>Boîte à demandes>Historique site
>Metal hit>Statistiques
>Dark Side>Liens
>Concerts>Discord
>L'équipe du site>Facebook
  

Recherche avancée       Liste groupes



      
DEATHCORE  |  STUDIO

Commentaires (1)
L'auteur
Acheter cet Album
CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

2022 ★★★★  Pain Remains
2025 ★★★★  I Feel The Everblack Festering...

E.P

2021 ★★★★  3 ...And I Return To Nothingn...
ÉQUIVALENCES
Style + Membre : IMMORTAL DISFIGUREMENT

LORNA SHORE - I Feel The Everblack Festering Within Me (2025) ★★★★ 
Par REMISSA le 2 Février 2026          Consultée 1065 fois

Mais qu'est-ce que c'est que ce titre à la con ? "I Feel The Everblack Festering Within Me" – IFTEFWM pour les intimes, les pressés ou ceux qui aiment parler la bouche pleine – est le cinquième album de LORNA SHORE, et le deuxième avec Will Ramos derrière le micro. Et c'est précisément à l'aune de cette nouvelle ligne de départ qu'il convient d'appréhender cette sortie, aussi attendue qu'épiée, tant par les aficionados béats que par les contempteurs opiniâtres du Deathcore.

Car oui, tout le monde connaît LORNA SHORE. Et tout le monde, absolument tout le monde, a un avis sur LORNA SHORE. Propulsée à une vitesse indécente sur le devant de la scène en 2021 grâce à l'hymne désormais canonique "To The Hellfire", la formation a non seulement défrayé la chronique, mais surtout mis en pleine lumière le talent proprement indéniable de son nouveau frontman, souvent copié, très rarement égalé, et jamais, ô grand jamais, ignoré.

Il faut bien l'admettre : LORNA SHORE aujourd'hui, c'est avant tout Will Ramos en vitrine, les quatre autres gusses occupant l'arrière-boutique. Je n'ai pas dit qu'ils déméritaient – Adam De Micco en particulier demeure un compositeur d'une redoutable efficacité – mais face à l'aura de Ramos, tout gravite, tout s'aligne, tout s'efface un peu. D'autant que le bonhomme, en plus de vociférer comme un damné avec une aisance quasi surnaturelle, se révèle être un gaillard affable et souriant, sorte d'exact négatif de l'ancien chanteur de la formation, CJ McCreery, lequel restera dans les annales comme un fieffé cornichon doublé d'un illustre nicodème. Force est donc de constater que la gravité du groupe s'est définitivement déplacée.

Et comme toute entité frappée par une célébrité exponentielle, chaque bribe, chaque molécule sonore extraite des studios sera scrutée, analysée, disséquée jusqu'à l'os, générant mécaniquement des clans. À ce titre, il est encore difficile de trancher si "Pain Remains", son prédécesseur paru trois ans plus tôt, constituait une mutation atomique du Deathcore ou simplement un album diablement efficace porté par une hype tentaculaire. Chacun aura son intime conviction. Et spoiler alert : il en ira exactement de même pour "IFTEFWM".

Car LORNA SHORE ne peut raisonnablement pas révolutionner son genre à intervalles réguliers, la dernière secousse véritable remontant sans doute à l'EP "...And I Return To Nothingness". En revanche, le groupe peut continuer d'enfoncer le clou, d'assumer sans trembler son statut de parrain contemporain du Deathcore, et de rappeler, sans fausse modestie, que le trône est occupé. Disputé, mais occupé.

C'est sans doute dans cette optique que le quintet a dégainé des singles particulièrement musclés pour introduire "IFTEFWM" : l'inquiétant "Oblivion" (sorti presque concomitamment avec le remake de "The Elder Scrolls IV" du même nom – cocasse coïncidence), le brutal "Prison Of Flesh", et l'inattendu "Unbreakable". Un triptyque tout sauf anodin, destiné à démontrer l'aptitude du groupe à occuper l'intégralité du spectre émotionnel et stylistique à sa disposition. Une démonstration de force qui, soyons honnêtes, ne convaincra pas davantage les irréductibles, et viendra même sceller le jugement de ceux qui crient déjà au pilotage automatique et à l'album alimentaire.

Là où "Oblivion" avait pu laisser poindre une légère inquiétude, le clip s'avérant presque plus marquant que le morceau lui-même, un peu décousu, flirtant maladroitement avec des nappes synthétiques aux relents eighties péniblement intégrées, "Unbreakable", en revanche, rassure immédiatement. Contre toute attente, le titre se révèle étonnamment lumineux, presque euphorisant, semblant s'aventurer en gamme majeure sans jamais sombrer dans le sirupeux ou le grotesque. Et pourtant, le chant demeure torturé, viscéral, intact dans sa noirceur. Le break de Will Ramos y est tout bonnement inhumain, passant en une fraction de seconde d'un shriek stratosphérique à un growl abyssal avec une désinvolture qui confine à l'indécence.

Puis arrive "Prison Of Flesh", et là, toute hésitation est balayée d'un revers de main. Le morceau pulvérise absolument tout sur son passage. Digne héritière d'un "Into The Earth", mais avec une intensité encore accrue, la piste incarne à elle seule l'orfèvrerie LORNienne à son apogée : équilibre millimétré entre symphonisme blackisant, violence débridée et riffing immédiatement mémorisable. Même le solo de De Micco – exploit suffisamment rare pour être souligné – parvient à ne pas nous endormir. C'est dire le niveau de maîtrise atteint.

Mais "Prison Of Flesh" recèle surtout LE breakdown de l'album. Celui qui fige. Celui qui écrase. Plus de trente-six secondes durant lesquelles Ramos déclame, étire, torture ces vers comme une litanie funéraire :

"I descend into the void of ever-growing night
When I'm falling in, you pull me back
I feel the ever black festering within me"


Un gouffre béant s'ouvre alors sous nos pieds, et LORNA SHORE nous y pousse sans la moindre once de pitié. Et le plus troublant dans tout cela ? Nous n'avons encore évoqué qu'à peine un tiers de l'album.

En effet, réduire "IFTEFWM" à ces trois singles serait non seulement injuste, mais donnerait paradoxalement raison à ses détracteurs, ceux du fameux "c'était mieux avant que ce soit déjà de la merde". J'ai une affection inexpliquée pour "Glenwood", qui, si l'on fait abstraction de son pathos appuyé et des daddy issues de Ramos, possède un riff réellement catchy et une harmonie convaincante, sublimée par des chœurs féminins toujours utilisés avec intelligence et parcimonie par le combo.

J'inscris ici ce qui me paraît essentiel : plusieurs morceaux seront injustement relégués au rang de fillers, et probablement jamais défendus sur scène, ce qui est regrettable tant ils n'auraient pas à pâlir face aux titres phares. "A Nameless Hymn", "Death Can Take Me" et "Forevermore" (*) en sont les exemples les plus flagrants.

Je serai en revanche plus critique sur "In Darkness", plutôt générique et franchement dispensable, et surtout sur le faiblard "War Machine", qui tente de sortir des sentiers battus de l'imaginaire très D4RK SASUKE en s'aventurant dans une dystopie robotico-IA du plus triste effet. Les paroles sont aussi peu inspirées que la traduction musicale, où même Austin Archey semble assurer moins que le minimum syndical, pourtant chirurgical derrière ses fûts tout au long de l'album, à se demander si la "War Machine", ce ne serait pas lui finalement :

"Shit out of luck, now your life is fucked" – HARDWIRED TO SELF- ah, non.

Bref, nous l'aurons compris : qu'importe l'éternelle rengaine selon laquelle LORNA SHORE, c'est toujours la même soupe, ou que "Pain Remains" était supérieur pour X ou Y raison ; "IFTEFWM" demeure un album ultra dense, généreux, et indéniablement respectueux envers son public. À mon humble avis, le groupe ne se moque pas du chaland et propose une exploration étendue et cohérente de son univers.

Pendant que certains débattent encore de savoir si LORNA SHORE en fait trop, le groupe, lui, écrit déjà la suite : seul, dans le noir, au sommet.

Morceaux préférés : "Prison Of Flesh", "Lionheart", "A Nameless Hymn".

- - -

(*) Je ne peux m'empêcher de voir un appel du pied au titre du même nom issu de l'album "King" d'IMMORTAL DISFIGUREMENT, conduit par McCreery, lui-même semblant tirer une partie de son nom d'un ancien album de LORNA dans lequel il a officié... Qui a dit Inception ?

A lire aussi en DEATHCORE par REMISSA :


DISEMBODIED TYRANT
The Divine Stigmata (2022)
Laisse des marques

(+ 1 kro-express)



ANGELMAKER
This Used To Be Heaven (2025)
L'enfer, c'est les autres


Partager


LA CHRONIQUE

 > PRINCIPALE
  ★★★★ REMISSA


LINE-UP
- Will Ramos (chant)
- Adam De Micco (guitare)
- Andrew O\'connor (guitare, orchestration)
- Michael Yager (basse, chœurs)
- Austin Archey (batterie)

TRACKLIST
1. Prison Of Flesh
2. Oblivion
3. In Darkness
4. Unbreakable
5. Glenwood
6. Lionheart
7. Death Can Take Me
8. War Machine
9. A Nameless Hymn
10. Forevermore


             



1999 - 2026 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod