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LYSBAERER - I: Som Et Lys I Natten, Må Vi Alle Finde Frelse (2024)
Par STORM le 10 Juillet 2024          Consultée 286 fois

Pour les puristes et les stakhanovistes que nous sommes, jaugez ce qui pourrait être une bonne surprise et mériterait d’enclencher l’écoute passe parfois par l’esthétique d’une pochette. Et l’on ne va pas se mentir, nous sommes tous sensibles aux artworks bien léchés ou décalés. Et les groupes en devenir le savent bien. Cela compte pour être attirant et promet une éventuelle meilleure exposition. Peut-être que cela peut aussi aller de pair avec l’ambition du groupe, allez savoir… En tout cas il n’est pas simple de se démarquer et de se débattre dans le flot ininterrompu des sorties (et 2024 est un bon cru soit dit en passant), alors lorsque l’on est sûr de sa force et que l’on veut marquer l’esprit comme LYSBAERER, la représentation de sa musique compte.

Si le duo de LYSBAERER ne vous dit rien, sachez que nos deux Danois font partie tous deux de LAMENTARI, un groupe qui monte un peu en flèche depuis la sortie récente de leur premier album. Dans plusieurs rédactions de chroniqueurs "Ex Umbra In Lucem" est un peu hypé. Mais LYSBAERER ne produit pas un Black/ Death Symphonique mais plutôt un Post-Black un poil Hardcore (la faute aux vocaux nous y reviendrons) mais aussi atmosphériquement dépressif, et sied davantage avec mes préférences. Sans langue de bois, LYSBAERER envoie un sacré coup de poing avec son premier méfait. Si le mot « Post » peut en rebuter plus d’un – la faute à sa multitude de déclinaisons et de définitions possibles (il me faudra d’ailleurs un jour en faire le lexique) – chez nos Danois ce style croise le fer davantage avec non pas les atmosphères bucoliques et adulescentes mais préférablement avec la poisse d’un Black Metal au bord de l’abîme et hystériquement dépressif.

Thomas Mascagni le chanteur hurleur et guitariste envoie puissamment la sauce de ses vocalises déchirées et haineuses. Il me fait penser à l’incroyable mais infréquentable H. Nekrokrist de NEKROKRIST SS (vous aurez compris). Il possède ce même enténèbrement survolté et agité, prêt à en découdre. Si Thomas Mascagni marque des points avec son timbre acéré, les riffs tout à la fois mélancoliques et agités pourraient avoir cet effet temporisant mais il n’en est rien. Dans cette acrimonie générale, les leads lumineux paraissent contrer les sanglots et lutter contre l’effondrement. Des titres tels que les formidables "Forglem Mig Ej" et "Hjertets Forfald" qui déplient une tonne d’ambiances chargées de sentiments intenses et désespérés. LYSBAERER fait dans la haute couture atmosphérique avec le concours de ces riffs lancinants, de cette batterie sans repos, et la cavalcade de la basse. LYSBAERER déplie généreusement… Les six titres de ce premier opus dépassent allègrement les huit minutes. Pas besoin de s’armer de patience bien au contraire. Les breaks fourmillent, montent en épingle puis font des embardées et escamotent ainsi de multiples variations d’émotions.

C’est un album qui se doit d’être écouté à maintes reprises. Son accès se mérite car s’il ne laisse pas indifférent, il peut aussi paraître homogène. Tous les titres sont bons mais aucun de prime abord ne sort du lot. Manquerait-il un riff qui tue, le supplément d’âme tant recherché. Peut-être bien. L’album a quelques hauts et bas, et a tendance à s’essouffler et à essouffler. "Mørkets Afkroge" et "November Sol" n’apportent plus grand chose et limitent leur exploration, le dernier sursaut assez salvateur vient du dernier titre "Stjernernes Hvisken" qui est un petit concentré fâcheux et survitaminé de ce premier album. Et je n’oublie pas de vous citer le titre d’ouverture, "Dråbens Rejse", le plus mélancolique et beau de surcroît. Impérial il plante le décor et donne le ton de la furie des titres à venir.

Groupe en devenir, LYSBAERER a de sacrés atouts et le démontre activement dans ce "I: Som Et Lys I Natten, Må Vi Alle Finde Frelse". Première fresque d’un œuvre totale peut-être en devenir, faites-vous plaisir et prenez de beaux enchainements de gauche-droite dans la tronche en écoutant cet opus bien affiné et qui jouit déjà d’une personnalité bien marquée. Je résiste à lui mettre une note plus avantageuse puisque LYSBAERER en a sous les pieds et devrait le démontrer sur le prochain album. Alors Kraft !! (= force en danois).

Note réelle : 3,5/5.

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   STORM

 
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- Thomas Mascagni (chants, guitare)
- Jamie De La Sencerie (guitare)
- Michael Møller (guitare session)
- Asger Felby Sørensen (basse session)
- Ole Lorenzen (batterie session)


1. Dråbens Rejse
2. Hjertets Forfald
3. Forglem Mig Ej
4. November Sol
5. Mørkets Afkroge
6. Stjernernes Hvisken



             



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