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DEEP PURPLE - The Battle Rages On (1993)
Par DARK SCHNEIDER le 10 Décembre 2014          Consultée 2612 fois

Le feuilleton DEEP PURPLE continue de plus belle : malgré l’échec commercial de "Slaves And Masters", la tournée promotionnelle fut une réussite indéniable et le groupe s’attelle donc à l’écriture d’un nouvel album, toujours avec Joe Lynn Moumoute au chant. Mais les méchants rapaces de la maison de disques estiment qu’un retour du line-up culte dit Mark II a un potentiel commercial plus fort. Turner est sacrifié, permettant ainsi un retour en grande pompe de tonton Gillan, qui sent là une opportunité immanquable de se venger de sa précédente éjection. Blackmore se retrouve donc couillonné… Mais il est écrit qu’il ne quittera pas le groupe sans un pied de nez.

Ambiance, ambiance pour ce 14ème album. "The Battle Rages On" porte bien son nom. Un titre qui promet d’ailleurs un disque plus Hard, et c’est le cas. L’orientation mélodique et policée de "Slaves And Masters" est mise au placard, et c’est un album nettement plus électrique qui se présente à nous. En vérité, la production n’a plus rien à voir avec celle des trois opus précédents. Beaucoup plus sèche, roots, puissante mais un peu brouillonne aussi parfois, c’est loin d’être une réussite. Là où la guitare de Ritchie se voulait rayonnante sur "Slaves And Masters", ici elle se fait âpre et peu engageante. L’ensemble est un rien étouffé, et le revenant Ian Gillan en pâtit beaucoup. D’autant que sa performance vocale confirme plus que jamais à quel point il a perdu de ses capacités. Manifestement, cet album ne respire pas la joie de vivre…

Pourtant, le titre éponyme d’ouverture est une claque indiscutable : du grand DEEP PURPLE, véhément et hypnotique à la fois. Un riff mémorable, un refrain qui tue, une envie aussi de prouver que le groupe est toujours capable de rugir à cette époque où la plupart des dinosaures sont décriés. Tout aussi marquant est le formidable "Anya" : intro hispanisante, riff en béton armé, orgue majestueux. Un titre énorme et tellement blackmorien : "Stargazer" et "Gates Of Babylon" ne sont pas loin !
Oui, blackmorien… C’est le mot. Car le guitariste, sentant sans doute que le vent allait tourner pour lui, décide cependant d’imprimer sa patte à cet album… En se moquant peut-être un peu du monde ! Car le fameux riff de "The Battle Rages On" il vient d’où ? De "Firedance" bien sûr ! Le riff béton de "Anya" ? "Stranded" bien évidemment. L’enlevé "A Twist In The Tale" ? Oh, encore un rejeton de "Spotlight Kid". Même le médiocre "One’s Man Meat" est une relecture très fade de "Tite Squeeze". On avait accablé Blackmore pour avoir soi-disant travesti PURPLE en RAINBOW sur "Slaves And Masters", le guitariste répond à ses détracteurs en recyclant comme jamais il ne l’avait fait à ce point ses riffs de RAINBOW pour un album de PURPLE. En gros, un bon gros Fuck Off à l’intention de ses détracteurs. Et il faut bien avouer qu’hormis le titre de clôture, cela donne les meilleurs moments de cet album, auxquels on rajoutera l’excellent "Solitaire". Mélancolique et émouvant, avec un Gillan faisant des merveilles dans ce registre touchant, "Solitaire" constitue la seule touche d’originalité de cette galette.

Bien que Blackmore ait donc fait sa tambouille dans de vieux pots, "Anya", "Solitaire" et "The Battle Rages On" sont trois morceaux énormes. Et si "A Twist In The Tale" ne vaut pas "Dead Or Alive" et encore moins "Spotlight Kid", il n’en demeure pas moins efficace à son niveau. Le problème c’est qu’il y a d’autres titres, et là c’est beaucoup moins la fête. Le remplissage y côtoie le mauvais. Que dire du single "Time To Kill" ? Une vilaine redite de "Call Of The Wild", qui ne fonctionne pas du tout ne serait-ce qu’en raison de la production qui ne colle pas à ce titre. "Lick It Up" est quant à lui tout simplement un bouche-trou emmerdant. "Ramschakle Man", gros boogie Hard que n’aurait pas renié un certain Joe Satriani, a ses défenseurs, c’est cependant loin d’être un morceau d’une grande finesse. "Talk About Love" et "Nasty Piece Of Work", sans être désagréables sont inoffensifs. Et l’on a déjà évoqué le très poussif et lourdaud "One Man’s Meat", le machin le plus médiocre pondu par le groupe depuis la reformation de 84. Cette seconde facette de l’album n’est vraiment pas glorieuse et le plombe considérablement. D’autant que l’on ne ressent aucune envie de la part des zicos sur ces bousins sans vie.

Apposer une note à cet opus n’a donc rien d’aisé tant l’ensemble est déséquilibré. Les titres qui n’apportent rien sont majoritaires, mais grâce à la présence de trois morceaux sublimes on aura envie d’écouter régulièrement cet album. Donc faisons un peu preuve d’indulgence…

L’histoire est désormais connue : Blackmore foutra son boxon durant la tournée et quittera le groupe avant de l’avoir achevée. Un départ définitif. Mais logique. On lui a souvent reproché son sale caractère, son ego, etc… Pourtant niveau ego Gillan n’avait rien à lui envier et ce dernier, niveau "crasses" faites à ses zicos il y connaît également un rayon. Sans parler de ses performances live aléatoires. Il était évident que le groupe ne pouvait continuer de fonctionner ainsi, et Blackmore, depuis déjà quelques années, avait évoqué ses envies de musique Renaissance. Il devait donc voir ailleurs, mais pas sans pertes et fracas, on est Rock’N’Roll ou on ne l’est pas !

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- Ian Gillan (chant)
- Ritchie Blackmore (guitare)
- Jon Lord (orgue)
- Roger Glover (basse)
- Ian Paice (batterie)


1. The Battle Rages On
2. Lick It Up
3. Anya
4. Talk About Love
5. Time To Kill
6. Ramshackle Man
7. A Twist In The Tale
8. Nasty Piece Of Work
9. Solitaire
10. One Man's Meat



             



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