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- Style : Comeback Kid, Hatebreed, Knocked Loose, Thrown

INCENDIARY - Thousand Mile Stare (2017)
Par KOL le 5 Juillet 2024          Consultée 291 fois

Ahhhhhh… New-York fucking City. Ses gratte-ciels, ses cinq Neighborhoods aussi singuliers les uns que les autres, les NY Knicks et leur lose légendaire, que seul le PSG peut concurrencer, sa contribution artistique essentielle, que ce soit le Street-art dans les années 70 ou au cours de la décennie précédente, toute Warholienne soit-elle. En revanche, question musique, il existe une certaine disproportion entre la renommée de cette Babylone des temps modernes et son véritable impact, plus particulièrement en ce qui concerne le Metal. Pour ce qui est du Hip-Hop entre le WU-TANG CLAN, les BEASTIES BOYS ou plus généralement la scène East Coast, les rappeurs ont été plutôt bien servis par la grosse pomme.

Mais pour nous autres amateurs de grosses guitares et de brutalité, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il faut en effet plutôt se tourner vers la Floride pour le Death ou la Californie pour le Thrash lorsqu’il convient de mesurer l’impact des US sur notre musique fétiche, à de rares exceptions près (je ne compte pas BON JOVI, qui est du New Jersey, na !). Et ça tombe bien, car la scène Hardcore new-yorkaise (NYHC), autrefois underground (BAD BRAINS, CRO-MAGS, SICK OF IT ALL, AGNOSTIC FRONT et tant d’autres), retrouve des couleurs ces derniers temps avec une relève toute aussi authentique et énervée. INCENDIARY fait clairement partie de celle-ci.

On pourrait à juste titre établir un parallèle entre le Système Rap et le Metal : une côte Ouest plus sucrée, aguicheuse mais parfois superficielle, et une côte Est plus âpre et ancrée dans un quotidien moins ensoleillé. Quand Brendan Garonne, frontman de la formation – inchangée depuis sa création il y a de cela une quinzaine d’années, rareté à souligner ma foi – nous scande sa colère aux oreilles, il est impossible de ressentir une quelconque futilité. On retrouve cette conviction ancrée aux chevilles, cette révolte si typiquement Hardcore, dont s’était d’ailleurs inspiré Zach de la Rocha au commencement de RAGE AGAINST THE MACHINE. Pas le genre à mettre le string sur l’côté(*), si vous voyez ce que je veux dire…

Au menu de ce troisième album, une formule ultra-efficace d’un Metallic Hardcore (à ne pas confondre avec le Metalcore, siouplé), à la fois vindicatif et recherché. Travaillant la variété de ses rythmes avec application, les dix pistes ne sont absolument linéaires, alternant martèlement et passage plus posés, rendant plus que recommandables la petite demi-heure proposée ici. Le duo Nobile/Audley officiant aux guitares propose en effet moultes oscillations autour des compositions, parfaitement calibrées, pendant que Garonne nous assène mandale sur mandale. Ça riffe sévère, ça glisse des petits leads vicelards l’air de rien, ça passe mid-tempo pour te péter les cervicales avant de mieux rebalancer la purée avec une basse qui claque jusqu’en bas de la colonne vertébrale ("Front Toward Enemy").

Si la tension ne se relâche pas, ce n’est pas dû qu’à la durée de la galette, c’est aussi le fruit d’un travail sur l’écriture d’ambiances pesantes, qui ne nuisent pour autant nullement au côté implacable de la chose, asséné de main de maître par le chef Garonne, qui habite littéralement ce "Thousand Mile Stare" de la première à la dernière seconde. Véritable bloc à prendre tel qu’il est, le disque s’avère plus brut de décoffrage que son successeur, le non moins excellent "Change The Way You Think About Pain", qui avait connu l’honneur de la sélection NIME l’année dernière. Même mon illustre et pointilleux confrère Dark Beagle en avait eu les ratiches tout déchaussées, ce qui n’est pas peu dire.

Textes évidemment garantis 100% engagés ("The Product Is You", "Awakening", "No Purity"), l’opus dégage une authenticité et une sincérité folle, en sus d’une énergie inébranlable. Dans la plus pure tradition du NYHC, on ne s’embarrasse de construire des morceaux à rallonge, 2:30/3 minutes suffisent à assaisonner l’auditeur dans la plupart des cas. Les fans de DREAM THEATER en seront pour leur frais et la plupart des Métalleux trouveront l’exercice répétitif, voire rébarbatif. Ce n’est clairement pas mon cas, tant l’extase masochiste est patente à me coller le conclusif "Poison" dans la tronche lorsque survient un petit coup de mou en fin de journée.

Résultat : un solide 3,5/5, évidemment arrondi à la hausse comme vous l’avez déjà compris, chers lecteurs.

(*) ceci est une citation pour le moins distinguée de DONTCHA, obscur rappeur belge de mon adulescence, parti rejoindre « les bords du fleuve » à seulement 49 ans. Saleté de crabe…

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   KOL

 
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- Brendan Garrone (chant)
- Matt Mcnally (basse)
- Rob Nobile (guitare)
- Brian Audley (guitare)
- Dan Lomeli (batterie)


1. Still Burning
2. Hanging From The Family Tree
3. Front Toward Enemy
4. Awakening
5. The Product Is You
6. No Purity
7. Hard Truths Cut Both Ways
8. Sell Your Cause
9. Fact Or Fiction
10. Poison



             



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