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- Membre : Alice Cooper, Blue Coupe

Dennis DUNAWAY - Bones From The Yard (2006)
Par ALANKAZAME le 27 Décembre 2011          Consultée 2117 fois

Dennis DUNAWAY, c’est l’ancien bassiste d’Alice COOPER, le tout premier, celui du groupe originel. C’est un mec qui a brillamment secondé le parrain du Shock Rock pendant ses plus belles années. C’est un mec qui a coécrit plusieurs hits, comme "Eighteen" et "School’s Out". C’est aussi un bassiste de qualité dont le talent a contribué à façonner le son du Alice COOPER des années 70.

Comme le savez maintenant à peu près tous, je suis un gros fan du COOP’. Je pouvais donc difficilement passer à côté de cet album. "Bones From The Yard" est le premier album solo de Dennis DUNAWAY. Vieillissant mais toujours fringant, le vieux briscard de la quatre-cordes a accouché d’un disque bien consistant d’une durée de 52 minutes. Bien que réalisé de manière très professionnelle, "Bones From The Yard" n’a jamais été commercialisé sur support physique, manque de moyens oblige (les royalties touchées grâce à la vente des vieux hits d’Alice COOPER ne suffisant apparemment pas à douiller comme il se doit pour ce genre de choses). L’album est en vente en MP3 sur Amazon et Itunes, moyennant une poignée de dollars… Et j’espère bien, par cette chronique, vous convaincre de jeter une oreille dessus.

Comme expliqué au début de cette chronique, DUNAWAY, pendant son heure de gloire, était loin d’être un simple musicien de studio. Il a sa personnalité, son style, sa propre façon d’interpréter, ce qui est bon dans la musique. Il a activement contribué, par ses compositions et son jeu de basse, à perfectionner l’univers sonore d’Alice COOPER. Son album est donc logiquement orienté Hard Rock, influencé par les 70’s et peu avare en ambiances malsaines et en sonorités assez cheloues. Pour parvenir à ses fins, Dennis s’est entouré pour l’occasion du guitariste Rick Tedesco, du batteur Russ Wilson et du chanteur et claviériste Ed Burns, ainsi que d’une pléthore d’invités apparaissant subrepticement tout au long de l’album à des postes divers, parmi lesquels ont peut citer Ian Hunter, Joe Bouchard (ex-BLUE OYSTER CULT) ou encore le fameux trompettiste néozélandais John da Silva…

Le titre d’ouverture, "Kandahar", est un sacré morceau. Avec son gros riff et ses couplets inquiétants façon calme avant la tempête, il plante le décor de façon magistrale. C’est sombre, lourd, presque oppressant (pas étonnant quand on imagine le thème abordé par les paroles), dans un style très typé 70’s. Première surprise, le son est très bon, d’une qualité surprenante pour un album réalisé avec aussi peu de moyens. Deuxième surprise, la performance vocale est excellente ! Le chant manque de classe, mais on sent qu'Ed Burns s’en est donné à cœur joie, ses gueulantes renforçant le côté un peu crado et anachronique de l’album et nous renvoie souvent aux délires d’Alice COOPER.

Après cette mise en jambe enthousiasmante de plus de 6 minutes, l’album s’inscrit dans une démarche plus décontractée et traditionnelle. "Me And My Boys" augmente la cadence et troque le ton grave pour quelque chose de plus décontracté, de plus rigolo. On se délecte de ces sonorités qui ont fait la popularité d’Alice COOPER et de groupes comme AEROSMITH ou THE WHO dans les années 70. On se retrouve même parfois du côté des 60’s, avec un titre comme "Little Kid (With A Big Big Gun)", sa basse ronronnante et son piano vintage tonitruants que l’on doit, bien entendu, à Ian Hunter. "Bones From The Yard" ne manque pas d’arguments, des morceaux bien rock’n’roll comme "New Generation" et "Stalker" (très beaux couplets ascendants) succédant à des choses nettement moins évidentes, comme la guitare acoustique grinçante sur les couplets "Man Is A Beast" ou les sonorités bluesy de "Red Room" (titre sur lequel c’est DUNAWAY himself qui chante), morceau à nouveau inquiétant et imposant une ambiance malsaine et oppressante.

L’album peut donc se prévaloir d’une certaine variété, mais aussi d’une grande solidité : les titres sont très bien écrits, franchement bien foutus, et le niveau technique des musiciens a de quoi faire des envieux. DUNAWAY défend son statut de bassiste culte en rendant son instrument omniprésent et totalement indépendant, loin de se résumer à un accompagnement de la guitare ou à une simple contribution à l’édification de sessions rythmiques efficaces. Son style roublard sur les couplets du très Heavy "On The Mountain" est grisant au possible. "Bones From The Yard" est un album homogène et cohérent, qui sait varier les plaisirs tout en se conformant à une ligne artistique rigoureuse. On a finalement l’impression d’avoir affaire à un album sérieux et complexe, qui nécessitera peut-être plusieurs écoutes avant de pouvoir être jugé à sa juste valeur. Des pistes très classiques comme ce "Needle In The Red" tout en demi-mesure, sont de véritables morceaux de bravoure, côtoyant sans peine des trucs complètements WTF à la "Satan's Sister", qui n’auraient pas dépareillé sur les skeuds les plus chelous d’Alice COOPER.

Je me demande vraiment pourquoi un album d’une telle qualité n’a plus concentré l’attention sur lui, au point d’échouer à se retrouver sur support physique. "Bones From The Yard" n’est pas très impressionnant, mais s’avère assez souvent surprenant. Dennis DUNAWAY a mis en valeur ses talents de compositeur et son goût immodéré pour les trucs bizarres. Son album est vraiment original, mêlant des chansons très diverses dans une ambiance sombre et dérangée, passant sans coup férir de l’humour noir à un ton plus grave. Si le son est typé 70’s et contient son lot de morceaux bien rétro, certaines pistes plus heavy sont dotées de structures complexes et modernes qui donnent lieu à de jolies performances techniques.

Créé de toutes pièces par un éternel homme de l’ombre, "Bones From The Yard" a vraiment été une très bonne surprise pour moi. Cet album, pas forcément évident à cerner, est incontestablement meilleur que la plupart des disques récents d’Alice COOPER. D’ailleurs, l’une des chansons de ce disque sera reprise quelques années plus tard sur l’album "Welcome 2 My Nightmare" du père Furnier : "Subway" sera sublimée en 2011 en "Runaway Train". Dennis DUNAWAY, qui fait preuve d’un surprenant regain d’activité artistique à la fin des années 2000 après des décennies de silence radio, nous montre avec "Bones From The Yard" qu’il en a dans le ventre. En tous cas, j’attends avec impatience son prochain méfait, si tant et si bien que les questions de pognon ne rendent pas cette idée irréalisable.


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NB : n’hésitez pas, également, à écouter l’album "Tornado On The Tracks" du Power-trio BLUE COUPE que Dennis a constitué avec les frères Bouchard (ex-BOC).

Détails sur le line-up :
Le chant est assuré par Ed Burns sur tous les titres, sauf :
- "Red Room", "Satan's Sister" et l'intro de "On the Mountain", chantés par Dennis DUNAWAY.
- "Needle In The Red", "Stalker" et le reste de "On the Mountain", chantés par Rick Tedesco.
Invités :
- Ian Hunter : chœurs sur "Satan's Sister", piano sur "Little Kid (With A Big Gun)", Theramin sur "Subway".
- Joe Bouchard : clochettes sur "Little Kid (With A Big Gun)", Shakers.
- Gary Blu : Saxophone sur "Home Sweet Home".
- John DaSilva : Trompette sur "Home Sweet Home".
- Mike Tedesco : Saxophone sur "Home Sweet Home"
- Jessica Williams : gémissements sur "Red Room".
- Stephanie Tedesco : cris de détresse sur "On The Mountain".

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- Dennis Dunaway (basse, chant)
- Rick Tedesco (guitare, chant, claviers)
- Russ Wilson (batterie)
- Ed Burns (clavier, chœurs)
- Invités Divers


1. Kandahar
2. Me And My Boys
3. Man Is A Beast
4. Red Room
5. Little Kid
6. New Generation
7. Needle In The Red
8. Stalker
9. Satan’s Sister
10. On The Mountain
11. Subway
12. Home Sweet Home



             



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