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HARD BLUES  |  STUDIO

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1984 We Want Moore
1987 Wild Frontier
1995 Blues For Greeny
2001 Back To The Blues
2006 One Night In Dublin
 

- Style : Rory Gallagher, Jeff Beck, Smith/kotzen, Tyler Bryant & The Shakedown, Inglorious
- Membre : Wishbone Ash, Gogmagog, Trapeze, Axel Rudi Pell, Black Country Communion, Deep Purple, Glenn Hughes, Snakecharmer, Uriah Heep
- Style + Membre : Michael Schenker, Rainbow, Wild Horses, Bbm, G-force, Victory, Ufo, Thin Lizzy
 

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Gary MOORE - Power Of The Blues (2004)
Par JEFF KANJI le 13 Mai 2024          Consultée 360 fois

Certaines choses ne changent décidément pas. Gary a visiblement toujours un peu la bougeotte, quand bien même il se ramasse dès qu'il tente autre chose que du Hard Rock ou du Blues. Dernier exemple en date, le projet SCARS, né de sa relation avec Cass Lewis (bassiste d'un SKUNK ANANSIE alors en sommeil), qui n'a pas franchement soulevé les foules, quand bien même le regain d'intérêt généré par "Back To The Blues" et la carrière de guitar hero de Gary lui a donné un statut de légende vivante. Sans doute pas pour rien que le "Live At Monsters Of Rock" ait eu autant de succès.

Mais c'est davantage la façon dont Gary gère sa carrière qui a une conséquence sur sa popularité. En effet, ayant clamé dès sa conversion au Blues que le Hard Rock c'était terminé, il acceptait de participer en 2003 à la tournée des Monsters Of Rock avec WHITESNAKE, et avait alors du mal à assumer la contradiction en interview. Mais elle résume un peu l'échec du projet SCARS, Gary MOORE tournant de nouveau sous son propre nom dans le cadre de cette tournée.

Temps de retourner au Blues donc ? Il était déjà encore présent sur "Scars", échec pour Gary de monter un power-trio à la Hendrix en mixant les influences modernes que ses fils commençaient alors à lui ramener aux oreilles. Ne sachant plus vraiment comment faire évoluer sa musique et la faire coller aux tendances, il va se faire puriste, et ce de plus en plus. Mais commençons par "Power Of The Blues", qui assure en fait la continuité de "Back To The Blues" dans un registre similaire quoiqu'un peu puissant. Comme son titre l'indique, l'idée est d'enregistrer une musique sans fioriture et pour cela, les prises live, qui avaient eu la part belle sur "Scars" sont privilégiées.

Ce qui marque le plus, c'est ce son très puissant, qui confirme le retour aux fondamentaux de "Back To The Blues", avec la production live et très claire de Chris Tsangarides. Le trio à l'œuvre est une machine de guerre, alimentée par la locomotive Darrin Mooney devenu en quelques années indispensable à la musique de Gary MOORE, et porté par un Gary franchement remonté mais au jeu très juste, sans conteste son meilleur album depuis sa conversion au Blues. Mais l'ossature ultra solide, on la doit à un revenant, Bob Daisley, qui s'est fait remarquer l'année précédente avec LIVING LOUD en ressuscitant la section rythmique de "Blizzard Of Ozz".

Il y a une énergie Rock nerveuse qui n'a pour égal que la sérénité qui se dégage des titres les plus sentis et intimistes. Et tant dans le choix des reprises (seulement trois, confirmant la tendance de "Back To The Blues"), que des titres originaux. Le trio Moore/Daisley/Mooney cartonne avec "Power Of The Blues" où le trio joue avec les codes du style pour provoquer l'étincelle qui fait décoller cet album d'entrée de jeu, et se fait pur, cosy, pour la ballade "Torn Inside", avec un chant dépouillé d'effets, et une dernière complainte de Greeny entre les mains de Gary.

Sur cet album marqué par le son Gibson, Gary sort pour la dernière fois sur disque sa légendaire Les Paul. Il ne le savait pas encore à l'époque, même s'il l'avait déjà troquée depuis longtemps pour Stripe, son autre Les Paul '59 qui a notamment chanté les mélodies inoubliables de "Still Got The Blues". Et voilà pourquoi : "Power Of The Blues" est très bien reçu par les critiques et les plans de tournée en cours permettraient sans aucun doute de restaurer la popularité de Gary MOORE auprès d'un public plus large.

Mais voilà, hypocondriaque de nature, et toujours inquiet de la santé de ses mains (normal pour un guitariste de cette trempe), Gary soigne une douleur qui le gêne par une piqûre de stéroïdes, puis part quelques jours récupérer chez des amis, où il se fait légèrement mordre par leur chien. Et la blessure s'infecte et laisse Gary dans l'incapacité totale de jouer… La tournée est donc annulée et "Power Of The Blues" ne sera pas défendu, même pas à Montreux, où Gary devait revenir triompher. L'assurance estimant que la main de Gary était compromise avant la tournée ne paye pas, et il se retrouve avec une dette massive sur le dos. Et la carrière en dents de scie des dix dernières années ne permet hélas pas d'absorber ce surcoût imprévu. Et c'est la vente de la légendaire Greeny qui va permettre à Gary de rester à flot.

La dernière partie de carrière de Gary sera profondément marquée par cette perte, qu'il compensera en privilégiant les concerts à toute autre forme d'exercice de son art, l'entraînant une nouvelle fois dans une période sombre où il finira par sombrer corps et biens. Mais s'il y a bien quelque chose qui subsistera de "Power Of The Blues", c'est cette certitude de savoir quel artiste le Loner est, et cela il ne le remettra plus en question, même si la nostalgie de son Celtic Rock finira par le titiller, comme ses futurs et derniers albums en témoigneront.

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   JEFF KANJI

 
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- Gary Moore (chant, guitare)
- Bob Daisley (basse)
- Jim Watson (claviers sur 2,5,9)
- Darrin Mooney (batterie)


1. Power Of The Blues
2. There's A Hole
3. Tell Me Woman
4. I Can't Quit You Baby (cover Otis Rush)
5. That's Why I Play The Blues
6. Evil (cover Howlin' Wolf)
7. Getaway Blues
8. Memory Pain (cover Percy Mayfield)
9. Can't Find My Baby
10. Torn Inside



             



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