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ROCK/METAL ALTERNATIF  |  STUDIO

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2023 This Too Shall Pass
2025 Bruxism
 

2023 This Too Shall Pass

GRANDMA'S ASHES - Bruxism (2025)
Par DARK PANDA le 29 Décembre 2025          Consultée 835 fois

GRANDMA'S ASHES nous avait laissé un peu groggys et ébahis, après leur premier album sorti en 2023. Leur Stoner Rock bien abrasif, couplé à un sens inouï de la mélodie, marquait le potentiel assez monstrueux des trois Parisiennes – parfaitement retranscrit sur scène d'ailleurs, où elles n'ont fait qu'une bouchée des spectateurs du Hellfest, au hasard. Que pouvait-il donc advenir, après un album déjà si abouti ? Un chef-d'œuvre ou une dégringolade, forcément. Eh bien les deux attendront : les jeunes rockeuses ont décidé de poursuivre leurs recherches sonores en poussant toutes leurs orientations légèrement plus loin, quitte à souffler le chaud et le froid (ce qui n'est pas un problème, suffit d'adapter ses vêtements à la saison). Exemple : ce "Bruxism" est dans l'ensemble moins lourd et moins Metal que son prédécesseur, et pourtant c'est sur celui-ci que la chanteuse Eva Hägen y growle pour la première fois. Autre exemple : les esquisses Prog et les expérimentations Noise audibles dans "This Too Shall Pass" deviennent ici la norme, hybridant tout l'album pour le plus grand plaisir des auditeurs. Bref, la musique de GRANDMA'S ASHES est plus que jamais libre, et c'est formidable.

Metal ? Rock ? Grunge ? Goth ? Sérieusement, on s'en bat les reins – mais il est certain que ce n'est ni de la Polka, ni de la variété allemande. L'univers des trois musiciennes est beau, original et toujours aussi inspiré. Avec juste ce qu'il faut de riffs massifs un peu partout. C'est tout ce qu'on demande, non ? Du Rock/Metal non caricatural, frais tout en restant vrai (SLEEP TOKEN, mourrez s'il vous plait, merci).
À l'image d'un A PERFECT CIRCLE aux albums chrysalides, GRANDMA'S ASHES brouille si bien les pistes qu'au final, le genre dans lequel officie ses membres n'a plus grand intérêt en soi. Seule compte la justesse du son. Leur musique riche est en cela une passerelle, subtilisant ce qu'il faut au Rock et au Metal pour creuser un sillon singulier dans la grande famille de l'Alternatif. C'est peut-être le seul regret que pourront nourrir certains amoureux transis de "This Too Shall Pass" : contrairement à ce que pouvait parfois laisser penser cet album plus frontal, les trois Parisiennes ne se chauffaient pas dans l'idée d'alourdir encore leur musique, pour emboîter le pas au Stoner et botter le cul de Josh Homme.

C'est d'ailleurs ce qui peut décontenancer, lors des premières écoutes de "Bruxism". On pourrait d'abord croire qu'un vent de tiédeur a soufflé sur GRANDMA'S ASHES, comme si les refrains faciles l'avait emporté sur l'abrasivité. La très accessible "Empty House" peut faire flipper, au début. En réalité, malgré une orientation mélodique toujours plus marquée, les riffs lourds restent omniprésents, mais se font plus subtils et moins stéréotypés. C'est le cas de l'ensemble des compositions, qui ne dévoilent leurs tréfonds sonores qu'après plusieurs écoutes attentives. On sent vraiment que tout a été pensé, pesé dans chaque mesure, pour aboutir à une œuvre d'Art-Rock multi-couches et de très haute qualité.
Dans le détail, il y a toujours des tubes en puissance (le très bon single "Sufferer", le rebondissant "Saints Kiss", le Heavy "Cold Sun Agai"), mais aussi des titres plus doux et Atmo jouant tout sur l'ambiance ("Nightwalk", "Neutral Life Neutral Death"), ainsi que des mandales bien carabinées (notamment le pernicieux "Dormant").

Plutôt que mettre les mêmes ingrédients dans chacun de ses morceaux, "Bruxism" préfère construire son narratif en échelonnant ses différentes idées. La force de cet ensemble bigarré tient à l'imbrication parfaite de ses pièces, qui finissent par s'harmoniser comme un beau puzzle. Ça s'appelle le talent. Ça s'appelle aussi composer un album, soit une suite de chansons qui se répondent chronologiquement pour élaborer une histoire, un voyage progressif capable de créer un autre monde et d'aspirer son auditeur à l'intérieur (si possible très loin de cette époque à la con qui n'a vraiment rien compris à l'histoire et se met à rêver du fascisme comme en 40).
Une telle abnégation dans l'enregistrement d'un format désormais boudé (le CD) est devenue rare, presque anachronique à l'heure où tout le monde balaye-zappe (okay, swipe) sa musique depuis les plateformes dématérialisées. À ce grand jeu-là, la promenade aussi agressive qu'enchanteresse proposée par "Bruxism" est très réussie.

Que dire d'autre ? Que la batteuse Edith Séguier semble avoir délié son jeu, offrant à la section rythmique beaucoup plus de corps et de diversité que dans "This Too Shall Pass". Que la bassiste-chanteuse repousse elle aussi ses limites, claquant un impressionnant chant guttural sur deux morceaux ("Flesh Cage" et "Dormant"), mais aussi du vocodeur (l'élégante "Neutral Life Neutral Death") et des polyphonies toujours plus justes et savoureuses un peu partout, avec l'aide de ses comparses. Que la guitariste en cheffe, Myriam El Moumni, joue désormais dans la stratosphère, imposant son identité à chacun des titres au gré des hybridations qu'elle tire de son instrument. Elle remplit à ras-bord le disque de partitions tortueuses et stonées ("Neutral Life Neutral Death"), de lignes complètement épiques (le riff grandiose de "Nightwalk") ou encore de délicieuses élucubrations bruitistes (l'intro de "Flesh Cage").

Certains me trouveront peut-être chiant à rabâcher que la musique des trois Parisiennes est libre, mais c'est vraiment ce qui saute aux oreilles à l'écoute de ce second album : leurs compositions, résolument sans chapelle, montrent des trésors d'inventivité et une solidité à toute épreuve en mélangeant le volume du Metal et ce que le Rock possède à la fois de plus fluide et de plus dissonant. GRANDMA'S ASHES propose une musique brute et fragile, à l'image de ce "Flesh Cage" mêlant polyphonies savoureuses, gouttes de guitares et Groove Metal ultra-violent. C'est entraînant, c'est gracieux, c'est brillant. De quoi rester groggy et ébahi, en attendant le troisième album.

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   DARK PANDA

 
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- Eva Hägen (basse, chant)
- Myriam El Moumni (guitare, chœurs)
- Edith Séguier (batterie, chœurs)


1. Saints Kiss
2. Empty House
3. Sufferer
4. Nightwalk
5. Flesh Cage
6. Neutral Life Neutral Death
7. Cold Sun Again
8. Calix
9. Duality
10. Dormant


             



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