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HARD ROCK  |  VHS/DVD/BLURAY

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CHRONIQUES

B.O FILMS/SERIES

1984 ★★★★  This Is Spin̈al Tap

VHS/DVD/BLURAYS

1984 ★★★★★  This Is Spin̈al Tap
2025 ★★★★★  Ii: The End Continues
ÉQUIVALENCES

SPIN̈AL TAP - This Is Spin̈al Tap (1984) ★★★★★ 
Par GEGERS le 17 Novembre 2025          Consultée 780 fois

Pas de point sur le "I", un tréma sur le "n". Un groupe tellement unique que même l'informatique actuelle peine à en retranscrire la graphie. Il y avait BLUE ÖYSTER CULT, MOTÖRHEAD, MÖTLEY CRÜE, et puis un jour il y eut SPIN̈AL TAP. Lorsque "This Is Spin̈al Tap" débarque sur les écrans américains en 1984 (la France devra attendre une sortie VHS en 1986), l'époque est à la démesure, tant sur l'ancien que sur le nouveau continent. Dominant la scène musicale, les genres Hard Rock et Heavy Metal sont alors marqués par une surenchère à tous les niveaux, tant dans l'exécution artistique que dans la mise en scène de leurs interprètes (coiffures, tenues de scènes), les représentations scéniques se faisant également de plus en plus spectaculaires.

Le jeune réalisateur Rob Reiner (fils de Carl Reiner, légende de la comédie) sent que quelque chose est en train de naître. Pour son premier long métrage, il décide de tenter de capter l'air du temps avec une idée inédite : tourner un faux documentaire sur un groupe de Rock imaginaire, le tout premier "rockumentaire" de l'histoire de la musique moderne. Une démarche qui est avant tout le fruit d'une rencontre, quelques années plus tôt, avec les acteurs et musiciens Michael McKean, Christopher Guest et Harry Shearer. En effet, en 1979, tous collaborent dans le cadre de la réalisation d'un pilote de sketch pour la télévision, mettant en scène un groupe de Rock parodique : Spinal Tap. Très vite, la matière est là : la connivence entre les acteurs, leur sens de l'improvisation, et, atout majeur, le fait que ces derniers soient de véritables musiciens.

Tourné en 1983 en Californie, "This Is Spin̈al Tap" ne connaîtra qu'un maigre succès commercial aux États-Unis. Le film voit un journaliste candide (incarné par Reiner lui-même) suivre le groupe SPINAL TAP sur une tournée américaine catastrophique. Issu des années 60, passé par une phase "EATLES" puis "flower-power", le quintet (dont les batteurs meurent dans des circonstances inexpliquées, et notamment de combustion spontanée) est alors sur le point de sortir son quinzième album, "Smell The Glove", successeur d'opus aux titres aussi truculents que "Intravenus De Milo", "Bent For The Rent" ou encore "Shark Sandwich". Le réalisateur capture la vie du groupe en coulisses et en loges, caméra à l'épaule pour une meilleure immersion, ajoute de nombreux extraits de concerts, et entrecoupe l'ensemble d'interviews en plan fixe qui permettent aux musiciens de faire étalage de leur longue histoire et de leurs espoirs.

Les dialogues sont improvisés à 80%, Rob Reiner ne donne à ses acteurs que des indications sur le début et la fin des scènes, ainsi que les éléments nécessaires à l'évolution de leurs personnages. Mais de cette contrainte nait le sublime, le talent d'improvisation et d'interprétation de McKean, Guest et Shearer (ces derniers tournent les scènes de concert avec leurs propres instruments) donne naissance à une comédie naturellement devenue culte, portée par de nombreuses scènes passées à la postérité : l'ampli de Nigel dont les potards vont jusqu'à 11, la pochette noire de "Smell The Glove", le groupe évoluant, perdu, en coulisses et ne parvenant pas à trouver le chemin vers la scène, la mise en scène du morceau "Stonehenge", avec cette reproduction en miniature du monument autour duquel dansent deux personnes de petite taille... autant de moments devenus légendaires, le plus souvent inspirés par des événements réels, et qui restent aujourd'hui source de nombreuses plaisanteries et références dans la communauté à laquelle nous appartenons.

"This Is Spin̈al Tap" est l'histoire d'un groupe en déliquescence, mais derrière la satire et la comédie, en sous-main, le film propose une vraie réflexion sur la condition de musicien dans cette époque de surenchère de laquelle il est difficile d'extraire le sens et d'en comprendre la direction. Avec beaucoup de tendresse, Rob Reiner dépeint des portraits doux-amers de Nigel, guitariste en quête d'émancipation et de reconnaissance, de David, chanteur porté par une vision, mais confronté aux batailles d'ego (la scène d'affrontement entre sa petite amie aux dents longues et le manager Ian est un grand moment), de Derek, bassiste aux bacchantes proéminentes, complètement dépassé par les événements. Moquant également le machisme, le culte de l'ego et la bêtise de l'industrie musicale, le film dépeint avec brio ce vide existentiel caché derrière les paillettes du Rock.

À sa sortie, le public américain ne sait pas trop quoi en faire. Certains croient alors à la véracité du groupe et d'autres, surtout les musiciens, comprennent : ce film parle d'eux, de leurs propres ridicules, de ces loges tristes après les concerts et de cette obstination à croire que le Rock, quelque part, peut encore sauver quelque chose. Peu à peu, le bouche-à-oreille fait son œuvre. "This Is Spin̈al Tap" devient culte, une relique vers laquelle se tournent tous ceux qui veulent affirmer leur appartenance à la scène. L'expression "going to eleven" est entrée dans le dictionnaire comme symbole universel de la démesure Rock, tandis que certains groupes bien réels, à l'image de METALLICA avec la pochette de son "Black Album" de 1991, n'hésitent pas à clamer haut et fort que le film s'est révélé un véritable miroir pour eux. En interviews, journalistes et musiciens parlent ouvertement de ces "moments Spinal Tap" qui émaillent une carrière.

Plus de quarante ans après sa sortie, le film continue d'inspirer toute une esthétique liée au "fauxcumentaire", et a permis à "The Office" et "Borat" d'exister. Et si, dans le domaine spécifique du Hard/Metal, seul TENACIOUS D avec son "Pick Of Destiny" semble être parvenu à attraper le flambeau sans se brûler les doigts, il n'en demeure pas moins que "This Is Spin̈al Tap" reste la pierre angulaire d'un humour musical à la fois bienveillant et potache, moquant le ridicule sans jamais trahir la passion du Rock. Ce faux groupe, plus vrai que nature, aura révélé une vérité essentielle : derrière chaque ampli poussé à 11, il y a une humanité vacillante, touchante, et parfois totalement absurde. Reiner, Guest, McKean et Shearer n'ont pas seulement inventé un mythe, ils ont offert au Rock sa plus belle mise en abyme.

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