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CHRONIQUES

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2007 ★★★★★  A Love Of Shared Disasters
2016 ★★★★★  Bronze
2020 ★★★★  Ellengaest

REMIX/ARRANG.

2024 ★★★★  The Wolf Change Its Fur But No...

REPRISES

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ÉQUIVALENCES

CRIPPLED BLACK PHOENIX - A Love Of Shared Disasters (2007) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 30 Janvier 2026          Consultée 280 fois

Si CRIPPLED BLACK PHOENIX a été pensé par Justin Greaves (alors batteur au sein d'ELECTRIC WIZARD) dès 2004, le premier album du groupe sort en 2007, alors que Greaves avait quitté les Doomeux depuis un an. À ce moment, la formation est devenu un véritable collectif, avec des musiciens venant d'horizons divers (dont Dominic Aitchison, bassiste de MOGWAI ou encore Nial McGaughey des Sludgeux de 3D HOUSE OF BEEF), un line-up qui pouvait laisser positivement songeur quant à la direction musicale prise par CRIPPLED BLACK PHOENIX, qui va se retrouver là où on ne l'attendait pas vraiment.

Si on imaginait se retrouver face à quelque chose de plus Heavy, de plus Metal, forcément, on se sera déçu par la direction Post Rock prise par CRIPPLED BLACK PHOENIX sur ce premier essai. "A Loved Of Shared Disasters", avec sa pochette assez délicate et un brin mélancolique, est un véritable marathon pour quiconque. Pas loin de 77 minutes de musique, où l'électricité se présente de façon très confidentielle. Il n'en demeure pas moins lugubre par instants, avec des ambiances particulières. Ce disque ressemble en effet à une litanie pour marins disparus en mer, avec ses samples de tempête, ses speeches et la narration sur certains passages, ainsi qu'une pesanteur qui ne doit rien à l'interprétation des musiciens.

CRIPPLED BLACK PHOENIX privilégie ici des constructions plus accessibles que bon nombre de groupes de Post Rock, avec un aspect Pop véhiculé par les chanteurs Joe Volk et Andy Semmens (le premier s'était illustré au sein de GONGA, le second a été batteur – et vocaliste – pour des combos tels qu'ESOTERIC ou PANTHEÏST). Ce qui n'empêche pas le groupe de partir dans des digressions malheureusement inévitables sur une telle longueur. Certains appelleront ça des dérives un peu trop Rock Progressif, certains y verront des clins d'œil à PINK FLOYD sur certaines parties. Ce n'est pas entièrement faux. CRIPPLED BLACK PHOENIX développe grandement l'instrumental sur lequel viennent se greffer des parties vocales. D'autres pistes vont utiliser des formats plus courts pour briser un peu la monotonie de l'ensemble.

Si certains morceaux finissent par sortir du lot ("Goodnight, Europe" ou "You Take The Devil Out Of Me"), il leur manque toutefois un peu plus de panache pour s'imposer réellement (ce qui sera d'autant plus flagrant une fois que le groupe aura réenregistré ces titres pour "The Wolf Changes Its Fur But Not Its Nature" en 2024). La seconde composition s'en tire toutefois mieux, avec son approche vocale un peu plus originale et un feeling plus ouvertement Pop qui fonctionne plutôt bien. Et surtout, elle vient casser la léthargie dans laquelle le groupe nous enfonce petit à petit. Par exemple, "The Northern Cobbler" fatigue avec sa narration qui ne conduit que sur une mélodie sans réel relief.

Les mots peuvent paraître durs, injustes. Il est vrai que ce premier album manque un peu de panache, qu'il se veut longuet et qu'il n'est pas aussi varié qu'espéré. Cependant, il possède une espèce de force évocatrice. Les divers bruitages, les narrations, la tristesse infinie qui semble couler des compositions en font toutefois une œuvre qui mérite d'être écoutée, assimilée, défendue. Après une introduction sinistre, CRIPPLED BLACK PHOENIX nous plonge dans un gouffre de mélancolie dès "Really, How'd It Get This Way?" avec cet accordéon faussement festif qui plombe l'ambiance plus qu'autre chose. C'est ce qui est un peu rageant avec ce disque : il regorge de bonnes idées, qui sur un format plus court auraient été plus pertinentes.

Le disque ressemble un peu à un patchwork, qui donne l'impression d'avoir connu plusieurs périodes d'écritures. L'acoustique est très présent, presque envahissant et quand arrive une dose de distorsion, elle peine à faire un effet parce qu'elle se retrouve noyée dans la masse. En revanche, quand les chanteurs tentent de se faire plus hargneux, ils sont légèrement ridicules tant ils semblent pousser sans arriver à un résultat réellement concret. Et encore une fois, on reste circonspect devant la beauté de certaines plages qui arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe, mais qui renouvellent tout l'intérêt que l'on peut porter à cet album.

CRIPPLED BLACK PHOENIX se cherche clairement ici. Justin Greaves fourmille d'idées, c'est certain, mais il n'arrive pas encore à en faire le tri comme il le fera par la suite. Il exploite ici tout ce qu'il peut exploiter, sans jamais franchir la limite du riff électrique qui viendrait donner un coup de fouet à l'ambiance, comme si adjoindre un aspect typiquement Metal à l'ensemble serait sale à ce recueil de mélodies souvent touchantes qui se traînent parfois un peu trop, sans pour autant atteindre des points culminants, pouvant ainsi nous laisser sur notre faim, à l'instar de "Long Cold Summer" qui semble toujours à la recherche de son paroxysme sans parvenir à le trouver. Et "A Love Of Shared Disasters" devient un album de vides, de temps perdu.

Si au moins il était totalement nul, la question se réglerait d'elle-même. Seulement entre les moments de lassitudes et ceux où l'on tend l'oreille, curieux, il y a une espèce d'équilibre qui se crée, où l'ennui succède à l'excitation et vice versa. "A Love Of Shared Disasters" n'est pas un premier album idéal, ce n'est pas non plus un disque qui fera une carrière mort-née à la formation. Greaves va s'appuyer dessus pour repenser son discours, le muscler petit à petit, jouer avec l'extrême pour revenir à des choses plus planantes par la suite et surtout parvenir à trouver l'équilibre nécessaire pour que chaque nouvel essai propose des choses plus intéressantes ou, pour utiliser un terme moins réducteur, plus accrocheuses. Mais celui-ci, vous pouvez faire l'impasse dessus si comme moi vous aimez le CRIPPLED BLACK PHOENIX plus agressif.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Andy Semmens (chant)
- Joe Volk (chant, guitare)
- Justin Greaves (guitare, batterie)
- Nial Mcgaughey (guitare)
- Dominic Aitchison (basse)
- Kostas Panagiotou (claviers, accordéon)
- George Edward Campion (narration - invité)
- Dave Greaves (guitare - invité)
- Charlotte Nicholls (violoncelle - invitée)
- Max Milton (violon, trompette - invité)
- Stuart Matthews (percussions - invité)
- Mark Ophidian (samples, programmations - invité)

TRACKLIST
1. The Lament Of The Nithered Mercenary
2. Really, How'd It Get This Way?
3. The Whistler
4. Suppose I Told The Truth
5. When You're Gone
6. Long Cold Summer
7. Goodnight, Europe
8. You Take The Devil Out Of Me
9. The Northern Cobbler
10. My Enemies I Fear Not But, Protect Me From My Friends
11. I'm Almost Home
12. Sharks & Storms / Blizzard of Horned Cats


             



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