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METAL INDUS  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1985 ★★★★★  Bites
SUR FORCES PARALLÈLES
1986 ★★★★  Mind : The Perpetual ...
1987 ★★★★  Cleanse, Fold And Man...
1988 ★★★★★  Vivisectvi
1989 ★★★★  Rabies
1990 ★★★★★  Too Dark Park
1992 ★★★★★  Last Rights
  ★★★★  Back & Forth Series 2
1996 ★★★★  The Process
2004 ★★★★  The Greater Wrong Of ...
2007 ★★★★★  Mythmaker
ÉQUIVALENCES

SKINNY PUPPY - Bites (1985) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 26 Janvier 2026          Consultée 324 fois

Soyons un peu borderline, pour ne pas changer et parlons un peu de SKINNY PUPPY, groupe d'Électro Indus Canadien qui aura eu une importance capitale sur la scène Indus US, comme DAS ICH aura marqué les esprits en Allemagne. Si certains disques des Chiots Maigres lorgnent du côté du Metal, c'est surtout l'art exercé avec les machines qui va devenir fédérateur. Formé au début des années 80 par cEvin Key, ce fut à l'origine comme un side project du groupe New Wave romantique IMAGES IN VOGUE. L'arrivée de Nivek Ogre au micro va consolider le projet, auquel participera également Bill Leeb (sous le nom de Wilhelm Schroeder) qui ira plus tard fonder FRONT LINE ASSEMBLY, une autre référence du genre. Après un premier EP en 1984, "Remission", la formation livre son premier LP, "Bites", en 1985, avec sa pochette étrangement flippante.

Flippante, la musique l'est aussi. Née du Post Punk, se nourrissant de la New Wave et des premières expérimentations de FRONT 242, elle évolue dans des contrées synthétiques sordides. Les musiciens ont réussi à créer un climat horrifique et pesant. Les instruments traditionnels ont des sons dissonants, distordus, qui se fondent dans les murs de son créés aux claviers, la batterie se veut minimaliste, complétée par des percussions métalliques qui contribuent à façonner cette ambiance de film d'horreur à rendre claustrophobe n'importe qui de normalement constitué. Une bonne notion de ce sentiment d'inconfort naît du chant d'Ogre qui est réellement terrifiant. Déformé à outrance, sa voix est agressive et n'est pas sans rappeler certains chanteurs de Black Metal qui auront depuis banalisé la chose. En 1985, le rendu n'en était que plus angoissant.

"Assimilate" donne le ton. Durant sept minutes, le groupe va nous assener une musique électronique oppressante, ponctuée par des élans mélodiques soutenus tandis qu'Ogre se déchire les cordes vocales, en accentuant le tout avec des cris sinistres. Nous tenons là un schéma assez représentatif de ce qu'est ce disque sur sa facette la plus Heavy. "The Choke" suit la même direction, avec un surcroît de violence en prime, d'autres titres vont se montrer plus mid tempo sans se défaire de ce sentiment d'oppression continu ("Icebreaker", "Dead Lines"), ou ils vont virer sur quelque chose de plus éthéré, pour ne pas dire planant, à l'instar de "Film", sur lequel le rideau noir de l'album se referme. Et au final, on reste un peu sonné, déstabilisé par ce disque résolument sombre et vindicatif, comme si les MISFITS avaient troqués les guitares pour des synthés.

Il faut dire que nous sommes en 1985. La New Wave vivait ses heures de gloire, avec de nombreux groupes qui s'y étaient lancés corps et âmes, comme The CURE ou DEPECHE MODE pour ne citer que deux des plus connus. Al Jourgensen avait déjà légèrement fait dévier le propos avec "With Sympathy", le premier effort de MINISTRY, connu dans nos contrées sous le nom de "Work For Love". D'autres formations travaillaient déjà sur une radicalisation électronique du son, comme FRONT 242 donc, mais également LEGENDARY PINK DOTS qui expérimentait énormément à l'aube des années 80. cEvin Key et Ogre ont trituré leurs influences, se sont laissés aller à fouiller dans le réservoir Punk au niveau de l'attitude et du jusqu'au-boutisme nécessaire pour arriver au bout de leur projet.

Assauts Electro parfois étrangement dansants, batterie martiale à souhait, divers effets et samples issus de films, SKINNY PUPPY utilise la technologie avec intelligence. Dopé par une production qui scellera la froideur Industrielle, ce disque se veut fondateur de toute une mouvance qui aura débordé jusque dans le Metal. Pour Trent Reznor (NIN), ce serait plus l'essai suivant, "Mind  ;: The Perpetual Intercourse" qui aura réellement été fédérateur. Entre ces deux disques, il y aura déjà eu une évolution assez notable pour les Canadiens. "Bites" possède l'insouciance des débuts, quand les musiciens se veulent comme des chiens (faméliques of course) fous, capables et coupables de tous les outrages. Il se dégage un truc de ce disque, une aura cauchemardesque irrévérencieuse.

Si "Assimilate" et "Last Call" sont souvent les deux morceaux que l'on retient – à juste titre – de ce disque, les autres morceaux ne sont pas en reste. J'avais déjà nommé "The Choke" au rendu effroyable et à la définition la plus « Metal » de l'œuvre, et ce n'est pas un hasard. Avec SKINNY PUPPY les chansons les plus longues sont souvent les plus intéressantes car ce sont celles qui développent le plus le concept et qui contribuent le mieux à la déshumanisation de la musique des Canadiens. Sur les formats plus courts flotte un sentiment d'inachevé, comme si ces morceaux n'étaient que des interludes qui paradoxalement ne s'arrêtent plus afin de propulser les pièces maîtresses.

À défaut d'être un véritable incontournable de la scène Industrielle, "Bites" n'en demeure pas moins une œuvre charnière, qui aura eu un impact en-dehors des frontières canadiennes. Après cela, beaucoup de groupes allaient embrasser l'idée d'une œuvre déshumanisée comme concept musical fort. L'impact de ce disque ne se calculera peut-être pas immédiatement, certaines formations mettront des années à produire leur premier essai. L'avènement des machines était là, sournois, l'expression d'une violence qui n'a rien de feinte, sans les instruments traditionnels mais simplement avec des claviers, des idées inquiétantes et un concept qui tient la route. Aujourd'hui, le disque se trouve généralement couplé avec l'EP "Remission" et des titres bonus, pour une durée rébarbative de 73 minutes assez indigestes. Essayez de privilégier la version classique de ces deux efforts, pour retrouver les sensations d'origines qui sont plus efficaces.

Note réelle  ;: 3,5/5.

Morceaux préférés  ;: "Assimilate", "The Choke", "Last Call".

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LA CHRONIQUE

 > PRINCIPALE
  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Nivek Ogre (chant, guitare, claviers, percussions)
- Cevin Key (guitare, basse, batterie, percussions, claviers, samples, séquenceurs)
- Wilhelm Schroeder (claviers)

TRACKLIST
1. Assimilate
2. Dead Lines
3. Blood On The Wall
4. Icebreaker
5. The Choke
6. Social Deception
7. Basement
8. Last Call
9. Film


             



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