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FOO FIGHTERS - Wasting Light (2011)
Par CANARD WC le 16 Mai 2011          Consultée 10503 fois

Quand on cause avec des mélomanes, écouter du Metal entraîne bien souvent un complexe d’infériorité, car on est bien souvent « obligé » de se rendre compte que notre musique ne tient pas la route. Que vaut toute la discographie d’un MARDUK face à un beau solo de Mark KNOPFLER ? A quoi ça rime de vanter le talent de composition de Steve HARRIS face à un amateur de MAHLER ?

Deux poids, deux musiques.

Oui, le Metal est un genre « médiocre ». Sachons-le le reconnaître, quand il le faut. Il ne fait pas le poids face au Classique, aux grands standards du Rock ni même au Jazz sur certains points. Ça n’en reste pas moins notre musique, aussi naze fusse-t-elle. Et c’est précisément parce que l’on sait cela, qu’on peut d’autant mieux défendre nos MANOWAR, SLAYER, CORONER et consorts. Puis bon, dans le fond, ça me dérange pas d’admettre que le Metal se fait enculer sévère par le Classique, vu que n’importe quel bout de VIVALDI renvoie à la niche toute la discographie de RHAPSODY ON ICE.

En revanche, j’ai plus de mal à desserrer les dents face à une autre populace, celle des amateurs de Rock « branchouille », les progueux de merde, les fans d’Electo arty de mon cul et tous les lecteurs des Inrocks and Folk. Ceux là, j’ai envie de leur péter les bras, de leur enfoncer leurs disques de GENTLE GIANT dans le cul, de pisser sur leur collection d’albums de Rock moderne lisse comme le cul d’un bébé. Tous ces fans de COLDPLAY et autres MUSE me sortent pas les yeux, car ils ont bien souvent la prétention de penser que leur soupe se rapproche davantage de la Musique que la notre, nous pauvres amateurs de trucs bruyants. Et je deviens encore plus « agressif » quand ces mêmes amateurs « dans le vent » font semblant de connaître MOTÖRHEAD, s’intéressent à QOTSA ou écoutent vaguement PEARL JAM parce que « finalement c’est pas si mal que ça le Grunge ». Tout le problème avec ces groupes à la lisière du Metal et tous ceux devenus « historiquement » trop gros pour se contenir dans notre sphère comme KISS, les GUNS ou encore NIRVANA.

NIRVANA, parlons-en (*). THE « phénomène » surestimé par excellence, un album qui enfanta des millions de fans de tous bords, symbole de toute une génération perdue dans les yeux du beau Kurt. Typiquement le genre de groupe conjoncturel, respecté on ne sait plus trop pourquoi. Sans doute parce que posséder "Nevermind" dans sa discothèque, ça fait « bien ».

Heureusement qu’il y a les FOO FIGHTERS pour remettre un peu d’ordre dans ce foutoir. Ce groupe fait le « tri » pour nous. Les progueux n’écoutent pas les Foos, les fans d’Electro à deux balles trouvent ça vulgaire et les Inrocks sans intérêt. Parait que Dave GROHL est un batteur limité de toute façon (c’est un fan d’INTERPOL qui m’a sorti ça) (véridique) (si si je vous jure).

Donc non seulement, Dave GROHL est un excellent batteur (il l’a démontré ne serait-ce qu’avec QOTSA), mais en plus c’est un bon compositeur, un excellent gratteux, un leader sympa et un type suffisamment intelligent pour avoir su rebondir après l’ouragan NIRVANA. Capable qu’il fut de faire de ce groupe plus qu’une ligne sur un CV, mais un véritable tremplin pour la crédibilité (soit un véritable tour de force vu la crasse superficialité que draine NIRVANA à lui tout seul). Alternant les projets sympa, sachant s’entourer des musiciens qui comptent (genre Josh HOMME) ; il a fait des FOO FIGHTERS son joujou à lui, un groupe capable de faire du Rock « multi facettes » sans se perdre, réussissant le pari d’être dans l’air du temps ET crédible, avec pile poil le succès qu’il faut, du fric mais pas trop et sans besoin de putasser avec n’importe quel média.

Alors les Foos peuvent se permettre d’être un peu Grunge (héritage naturel), mais pas que. Un peu Pop aussi, Rock bruyant, souvent à la limite du Stoner et de l’Alternatif. On pourrait parler de Hard Rock Alternatif si vous voulez, vu que leur "Wasting Light" est tout cela à la fois. Une bolée de plein de choses qui font plaisir, une virée où le tube se mêle au titre moins évident, où la mélancolie croise sans cesse l’énergie la plus décoiffante. Le groupe trouve un exquis équilibre qui leur permet de passer de l’un à l’autre, de la ballade électrique « parfaite » ("Dear Rosemary") au brulot Heavy façon QOTSA sur "White Limo". Sans que l’on puisse parler de dispersion, sachant donner toujours cette impression que tout ce petit monde s’articule parfaitement.

Une sorte de vinaigrette lie tous ces ingrédients. Elle confère à l’ensemble une richesse insoupçonnée et forcément une durée de vie bien supérieure à n’importe quel album. Seul le talent de composition permet de rendre cette audace possible. Les FOO FIGHTERS ont bossé, réfléchi, composé, trié, trouvé puis élagué. Pas d’autres explications. On devine un travail à l’ancienne, un travail de groupe, en studio, des répétitions. Le boulot d’un vrai collectif dont il est ressorti des idées et une richesse qui rend possible d’avoir sur un même album un titre « pearljamien » comme "These Days" et une ballade émouvante du style "I Should Have Known", un rien seventies ou mieux encore, ce "Back & Forth" (un tube juste impeccable). Résultat des courses : du pari risqué, aucune fausse note, timing parfait (11 titres pour 47 minutes) pour un album qui respire le savoir faire et la maturité.

Précisément, la seule ombre au tableau : cette facilité un peu suspecte qui en découle. Les FOO FIGHTERS la joue tellement à l’aise qu’on finit par regretter une véritable prise de risque, peut être un éclair de génie ou de folie dont le groupe s’est passé. Sans doute parce que la conjugaison du talent naturel avec un travail sérieux suffit à tout faire passer. En définitive, tout le problème des groupes qui maitrisent trop bien leur sujet, au point de faire de ce "Wasting Light" une évidence de l’année 2011, un album fort dont l’excellence va finir par rameuter tous ces pédés de journalistes Rock qui avaient jusque là boudé le groupe. Sans parler de la horde des amateurs de Rock BCBG avec qui il va falloir cohabiter le temps d’un concert.

On en arriverait presque à vouloir que la bande à Dave GROHL soit moins « talentueuse » pour qu’il reste à nous. Et pas à eux.


Note : 4,5/5.


Morceau préféré : "Dear Rosemary".
Morceau moins préféré : "Rope".

Note : tout l’album est très bon, je sais pas ce que vous attendez pour vous jeter dessus, en plus il est sur DEEZER.


(*) Grand prix de la transition du mois de mai 2011.

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   CANARD WC

 
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- Dave Grohl (chanteur et guitare)
- Chris Shiflett (guitare)
- Taylor Hawkins (batteur)
- Nate Mendel (basse)
- Pat Smear (guitare)


1. Bridge Burning
2. Rope
3. Dear Rosemary
4. White Limo
5. Arlandria
6. These Days
7. Back & Forth
8. A Matter Of Time
9. Miss The Misery
10. I Should Have Known
11. Walk



             



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