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2024 Charcoal Grace
 

- Style : Leprous, CØnstantine
 

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CALIGULA'S HORSE - Charcoal Grace (2024)
Par FREDOUILLE le 27 Avril 2024          Consultée 1300 fois

CALIGULA’S HORSE… un nom qui intrigue ! Le nom de la formation australienne fondée en 2011 a pourtant été choisi par un de ses fondateurs, le chanteur Jim Grey qui a étudié l’histoire ancienne et les langues classiques à l’université. Et ce, en référence à Incitatus le cheval favori de l’Empereur Caligula qui régna sur Rome de 37 à 41 après J.-C.… Pour la petite histoire, Incitatus fut plus qu’un animal pour l’empereur Caligula, puisque ce dernier qui vouait une totale admiration pour son cheval le nomma tout simplement consul ! Acte de mégalomanie, lubie grotesque, caprice absurde… ou tout simplement acte réfléchi de l’empereur pour discréditer les sénateurs et les élites en remettant en question les fondements mêmes du pouvoir et de la loyauté dans l'empire romain ? D’après des sources historiques, cette histoire célèbre ne serait que mythe et/ou exagération…

Exit donc cette parenthèse historique, cela faisait déjà un petit moment que je souhaitais vous parler de CALIGULA’S HORSE, groupe originaire de Brisbane dans le Queensland. Le combo qui existe maintenant depuis plus d’une décennie a retenu toute mon attention dès 2015 avec la publication de "Bloom" et surtout de "In Contact" en 2017 à partir duquel la notoriété du groupe s’est d’ailleurs vue s'agrandir. Véritable figure de proue d’un Metal Progressif racé, classieux et contemporain (qui a dit moderne ?), CALIGULA’S HORSE s’inscrit directement dans la lignée de groupes tels que les Scandinaves de LEPROUS, de CØNSTANTINE ou dans une moindre mesure de CIRCUS MAXIMUS. Nous pourrions également citer les Britanniques de HAKEN. Si le chant clair de Jim Grey, aussi subtil que délicat aide grandement à la comparaison avec les groupes précités, il n’est bien évidemment pas le seul critère de cette affiliation. En effet, à l’instar de ses homologues scandinaves, le travail d’écriture de CALIGULA’S HORSE est particulièrement riche et le résultat, raffiné au plus haut point, ne peut indiscutablement pas laisser indifférent, même si la musique du groupe, et cela est vraiment un ressenti purement personnel, ne me parait pas toujours suffisamment Metal. Et c’est bien là le reproche majeur que je peux faire au groupe !

En ce début d’année 2024, débarque donc le sixième opus de CALIGULA’S HORSE, "Charcoal Grace" et à l’instar de cette pochette fascinante, aussi élégante qu’esthétique, ce disque est tout simplement d’une beauté infinie, d’une classe rare et d’une finesse et pureté rarement égalées. Et point positif pour le coup, il me semble que CALIGULA’S HORSE n’a justement, jamais sonné aussi Metal, fort d’une production pour le moins excellente, le guitariste et second fondateur du groupe, Sam Vallen ayant effectué ici un travail absolument remarquable. Le son figurant sur "Charcoal Grace" est pachydermique et d’une clarté sans nom mettant aussi bien en avant des guitares parfois très massives, parfois saturées ("Charcoal Grace IV : Give Me Hell") que des rythmiques plombées (comme sur l’excellent "Golem" et ses touches Djent) avec la mise en exergue d’une batterie puissante et précise, même si je vous le concède les ambiances, d’une légèreté souvent exquise, d’une volupté particulièrement insolente sont encore légion sur "Charcoal Grace" (le planant "Sails" où l’humeur est assurément à l’apaisement). Mais l’équilibre entre finesse et puissance est me semble-t-il judicieusement trouvé cette fois par les Australiens, ce qui n’était pas encore tout à fait le cas sur "Bloom" et sur "In Contact". Je ne me prononcerai pas concernant "Rise Radiant" (2020) que je ne connais que trop superficiellement.

Avec talent, CALIGULA’S HORSE déroule ici en effet et avec une précision chirurgicale son Metal Progressif étincelant et flamboyant, lequel nous émerveille plus d’une heure durant, où de très longues compositions à tiroirs (cf. 12 minutes pour le somptueux "Mute", 10 minutes pour "The World Breathes With Me", les 24 minutes de "Charcoal Grace" mais qui s’articule en quatre parties bien distinctes) côtoient quelques morceaux plus courts, parfois percutants (pour ne pas dire agressifs,… tout est relatif cela dit) comme l’illustre si bien ce "Golem" aux riffs tranchants et à la rythmique pour le moins complexe, composition presque moderne avec des phrasés vocaux pour le moins surprenants alors que les coups de boutoirs du très Prog’ "Charcoal Grace IV : Give Me Hell" n’ont rien à envier à un PAIN OF SALVATION période "The Perfect Element". Si les morceaux de ce type représentant le visage plus Metal du groupe tendent à nous faire plaisir, on reste néanmoins et avant tout subjugués par les longues compositions que sont "The World Breathes With Me" qui donne le coup d’envoi et "Mute" qui clôture avec grand brio ce disque de haute facture. Il s’agit incontestablement des deux pièces maitresses du disque (les plus réussies aussi) auxquelles j’ajouterai sans contestation possible le très puissant "Golem".

CALIGULA’S HORSE a réalisé là un travail d’écriture absolument remarquable tant ces deux compositions, d’une grande richesse mélodique sont parfaitement amenées et construites. Elles combinent avec beaucoup de fluidité et d’harmonie les passages musclés, saccades rythmiques (rythmiques souvent syncopées), soli virtuoses et expressifs, et moments nettement plus éthérés. Des atmosphères subtiles et délicates, parfois mélancoliques (sur "Mute" notamment) y sont en effet déployées avec beaucoup d’intelligence, de finesse et d’une pureté tout à fait exceptionnelle. Le chant divin de Jim Grey (quelles belles harmonies vocales !) renforce bien évidemment cette sensation de légèreté et de netteté quand il ne s’agit pas d’une ligne mélodique et sublime jouée à la flûte ("Mute"). C’est réellement beau et très rarement ennuyant.

De la même façon, les 24 minutes de "Charcoal Grace" (et ses quatre parties) passent comme une lettre à la poste et affichent des tonalités similaires même si plus calmes globalement (certains passages pour le coup sont même assez lents cf. l’acoustique "Charcoal Grace III : Vigil") et en deçà qualitativement des deux longues compositions citées plus haut. Il s’y passe effectivement moins de choses, c'est un tantinet plus conventionnel (Part II et III) et quelques passages paraissent aussi et parfois moins évidents, moins accessibles et plus difficiles à assimiler. Je pense notamment à "Charcoal Grace I : Prey" et ses rythmiques syncopées qui pourraient même rappeler par endroits les Américains de DREAM THEATER (période "Images & Words"), titre qui peut un tantinet désarçonner l’auditeur malgré une nouvelle fois de belles ambiances avec beaucoup de relief et de contrastes saisissants (jolis arrangements avec des claviers/samples en fond), de la mélodie, quelques jolis solos tout en virtuosité et des phrasés vocaux presque susurrés/murmurés par endroits (c'est aussi le cas sur la partie II : "A World Without"). Quoiqu’il en soit, je me suis quand même délecté des multiples moments d’accalmie ("Charcoal Grace I : Prey"), de douceur parfois accompagnés d’une guitare acoustique ("Charcoal Grace II : A World Without", le tristounet "Charcoal Grace III : Vigil"), et des passages mélodieux du plus bel effet (sur le puissant "Charcoal Grace IV : Give Me Hell" notamment) lesquels s’entrecroisent avec des tonalités plus lourdes (ça frappe littéralement fort coté batterie), plus torturées avec des colorations aussi plus sombres. Il va sans dire que le chant de Jim Grey tout en délicatesse sied à merveille pour ces différents moments paisibles et atmosphériques.

A l’exception d’une petite baisse de régime au 3/4 de l’album où le calme prend nettement le dessus - trop en fait !- (je pense à l’enchainement du planant "Sails" et du assez conventionnel "The Stormchaser"), avant que les choses sérieuses ne reprennent avec "Mute", j’ai comme l’impression que CALIGULA’S HORSE vient quand même de nous délivrer son meilleur enregistrement à ce jour. Sachez tout de même pour les novices, que la musique des Australiens assez moderne mine de rien n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. Cette musique d’une beauté irrésistible, reste quand même assez complexe (attention ce n'est pas non plus du SPIRAL ARCHITECT hein !) et ne s’apprivoise qu’au fil des écoutes. Pour moi, il s'agit là d'un des albums majeurs de Metal Progressif de ce début d’année 2024.

Note réelle : 4/5.

Morceaux préférés : "The World Breathes With Me", "Mute", "Golem" ; "Charcoal Grace IV : Give Me Hell".

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   FREDOUILLE

 
  N/A



- Dale Prinsse (basse)
- Jim Grey (chant)
- Josh Griffin (batterie)
- Sam Vallen (guitares)
- Sophie Willis (flute, clarinette)
- Victoria Taylor (trompette)
- Samuel Andrews (violon)
- Kate Derepas (cello)


1. The World Breathes With Me
2. Golem
- charcoal Grace
3. Prey
4. A World Without
5. Vigil
6. Give Me Hell
7. Sails
8. The Stormchaser
9. Mute



             



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