast beat sur lequel se greffe rapidement une guitare hurlante. "Wardrums At Dawn On The Day Of My Death" ne laisse aucune chance à l'auditeur, qui se voit malmené par la rage de Sgah'Gahsowáh, jusqu'à ce final qui conduit à un solo très Heavy Metal dans l'esprit, avec une ligne mélodique claire, qui s'installe dans la trame sans que cela ne dérange le moins du moins. Mieux ! C'est une réelle plus-value pour ce titre frondeur qui gagne en profondeur. Cette profondeur, nous la retrouvons à mesure que nous nous enfonçons plus dans les forêts superbement suggérées ("The Earth Is Weeping", un instrumental que certains qualifieront de champêtre mais qui est un véritable halo de paix) et que nous assistons à la furia de pièces plus ambitieuses.

Culminant à plus de neuf minutes, "Tears Of The Dawn" et "And He Became The Burning Stars…" sont deux morceaux admirablement bien construits, ambitieux, tortureux juste ce qu'il faut pour ne pas nous perdre en chemin. Le chant de Sgah'Gahsowáh est impeccable, l'évolution mélodique également. Il ne délaie pas trop la sauce, il n'étire pas ses compositions jusqu'à ce qu'elles perdent en efficacité. S'il se montre toujours assez bavard et généreux (ses précédents albums contiennent tous de longues pièces), il semble se contenter de l'essentiel ici, pour ne pas faire de remplissage et de laisser à ce numéro 3 une durée plus humaine, celle du 2 finissant par être contre-productive. Et c'est peut-être sur les formats les plus courts où il se montre le plus pertinent.

Je vous ai déjà parlé de "Wardrums At Dawn On The Day Of My Death", laissez-moi vous bassiner un peu avec "God Of Black Blood", qui est un condensé de violence, des glaviots du chanteur à l'interprétation musicale, toute en puissance et maîtrise. Passage le plus haineux de l'album, il nous transporte, nous malmène et nous secoue. Le fait qu'il soit encadré par deux instrumentaux plus sereins ne fait qu'accentuer sa brutalité qui ne sacrifie pas pour autant le sens de la mélodie. Il s'agit clairement d'une des forces de BLACKBRAID depuis les débuts et Sgah'Gahsowáh ne fait qu'affiner son discours en ce sens. La violence exprime des sentiments, de la colère, et son expression gagne en profondeur avec les trouvailles mélodiques du musicien.

"The Dying Breath Of A Sacred Stag" exprime plutôt bien ce point de vue. Son introduction acoustique de toute beauté permet à l'électricité de s'en nourrir pour assombrir le tableau, avec encore une fois de fortes connotations Heavy Metal. Le morceau se veut plus mélancolique, mais il ne se défait pas pour autant de sa véhémence Black Metal, mais il la dilue dans des assauts plus mélodiques qui ont parfaitement leur place ici. L'opposée du spectre de "God Of Black Blood", mais les deux titres se marient très bien ensemble, ils se répondent en quelque sorte. Du pain bénit, si vous me permettez l'expression, pour la seconde partie de l'album qui n'a qu'à rebondir sur cette dualité de ton.

Évidemment, on pourrait reprocher que BLACKBRAID ne plonge pas assez musicalement dans ses racines amérindiennes, c'est la réflexion que je me fais à chaque fois. La réappropriation peut également sembler compliquée par rapport à ces natifs dont les tribus ont grandement été malmenées par ce que l'on va grossièrement appeler l'homme blanc et que tous ne soient pas d'accord pour être pillés de leurs coutumes et traditions une nouvelle fois. Quoiqu'il en soit, si Sgah'Gahsowáh a réussi à combiner ici le meilleur de ses deux précédents disques, il va devoir faire des efforts pour faire évoluer sa formule sur le prochain, afin de ne pas éclater son œuvre dans une redite qui finira par devenir lassante.

"Blackbraid III" est un bien beau disque de Black Metal Mélodique, évocateur et luxuriant. Comme les deux précédents, il ne s'apprivoise pas aussi facilement que cela, il demande quelques écoutes pour livrer toutes ses subtilités. La reprise de LORD BELIAL tient plus du bonus gadget que d'un réel intérêt artistique, même si le groupe se la réapproprie, elle ne fait finalement que rallonger le disque qui se serait terminé de façon parfaite sur "And He Became The Burning Stars…". Trop de générosité peut alourdir inutilement un album, c'est un peu comme l'époque des bonus tracks sur les disques destinés au marché japonais, qui étaient des carottes pour les collectionneurs. Sauf qu'aujourd'hui, avec le streaming, leur intérêt devient nul lorsqu'ils ne sont pas une exclusivité (qui finira toutefois par se retrouver sur la toile). Heureusement, cela ne nuit pas à la qualité du reste, hautement recommandable.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Sgah'gahsowáh (chant, guitare, basse)
- Neil Schneider (batterie - invité)

TRACKLIST
1. Dusk (Eulogy)
2. Wardrums At Dawn On The Day Of My Death
3. The Dying Breath Of A Scared Stag
4. The Earth Is Weeping
5. God Of Black Blood
6. Traversing The Forest Of Eternal Dusk
7. Tears Of The Dawn
8. Like Wind Through The Reeds Making Waves Like Water
9. And He Became The Burning Stars...
10. Fleshbound


             



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