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DEATHCORE SYMPHONIQUE  |  E.P

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2024 2 The Poetic Edda
 

- Style : Disembodied Tyrant, Lorna Shore
 

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SYNESTIA - The Poetic Edda (2024)
Par REMISSA le 10 Juin 2024          Consultée 1645 fois

Oh que l'attente fut longue. Après nous avoir teasés depuis plus d'une demi-année avec la moitié de leur EP qui s’est ensuivi d’un silence radio plus qu’inquiétant, la collaboration entre les Deathcores Melo-Sympho de SYNESTIA et Sympho-Tech de DISEMBODIED TYRANT déboule sans prévenir, et comme on pouvait l’escompter, elle vient pour tout anéantir sur son passage.

Isolément, les deux formations nous ont déjà fait preuve de leurs qualités respectives de composition et d’exhausteurs de violence, et "The Poetic Edda", tirant son nom d'un recueil de poèmes islandais du XIIIème siècle concentrant l'essence de la mythologie scandinave (le Codex Regius), vient filtrer le concentré du pur nectar de ce que chacun sait faire de mieux dans son domaine.

Résolument bicéphale, cette brève galette de vingt minutes oppose deux mondes musicaux antagonistes : l'un moderne, tirant savamment parti (à défaut de subtilement) de la technologie pour créer une sauvagerie sans pareille mais tout en maîtrise, et l'autre, nettement plus classique avec des orchestres de cordes frottées et autres clavecins dissonants tout en staccato, venant créer une entité inédite et magistrale, à la fois dramatique et écrasante.
La collaboration des deux duos permet ainsi de sortir un jeu de batterie surhumain avec Gerbrandij dans le coin de DT, la multi-instrumentalisation du magicien Melchior (elle était trop tentante) côté SYNESTIA, et une palette de tessitures vocales hallucinantes entre Mullens et Hokkanen. En termes de domination et d’influence, la frénésie de DISEMBODIED TYRANT prend le dessus, tel un cheval fou dont SYNESTIA tiendrait les rênes d’une main parfois fébrile.

Juxtaposant les violons aux guitares électriques sur les riffs en double piste, l’éponyme est l'illustration parfaite d'une surenchère nous gavant de sucreries sans jamais atteindre de pic glycémique, la participation de Ben Duerr (SHADOW OF INTENT) venant propulser le chant à des niveaux stratosphériques, et assure ainsi l'insondabilité de la profondeur des breakdowns successifs, indubitablement parmi les plus violents et abyssaux du genre.

L'artwork, aussi simple et efficace qu'il est séduisant, nous avait spoilé sur son bandeau latéral l'intitulé des quatre titres, et "Winter" avait piqué ma curiosité, me faisant espérer sans réelle conviction un appel du pied à la quatrième saison d'un certain Antonio Lucio Vivaldi. Mon instinct ne m'avait pourtant pas trompé, car plus qu'un clin d'œil, l'ultime titre de cet EP est une réinterprétation totale du dernier mouvement des "Quatre Saisons" de l'Italien baroque. D'aucuns trouveront la démarche pompeuse, voire blasphématoire, mais au regard de l'excessive popularité de l’"Été" (pour le challenge plus accru qu’il représente à être joué) et de la cohérence avec la thématique nordique, le choix est tout justifié en plus d’être exécuté d'une main de maître.

Le seul reproche, si c'en fut un, est la compacité des quatre morceaux rivaux, en lice d’une joute visant à briguer le titre du plus féroce : tous ont des breakdowns interminables qui représenteront d'autant plus de grain à moudre pour les insipides influenceurs Metal qui feindront l'extase lors d'une prétendue première écoute, et usant donc d’une formule réutilisée à tire-larigot.
Du reste, pour les vrais amateurs, ces longues secondes d’ivresse seront d'une délectation malsaine, à en juger par la crispation de mon faciès, mêlant extase et résignation face à un tel déchaînement, en total anachronisme avec les accords symphoniques en toile de fond tentant d'adoucir, sans succès, ces déferlantes implacables.

Tout en conservant sa singularité, qu’il s’agisse de sa pochette, de sa structure, ou encore de son fignolage, cet Edda Poétique me rappelle plus que furieusement un autre EP : "...And I Return To Nothingness" de LORNA SHORE, et son Will Ramos impérial. La messe est donc dite.

L’an 2024 était déjà porteur de candidats sérieux pour s'inscrire dans un top cinq d’albums comme il est coutumier d’établir, mais je dépérissais de trouver celui qui allait supplanter les autres par son éclat, et c'est désormais, et enfin chose faite.

Morceau préféré : tout, mais s’il ne fallait en choisir qu’un, "I, The Devourer", que je ne vous ai sciemment pas décortiqué afin de vous laisser le plaisir d’une réelle première écoute… Comme je vous envie !

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   (3 chroniques)



- Synestia
- Sam Melchior (instrumentation)
- Rene Gerbrandij (batterie)
- Blake Mullens (chant, guitare, programmation)
- Disembodied Tyrant
- Ville Hokkanen (chant)


1. Death Empress
2. I, The Devourer
3. The Poetic Edda
4. Winter



             



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