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FUNERAL - Tristesse (1994)
Par PERE FRANSOUA le 18 Novembre 2025          Consultée 394 fois

Avant de commencer à lire cette chronique, je vous saurais gré de bien vouloir jeter un coup d'œil à la pochette de "Suicidal Emotions", unique album des Australiens de ABYSSIC HATE.
C'est fait ? Merci.
Le garçon au corps criblé de coupures est Einar André Fredriksen, l'un des deux membres fondateurs, compositeur et parolier de FUNERAL. Comme chacun sait il mettra fin à sa misère en 2003. Au regard de la musique qu'il a engendré et des textes qu'il a produit, on comprend que ce jeune homme ne faisait pas semblant. Cette première démo lui doit beaucoup.

Norvège, 1993. Tandis que certains chefs d'œuvres du Black Metal étaient en train d'être enregistrés ("De Mysteriis Dom Sathanas", "In the Nightside Eclipse"), bientôt célébrés dans le monde entier, aidés par quelques feux et éclats de lames, une autre équipée gravait sur bande un Metal à l'opposé, dans un anonymat qui allait trop longtemps durer.
Quelle idée aussi de vouloir gratter sa plaie jusqu'au sang et arpenter les chemins de la dépression avec pour seuls points de départ BLACK SABBATH, CANDLEMASS, PARADISE LOST et surtout "Forest Of Equilibrium" de CATHEDRAL ? Quelle mouche noire les a piqués pour oser ralentir autant, plus que quiconque, comme c'est pas permis ? Comment peut-on être si jeunes et si pétris de tristesse, pour s'en aller creuser les ténèbres, toujours plus profondément, à coup de crasse électrique si épaisse et étouffante ?

Enregistrée en juin 1993, "Tristesse" est une démo qui passera inaperçue et sera frappée du sceau de l'infortune, à l'instar de tous les disques de FUNERAL suivants. C'est pourtant une œuvre musicale totalement fascinante, passionnante, sidérante et dont le cachet se bonifie année après année, décennie après décennie.
C'est une véritable extravagance de lenteur, de lourdeur, de mal-être. C'est une démo de trois titres, certes, mais dont la durée est de 38 minutes, ce qui fait une bonne moyenne. Nous sommes depuis tant d'années habitués aux productions de Funeral Doom follement lentes, mais qui peut prétendre avoir autant ralenti à l'époque, à part un THERGOTHON tout autant confidentiel ? C'est tellement lent que lorsque ça accélère, pour des passages nettement Doom Death, on a l'impression de foncer à toute allure alors qu'objectivement c'est bien plus lent que le plus lent des lambins.

À l'écoute de cette démo, deux choses devraient vous étonner, mis à part la lenteur. Deux choses sont aussi parmi les ingrédients les plus savoureux à mon sens, et qui me donnent toujours envie d'y revenir.
C'est le son des guitares, tout d'abord, dont il faut parler. Nettement sous-accordées, elles sont extirpées du sol noirâtre et glaiseux où s'ébrouent les asticots gris qui décomposent le pin et les chairs, et nous éclaboussant, recouvrent le ciel d'un nuage terreux et suffocant. La texture sonore, épaisse et râpeuse, suffit à elle seule pour noircir le monde et à nous plonger dans la dépression. Les notes jouées viennent terminer le travail. Malgré mon habitude, mon accoutumance, chaque écoute m'écrase la poitrine, et exprimer le ressenti que ne provoque ce son me plonge dans un mal-être sincère.

L'autre sujet d'étonnement se situe du côté des vocaux. Pas de trace de belle voix de femme comme ce sera le cas sur "Tragedies" et "In The Fields Of Pestilence Grief", mais un duo quasi continue de growls Death exagérément caverneux, perpétrés par Einar Fredriksen, et de vocaux " clairs " étranges proférés par Anders Eek lui-même, psalmodiés, plus ou moins graves, dans une tentative de chant d'opéra défiguré, dont l'amateurisme relatif contribue au charme grinçant. Cocktail efficace, l'association des deux accentue l'impression de malaise, l'un amenant la virulence, l'autre la plainte. Là encore, je ne trouve trace de cette étrange recette que chez THERGOTHON.

Des guitares suffocantes qui vous remplient les poumons de terre et de graviers, un duo de litanies et de rugissements qui s'étirent, et une batterie qui sonne comme des coups de pelle rouillée dans le sol de notre sépulture, simple mais implacable, le tout au service de trois titres qui scellent notre fin. Bien que très jeunes et débutants, donc forcément inexpérimentés, nos gais lurons ont su d'instinct écrire les airs les plus tristes, choisir les enchainements de notes les plus pertinents afin de nous faire partager leur dépression.
Pas évident de s'y retrouver dans une musique aussi lente et dans des titres aussi délibérément monotones, austères et repoussants. "Thoughts Of Tranquility", bien que terrifiant, saura nous garder sous sa coupe, grâce à la répétition de ses passages, jouant de la mélancolie (ces notes trainantes) comme de la force (ces incroyables coups de boutoir comma autant de pelletées de terre qui recouvrent notre cercueil), et apparait presque comme un titre Pop en comparaison avec "A Poem For The Dead" qui a décidé de nous perdre dans les méandres de ces dix-huit minutes et vingt secondes. Paraissant ne jamais vouloir se décider à mourir, répétant ses lubies comme des métastases, repartant de plus belle après un break de guitare classique à quatorze minutes, cet affreux cauchemar n'est pas près d'être enfin terminé. Et si l'on pense qu'il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant, c'est au tour de "Yearning For Heaven" de nous finir à coups de litanies à se tirer une balle, de frappes de caisse claire qui scarifient l'âme, de riffs sans espoir jusqu'à la délivrance de ces quelques notes de guitares néo-classique qui viennent refermer la pierre tombale.

FUNERAL a commencé sa procession musicale par son œuvre la plus extrême. Cette démo est unique dans leur discographie, en ayant d'emblée poussé les potards au maximum et en étant dépourvu du contre-point des vocaux féminins. En revanche elle partage avec ses successeurs (la seconde démo "Beyond All Sunset" et le presque premier album "Tragedies") ces magnifiques introductions à la guitare classique de l'ami Steffen Lundemo. Elle est unique également dans le champ du Doom extrême, en tant que sorte de Doom Death exclusivement lent mais pas encore véritablement Funeral, infiniment oppressant et particulièrement réussi et " bien " produit, pour l'époque et les moyens en leur possession, et d'autant plus en comparaison des autres œuvres lentes et lourdes des années 90, qui souffrent toutes d'un résultat sonore faible (SKEPTICISM, THERGOTHON.) Il s'agit donc d'un véritable joyau. À bon fossoyeur, salut !

Note réelle : 4,5/5.

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   PERE FRANSOUA

 
  N/A



- Anders Eek (batterie, vocaux clairs, paroles)
- Einar Andre Fredriksen (guitare, vocaux durs, paroles)
- Thomas Angel (guitare)
- Pål Kjennerud (basse)
- Guest :
- Steffen Lundemo (guitare classique - intro)


1. Thoughts Of Tranquillity
2. A Poem For The Dead
3. Yearning For Heaven


             



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