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IHSAHN - Ihsahn (2024)
Par MEFISTO le 7 Juin 2024          Consultée 879 fois

Eh voilà, une autre pointure grand format qui se lance dans l'éponyme. Pas trop inédit le concept, mais quand on s'appelle Ihsahn et qu'on a la chance d'être la référence spirituo-féconde de millions de métalleux, on sait à moitié que ça aura un effet Angus. Comme le bœuf. Et oui, la bébête a écrasé ma carcasse après l'avalement de ce huitième pavé, me faisant ressortir de ma retraite pour la… hum… fucknième fois.

Putain, une carrière… mais une carrière… Et ce panache ? Cette audace artistique à chaque démarrage ! (Je ne parle pas des pochettes, évidemment). Y en a pas des masses qui savent avec doigté remettre le dentifrice dans le tube comme Vegard Sverre Tveitan, 48 ans. C'est lui, le docteur ès mitol aux allures de chirurgien du XIXème siècle. Le défonceur de clichés depuis EMPEROR, le chercheur dénichant toujours des pépites sans se farcir la mine, le bourreau de boulot, l'archer aux antipodes de "Flesh For Fantasy". Le maître nordique du Black Sympho, devenu référence du Metal Prog Extrême pour adultes, « sans nibs ». Ce IHSAHN-là, du haut de son humble grandiloquence, qui a déjà été plus volumineux que sur l'épo' ci-joint, mais qui mâche encore la patate comme personne.

Un de mes cédés préférés ? "Prometheus". Cet album grésillant, pompeux et empestant la cendre immaculée m'a scotché illico, de sorte que je m'attendais à une suite de disco absolument… inconnue. PECCATUM ? Hum… j'aurais pas parié ma vésicule là-d'sus. Y aura fallu attendre plus longtemps pour qu'IHSAHN l'auréolé revienne aux affaires, comme dirait Fredouille, le vieux sac à puces. Notre idole approchait alors la trentaine, avec des foules en liesse derrière lui, droguées au EMPEROR. Cette nostalgie lui aura permis de gagner sa croûte sur scène, pendant qu'il bossait en studio sur son projet solo, moins populaire. Qu'importe, il poursuivait ses expérimentations outrancières si nobles et douces.

Et là, en un claquement de doigt, cette saloperie de longue intro pénible se referme. Les portes de la machine à voyager n'importe quand s'ouvrent sans fumée et vous posez le pied – et l'oreille – sur cette galette de riz et de son 2024. Initiés, baissez vos pantalons, néophytes, montez pavillon !

Festin pour les oreilles attentives ou distraites, vous dis-je ! Du bon vieux Metal pour mûrs et mûres, qui ne plaira pas à toutes les metaltêtes ; trop simple pour le Matheux, trop orchestral pour le Thrasheux, trop séduisant pour le Deatheux et trop intello pour le Blackeux old skull. Trop tout. Sans déborder de graisse comme un pacha. Non, musclé mais contenu, agressif mais poli. IHSAHN.

Comme il est impossible d'effacer les traces de son ADN, Tveitan mélange une fois encore ses racines et influences amalgamées depuis l'époque impérative. Sans être impérial. Il manie tous les instrus, dont le synthé qu'il a toujours bien saisi, et s'est adjoint les services d'un violoniste et de deux drummers dégourdis afin de souffler le lyrisme ensanglanté de ses compos. Le produit de cette équation est une mixture savamment mixée d'envolées romantico-gothiques ("A Taste Of The Ambrosia", le second extrait "The Distance Between Us", les instrus), de baffes tantôt ravageuses, tantôt mélodieuses, construites comme des labyrinthes Prog' (l'excellent premier single "Pilgrimage To Oblivion", "Blood Trails To Love", "Hubris And Blue Devils", "At The Heart Of All Things Broken") de drôles d'hybrides et de pièces aux rythmiques curieuses ("Twice Born", "The Promethean Spark") censées nous faire danser assis, ou debout pour les intimes.

"Ihsahn", bien que serré sur la presque totalité de la couture, s'avère également cinématographique et libéré dans sa livraison. Genre film de série B en noir et blanc, le haut du panier. Pas plus, pas moins. Y a de quoi frissonner en tenant son pop-corn brûlé. Vegard se la joue parfois languissant avec des airs émouvants, qui n'auraient pas détonné dans un classique des années quarante. Ensuite, il contrebalance avec la purée, alors que la pellicule n'a même pas terminé de défiler, pour rappeler aux flemmards sensibles qu'il est avant tout un grand malade avide de déchirures dans l'espace-temps, de lézardes aux ventricules, de bises destructrices. Son haleine claire et éraillée s'empare de notre univers, ploum-ploum en bandoulière, afin de forcer l'agenouillement face à un monde où règnent le chagrin en cuirette et une pestilence propre.

Il en est et en a été ainsi depuis qu'IHSAHN et ses sbires ont entamé leur périple vers les confins de l'excessif, repoussant les bornes jour après semaine. Tel Sisyphe poussant son ampli vers l'inatteignable pinacle, Vegard le Norvégien arrive encore à cracher et gratter des notes pertinentes sans se caricaturer. Ceux qui ont décroché de son zeppelin avec "Prometheus", "Angl" ou "Arktis", s'en foutent, mais bibi ici admire le bonhomme et sa classieuse affection pour l'Art. "Ihsahn" en est une autre jolie manifestation.

Toi le cervidé qui croyait avoir du panache, sauve-toi vite avant qu'IHSAHN le chasseur te transperce le cœur et que ton regard sombre une fois pour toutes dans le flou limbique. Le chasseur quant à lui poursuivra son inlassable exploration musicale jusqu'à son dernier râlement comme un trve iveul inventif.

(*) Cette chronique de merde a été réalisée à partir de la version Metal de l'album, pas l'orchestrale, vous l'aurez deviné.

Indice de violence : (2,5/5).

Podium : (or) "Pilgrimage To Oblivion", (argent) "Hubris And Blue Devils", (bronze) "A Taste Of The Ambrosia" et "At The Heart Of All Things Broken".

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- Ihsahn (chant, guitare, basse, synthé, entre autres)


1. Cervus Venator
2. The Promethean Spark
3. Pilgrimage To Oblivion
4. Twice Born
5. A Taste Of The Ambrosia
6. Anima Extraneae
7. Blood Trails To Love
8. Hubris And Blue Devils
9. The Distance Between Us
10. At The Heart Of All Things Broken
11. Sonata Profana



             



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