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METAL PROG  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1998 ★★★★  Into The Unknown
2000 ★★★★★  ...Waiting For The Tide
2005 ★★★★  Walking On H2o
ÉQUIVALENCES
Style : RUSH

MIND'S EYE - ...waiting For The Tide (2000) ★★★★★ 
Par HAPLO le 29 Janvier 2026          Consultée 241 fois

Je me dois de l'avouer ici en pleine lumière Nimienne : j'ai une affection toute particulière pour les p'tits gars de MIND'S EYE ! Mais d'où peut bien venir cette extravagante révélation dont tu te moques sûrement comme de ta première boutanche de Valstar vidée devant l'entrée du discomobile installé sur le parking du Prisunic de Romorantin-Lanthenay ô lecteur pressé ?

Elle provient en partie de la perspective du destin glorieux qui attend, tapis dans l'ombre, deux de ses membres fondateurs si l'on considère la carrière THERION-nesque promise au lumineux bassiste Johan Niemann œuvrant d'ailleurs aujourd'hui aux côtés d'un certain Tom S. Englund chez EVERGREY, ou encore les talents de batteur-claviériste-compositeur mais surtout touche-à-tout d'un Daniel Flores ayant lui-même tâté de la console pour de beaux talents (SEVENTH WONDER), de la batterie au sein de formations prometteuses (SECRET SPHERE), avant de fonder son propre combo autour des formes généreuses d'une Diva Pop Rock venue du froid (The MURDER OF MY SWEET).

En outre, le premier-né des Suédois a également été pour Maître Haplo l'occasion de se confronter à un Metal Prog' tant fadasse que mécanique, à l'image de ce qu'aiment tant dénoncer ses nombreux détracteurs : car si ce "Into The Unknown" paru en 1998 avait le mérite d'incarner une envie sincère de s'y coller de la part de nos brillantissimes loustics, il s'affirmait surtout, nonobstant le choix peu judicieux d'un chanteur aux capacités plus que limitées, par un manque d'imagination aussi navrant que celui consistant à se tirer sur le nougat devant un miroir le samedi soir...
MIND'EYE entamait ainsi sa carrière en pondant l'archétype de l'album gymnastico-soporifique dans lequel on se fait plaisir en tant que zicos mais qui ne passionne personne. Le nec plus ultra de ce qu'il ne faut pas faire. Le seul aspect encourageant étant la (belle) marge de progression qui s'offrait ainsi à nos tendres besogneux !

Et si l'on s'en tient à ce "...Waiting For The Tide", second chapitre du combo paru en 2000, la leçon a bien été retenue...
Première étape essentielle car urgemment indispensable : c'est un nouveau chanteur qui s'empare du micro, venant ainsi rejoindre le trio fondateur Flores - Niemann – Grünberger pour donner de l'épaisseur aux compositions de cette formation ambitieuse. Sans pour autant figurer dans le temple métallique des stars internationales ou être étiqueté comme un prodige à la voix unique, Andreas Novak surclasse sans peine l'organe erratique et frôlant parfois la fausseté d'un Johan Persson à qui l'on souhaite une bonne continuation mais que l'on ne regrettera pas ! Le nouveau venu prend tranquillement ses marques, déployant des capacités vocales bien plus affirmées, une tessiture plus riche et va même jusqu'à faire preuve sur certaines séquences d'un coffre très convenable.
Novak apporte ainsi une touche salvatrice résolument qualitative à la musique proposée par MIND'S EYE ; une plus-value notable qui permet au combo une jolie montée en gamme en laissant derrière lui la période des gentils amateurs expérimentaux prépubères. Pour s'en convaincre, l'écoute du très abouti "Calling (Father To Son)" et de son refrain ample et envoûtant suffit pour comprendre le chemin parcouru depuis les élucubrations tâtonnantes du premier opus. Andreas Novak y déploie son talent, imprégnant le style des Suédois d'un savoir-faire qui ne les quittera plus. Bienvenue à la maison l'ami !

Oscillant entre un Metal Prog' faisant clairement sa révérence à des pointures comme YES, IQ ou encore ARENA et les influences tournoyantes de la sphère Jazz Fusion, les Suédois arment "...Waiting For The Tide" d'une musique ultra calibrée, forte d'une mise en place millimétrique, de variations rythmiques et mélodiques syndicalement récurrentes qui forment au final des structures de morceaux diaboliquement alambiquées, ce qui ravira les inconditionnels du genre. Les niveaux de maîtrise et les prestations instrumentales sont irréprochables ; le puriste pouvant éventuellement trouver la production un chouïa datée ou s'interroger sur des orientations liées au mastering (un écho un peu trop présent sur certains passages) ou à l'équilibrage entre les instruments (le duo basse-batterie est mis en avant, les parties lead/gimmicks guitare parfois en retrait, en mode étouffé ou simplement masquées par nos deux compères à l'avenir prometteur...).

Mais on ne se refait pas en un jour ! Les défauts inhérents à la manière dont les musiciens appréhendent leur art perdurent même s'ils sont minimisés par toutes les choses encourageantes que nous venons d'énumérer.
Le quartette a globalement du mal à jouer pour un autre plaisir que le sien. Le Metal Prog proposé sur "...Waiting For The Tide" demeure quand même foutrement confidentiel et ne s'adresse que très ponctuellement à l'auditeur lambda : ça joue bien mais ce n'est désespérément pas accrocheur. MIND'S EYE se complaît encore dans une musique où brillent par leur absence tout riff accrocheur, tout refrain un tantinet entraînant, et où dominent des soli guitare sympathiques mais pas renversants, des lignes rythmiques ou des phrases de chant qui se ressemblent énormément d'un titre à l'autre... ce qui fait que tout ce Saint-Frusquin devient parfois péniblement poussif pour des compos et un album sensé nous aérer les neurones...

Pire, les Suédois vont même jusqu'à dégoter de bonnes idées... qu'ils n'exploitent pas ! À l'image du (trop) court final de l'anecdotique "Jealousy In Disguise" qui m'a réveillé mais tristement laissé sur ma faim ! Dommage. On sent que la progression se fait par étapes et qu'il faudra peut-être attendre l'album suivant pour que ça se débloque à ce niveau-là. En parallèle, et compte tenu de toute la valeur du nouveau chanteur évoquée plus haut, Novak se glisse très convenablement dans le costume du frontman de cette formation ambivalente au point d'en adopter les caractéristiques les moins attrayantes : des lignes de chant globalement très linéaires, flirtant volontairement à quelques occasions avec une dissonance liée sans doute aux sources d'inspiration de ses compères en matière de Jazz Fusion et surtout... des séquences très verbeuses où on aimerait un peu plus entendre des pirouettes instrumentales pertinentes au lieu d'un énième couplet qui contribue à finir de perdre complètement un auditeur aux oreilles saturées ("In My Mind - Spirits In The Room Part II").

Je resterai néanmoins sur une note positive avec ce chapitre deux qui, même globalement décevant, inaugure une nouvelle ère pour ce combo venu du froid : en sus du très plaisant "Calling (Father To Son)" par lequel les musiciens semblent s'intéresser à ceux qui les écoutent, je recommanderai l'écoute du frais et groovy "Fall On Trust" aux enchaînements bien pensés, pas prise de tête pour deux sous, et qui prouve s'il en est besoin, que MIND'S EYE en a sous la pédale et que savoir quitter ses rails de progueux techniques aux longues structures stériles reste un exercice possible dans lequel les Suédois visent juste. À suivre avec intérêt donc...
"...Waiting For The Tide" s'avère ainsi encore laborieux et tristement éthéré face à un Metal Prog alors en pleine renaissance (ces diables d'Américains de DREAM THEATER viennent de balancer leur monumental "Metropolis Part 2: Scenes From A Memory" promis au succès que l'on sait...) et qui gagne à se décloisonner en ouvrant les fenêtres pour en faire sortir la poussière ! Le tournant des années 2000 est en cours... Il s'agirait de ne pas le louper !
L'ajout de deux pistes plus accrocheuses ("Endless Passages" et l'instrumental "Spellbound") sur l'édition 2005 paru chez Lion Music attestera d'ailleurs de cette prise en compte.

Le nez collé au sol en contreplaqué servant de piste de danse au discomobile, je profite généreusement des effluves d'urine et de bière bon marché insidieusement mêlées dans le bois usé jusqu'à la fibre. Au terme d'une vertigineuse traction, je me retrouve debout sur des jambes désespérément flageolantes. Dans les affres brumeux de la migraine qui tenaille ma boîte crânienne, j'attribue un sévère mais résolument optimiste 2/5 à ce "...Waiting For The Tide" qui lance l'ascension de MIND'S EYE avec une progression pouvant paraître minime mais qui illustre bien leur volonté d'avancer. Ils s'ouvrent ainsi le champ des possibles !

- pour la belle entrée en scène de Novak : "Calling (Father To Son)",
- pour le Groove : "Fall On Trust",
- ce n'est pas grave si tu n'en parles pas à tes petits enfants devant la cheminée à la veille de Noël : le reste de l'album.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ HAPLO


LINE-UP
- Andreas Novak (voix)
- Frederik Grünberger (guitare)
- Johan Niemann (basse)
- Daniel Flores (batterie, claviers)

TRACKLIST
1. Frozen Tears
2. Calling (Father to Son)
3. A Pond of Thoughts
4. Closer (Spirits in the Room Part I)
5. In My Mind (Spirits in the Room Part II)
6. Primitive Light
7. Jealousy in Disguise
8. Fall on Trust
9. Circles in the Sand
10. ...Fade Out


             



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