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EPIC MELODIC DEATH-METAL  |  STUDIO

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2019 Come The Tide
2024 1 A Giant Bound To Fall
 

- Style : Insomnium, Aesmah, Dark Tranquillity, Be'lakor
- Membre : Cancer, Persefone
 

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ETERNAL STORM - A Giant Bound To Fall (2024)
Par WËN le 17 Avril 2024          Consultée 1194 fois

Si j'abordais récemment ma chronique du premier jet d'ETERNAL STORM en me faisant grotesquement passer pour le plus vieux et le plus con des vieux cons, m'appesantissant volontairement sur certains travers du Melodic Death Metal actuel, voire des groupes s'en revendiquant mais sans jamais réellement en jouer ; il fallait surtout y déceler là une très subtile tentative ("ha !") de justement vous mettre en exergue tout le bien que je pensais du premier LP des Espagnols, foutrement épique et inspiré. 2024 s'éveille à peine aux sonorités de guitares claires et voluptueuses, que déjà se ternit la jeune aurore, happée par un blafard et grisailleux voile propre à la musique du combo - encore mise ici en valeur à travers un nouveau visuel habité signé Leoncio Harmr (dont le travail a pu déjà être admiré chez SETH, ISENORDAL ou ARS MORIENDI) - déjà avide de présenter son second acte.

Et la tempête de s'abattre. Violente et inextinguible.

70 minutes à se faire pilonner la quille d'un Death Metal acéré, à se prendre en pleine tronche ses cinglantes bourrasques mélodiques et ses leads vivifiantes de vélocité, alternées à quelques accalmies de bon aloi propres à s'interroger sur ce qui vient de nous arriver, avant d'apprécier la prochaine brasse en approche ! Le tableau, vous semblez le connaître et à juste raison car, à peu de choses près, les filets du groupe sont tissés du même chanvre que ceux lancés au large sur "Come The Tide" il y a quatre ans maintenant. Et appliqué qu'il est à ainsi draguer le fond, sa trame d'époque y est sensiblement reproduite ici (la pièce épique d'ouverture, les titres massifs à rebondissements, l'instrumental de mi-album, etc.).

N'empêche, c'est avec une attente non feinte et même un certain plaisir qu'on se surprend à écarter les bras pour se recevoir une nouvelle rasade de ses lames amères. Car nous l'avions déjà souligné précédemment, ETERNAL STORM connait et maitrise très bien son sujet au moment de balancer un Death Metal mélodique, incisif et épique dans ses moindres envolées, profitant de la longueur relative de ses compositions (trois dépassent les neuf minutes) pour laisser une belle place aux guitares et aux effets de bord qu'elles ne manquent ainsi d'engendrer. À ce titre, du haut de ses treize minutes, l'introductif "An Abyss Of Unreason", accrocheur et rudement bien gaulé, est en charge de prouver tout le savoir-faire (exemple : "poutrer la gueule") et le savoir-être (exemple : "respecter les auditeurs les plus exigeants") des Madrilènes à qui, moi le premier, oserait mettre en doute la faculté des plus fervents pratiquants d'un style à savoir l'affranchir de ses propres travers.

Le riffing, athlétique, est très soutenu et, sous-jacent aux couches de prod qui nimbent les guitares, on le devine très actuel aux encolures. Et l'incessant tapis de batterie déroulé sur certains morceaux ("The Void", "An Abyss Of Unreason") tend à confirmer cet état de fait, la formule du combo se mouvant sur une partie des titres vers une mixture à rapprocher davantage d'un Prog/Death moderne que du 'simple' Melodic Death Metal de ses débuts, même si la plupart de ses mélodies finement ciselées le laissent encore indéniablement ancré dans ce registre (ces "Last Refuge" et "Lone Tree Domain", quelles tueries). Pour le moment en tout cas. Ainsi, un petit côté du PERSEFONE des origines en viendrait à se dégager (cf. "An Abyss Of Unreason", "There Was A Wall" et sa splendide intro), et à l'heure ou le guitariste Daniel R. Flys vient justement de rejoindre les Andorrans derrière le micro, je ne suis pas sûr que cela soit dû à un quelconque hasard. Question d'affinités, dirons-nous. D'ailleurs, cette assertion est peut-être encore renforcée par l'abondance de ponts contemplatifs tissés de claviers… et de voix claires, bien plus présentes (mais genre, vraiment) que sur l'opus précédent, mais toujours à propos dans leur placement et d'une indéniable qualité. Ce qui permet d'encore renforcer le décalage vents furieux/accalmies planantes agitant la partition des Espagnols.

Justement, parlons-en des parties vocales. Daniel 'Kheryon' Jimeno parti vers de nouveaux horizons (on le retrouve en simple guest sur "Last Refuge"), ce sont les membres subsistants qui se partagent ici le micro, et veuillez bien croire qu'ils excellent tous à ce jeu. Le niveau est assez bluffant. Tout comme sur son LP précédent, le groupe profite d'ailleurs de son large carnet d'adresses pour se payer quelques guests de luxe (messieurs Dan Swanö (EDGE & COMPAGNIE) et Sven De Caluwé (ABORTED) en tête, ainsi que des membres de WHITE STONES et de PERSEFONE… ah, encore eux). En découle bien des approches, alternant entre growls caverneux, screams puissants (Sven, là) et chœurs clairs, forcément très variées mais qui, si elles donnent beaucoup de couleurs à l'ensemble, peuvent encore retirer à l'auditeur une amarre à laquelle se raccrocher au sein d'un album déjà bien tumultueux. Mais en vrai rassurez-vous, vous n'aurez qu'à vous laisser porter. Plus généralement, il est aussi à noter qu'ETERNAL STORM s'est totalement émancipé des principales influences décelées sur le premier album, même si un pont peut toujours être établi avec ce que sait nous proposer AESMAH par chez nous ("A Dim Illusion", "A Giant Bound To Fall", ou sur certains effets de prod' planqués ci et là), mais cela demeure essentiellement dû à la pratique d'un style similaire plutôt qu'à de quelconques clins d'œil.

Pour le reste la formation nous prouve - prenez-en de la graine, les collègues - qu'avec ce qu'il faut d'abnégation et de talent à insuffler dans son art, il devient alors plus commode de faire apprécier sa formule au plus grand monde, sans autre artifice que l'honnêteté. Pour peu que cela soit fait avec passion, il n'y a pas de secret. Chaque titre possède ici SA mélodie qui change la donne, SON solo qui surnage, lui conférant SON moment de grâce, nous projetant ainsi dans l'œil du cyclone, où plus rien n'a prise et où seules subsistent les guitares, enivrantes. Retenez "Last Refuge" (ses tempi furieux, l'osmose entre les différents types de chant), "A Dim Illusion" (sa basse d'intro, les leads entrecroisées aux forts relents salés) : la flotte est puissante en lui. Seule, à la rigueur "The Sleepers" sonne un peu plus plan-plan à mes oreilles (peut être le titre de trop). Si personnellement, ma préférence restera d'un chouïa centrée sur "Come The Tide" (sans doute pour sa dévotion à un Death Metal mélodique plus ciblé sur les 90s), ce cinglant "A Giant Bound To Fall" ne s'avèrera cependant jamais déméritant. Larguez les amarres !

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- Daniel R. Flys (chant, guitare, basse, claviers)
- Jaime Torres (guitare, basse, claviers, chant secondaire)
- Daniel Maganto (basse, guitare, claviers, chant secondaire)
- Gabriel Valcázar (invité - batterie)
- Sven De Caluwé (invité - chant #2)
- Kheryon (invité - chant #4)
- Eloi Boucherie (invité - chant #6)
- Dan Swanö (invité - chant #8)
- Sergi Bobby Verdeguer (invité - chant #9)
- Paul R. Flys (invité - violon #4)


1. An Abyss Of Unreason
2. A Dim Illusion
3. There Was A Wall
4. Last Refuge
5. Eclipse (instrumental)
6. Lone Tree Domain
7. The Sleepers
8. The Void
9. A Giant Bound To Fall



             



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