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MOTÖRHEAD - Overnight Sensation (1996)
Par DARK BEAGLE le 29 Octobre 2025          Consultée 1451 fois

Alors que Würzel a quitté le groupe, le trio restant (Phil Campbell, Mikkey Dee et bien entendu Lemmy) ne perd pas trop de temps à finasser et retourne rapidement en studio pour donner une suite au très bon "Sacrifice". Pas le temps de chercher un remplaçant, la fenêtre d'enregistrement est courte et "Overnight Sensation" sera un disque enregistré dans l'urgence. MOTÖRHEAD redevient un power trio, chose qui ne fut plus le cas depuis "Another Perfect Day" en 1983 et d'aucuns diront que la formation rentre dans sa configuration idéale ! guitare/basse/batterie, au singulier, la base du Rock'N'Roll. À la sortie de cet album, ce fut un véritable tsunami. Pas au niveau des ventes, mais parce que la pochette ne présente pas de Snaggletooth, mais une photo du groupe, toute simple, mais avec un détail qui a son importance : Lemmy a rasé ses moustaches de bandit mexicain, ce qui lui confère, à l'instar de ses collègues, une sacré tête de pine, si je puis me permettre. J'en connais qui sont passés à côté de ce disque pour ce foutu détail. J'vous jure… Des claques se perdent.

Oui, des claques se perdent parce que ce disque est une petite merveille. Ok, la pochette est bien naze. Elle ne dégage rien, contrairement à celle de "Ace Of Spades" qui nous présentait Clarke, Taylor et Lemmy en pistoleros, chacun ayant emprunté son style à un cowboy de western en particulier. Même le titre de l'album laisse vaguement songeur. On place le disque sur la platine et là, nous sommes cueillis à sec. MOTÖRHEAD ne fait même pas semblant de proposer la moindre once d'une intro, ça rappe les oreilles directement avec un "Civil War" qui est dans la droite lignée de "Sacrifice". Là, on se dit : " ok, on va avoir droit à un essai comme le précédent, un peu bas du front et survitaminé qui prouve que les mecs de cinquante piges sont toujours capables d'envoyer du lourd. Sauf que "Overnight Sensation" est un album étonnant de la part de MOTÖRHEAD, foncièrement Heavy, mais varié dans le propos et surtout, osant des choses qui paraissent tellement incongrues qu'elles fonctionnent. En deux mots : les gars se subliment. Bon, ok, ça fait plus de deux mots, mais vous aurez compris l'idée.

Déjà, la production est mieux maîtrisée ici. Howard Benson redonne à la basse une place plus centrale quand "Sacrifice" était nettement plus axé guitares. On appréciera donc plus le son ici, qui donne entière satisfaction sur les passages les plus agressifs, mais qui surtout permet au groupe de s'exprimer plus facilement quand il s'essaye sur un mid tempo. On peut donc entendre distinctement des lignes de guitare acoustiques qui se superposent à l'électrique, ou un harmonica qui s'incruste pour gonfler l'aspect Rock'N'Roll de "Crazy Like A Fox" par exemple. Avec ce titre, qui succède à "Civil War", nous sommes déjà dans une autre ambiance. Cela reste abrasif, mais Campbell se fend de plusieurs petits soli très Rock'N'Roll quand Dee tente de proposer un pattern plus groovy que d'habitude. Enfin, cela s'entend toujours qu'il est avant tout un batteur de Heavy Metal, mais sur ce disque cela fonctionne très bien car il s'abstient de se lancer dans un bourrinage compulsif comme il le fera parfois quelques années plus tard.

Nous passons donc par plusieurs ambiances, bien délimitées. Chaque morceau a sa personnalité. On va avoir du Punk bête et méchant (les paroles sont volontairement ridicules) avec "Eat The Gun", une espèce de ballade en fin d'album ("Listen To Your Heart"), des choses plus menaçantes ("Them Not Me" et surtout "Murder Show" qui se veut d'une efficacité redoutable). Cela reste rapide, la contrepartie mid tempo est bien présente, mais c'est au travers deux compositions vraiment à part que MOTÖRHEAD nous laisse sur le cul : "Shake The World" et "I Don't Believe A Word". La première joue sur une ambiance oppressante, écrasante, tout en restant mélodique. La basse est bien mise en avant, il se dégage quelque chose de lugubre, qui fait mouche. Lemmy semble comme possédé derrière le micro. Personnellement, j'adore, c'est pile là où l'on n'attend pas le groupe, mais "I Don't Believe A Word" va encore plus loin.

Là, nous sommes vraiment face à titre étonnant. Tout va reposer sur une mélodie soutenue, qui monte crescendo avec Lemmy, qui commence à chanter d'une voix posée, claire, sans forcer. Comme quoi, il savait se faire suave et crooner quand il le fallait. Parfois j'y vois un clin d'oeil à Phil Lynott, son ami disparu dix ans plus tôt, même si je ne peux en être absolument certain. Et sur ce disque, les musiciens semblent beaucoup s'amuser à brouiller les pistes, à s'engager dans une direction pour nous surprendre au détour d'un solo avec une guitare acoustique ("Overnight Sensation", excellent mid tempo au demeurant). Mais surtout, même en jouant son style le plus basique ("Broken"), MOTÖRHEAD ne sonne pas daté en cette année 1996, et il se respecte totalement en revenant à ce qui est l'essence même du groupe : une absence de compromission totale, la bande à Lemmy joue ce qu'elle veut et comme elle l'entend.

Alors certes, les années 90 furent très mouvantes pour la formation : elle se voulait plus expérimentale ("1916"), plus mélodique ("March Ör Die"), plus conventionnel ("Bastards") et Heavy Rock en puissance ("Sacrifice"). De quoi donner le tournis à ceux qui prétendent que MOTÖRHEAD joue toujours la même chose et que peu ou prou, c'est à l'oreille qu'on finit par dire si c'est bien ou non. Non, le groupe s'est donné une marge de progression, il a tenté des choses, testé d'autres, avec plus ou moins de réussite, il a refusé de stagner. "Overnight Sensation" semble faire le bilan de cette première moitié de décennie compliquée, où les cartes du Metal ont été complètement rabattues par METALLICA, NIRVANA, RAGE AGAINST THE MACHINE et consorts. Mais MOTÖRHEAD est toujours présent, prêt à en découdre. Certaines choses sont immuables, jusqu'à la fin.

"Overnight Sensation" est l'une des pierres angulaires du groupe à plus d'un titre (il y en a onze, ça tombe bien. Ok, je sors, inutile de me présenter la sortie…). Il est l'album du retour de la formation au power trio, ce qu'elle restera jusqu'à ce fatidique 28 décembre 2015 où Lemmy aura décidé de tester la formule duo. Il est également très varié, pour ne pas dire aventureux, il sort de certains sentiers battus pour présenter de nouvelles cordes à un arc déjà bien fourni mine de rien. Parce qu'il est peut-être le dernier album de MOTÖRHEAD à entrer dans la catégorie des " mélodiques ", avant que l'institution ne commence à bourriner un peu trop systématiquement. Aussi parce qu'il s'agit du meilleur album depuis "1916", et en allant plus loin, depuis "Ace Of Spades", dans un genre différent, avec une maîtrise différente, une spontanéité moindre. Il en aura fallu des galères pour en arriver là…

Morceaux préférés : "Civil War", "Crazy Like A Fox", "I Don't Believe A Word", "Murder Show", "Shake The World".

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- Lemmy Kilmister (chant, basse)
- Phil Campbell (guitare)
- Mikkey Dee (batterie)


1. Civil War
2. Crazy Like A Fox
3. I Don’t Believe A Word
4. Eat The Gun
5. Overnight Sensation
6. Love Can’t Buy Your Money
7. Broken
8. Them Not Me
9. Murder Show
10. Shake The World
11. Listen To Your Heart


             



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