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RAMMSTEIN - Herzeleid (1995)
Par CANARD WC le 7 Octobre 2009          Consultée 8359 fois

J’avais découvert NIN tout seul comme un grand à la fin de la Terminale. Personne d’autre autour de moi ne connaissait. Cause ou conséquence (peu importe), je ne tarissais pas d’éloges de "The Downward Spiral" et j’arrêtais pas de vendre NIN partout autour de moi. C’était forcément l’un des trucs les plus marquants de tous les temps et Trent REZNOR était un génie, point barre.

Quoi vous connaissez pas Trent REZNOR, bande de nuls ?

Puis, quand j’ai déboulé à Assas avec mes NIN sous le bras, je me suis vite rendu compte que ce groupe était plutôt connu dans les parages et que j’étais assez loin d’avoir découvert une perle si rare que ça. C’était d’ailleurs plus les amateurs de Rock indé/Alternatif qui kiffaient NIN que la petite bande de Hardos locale. En fait, au sein du minuscule clan des Metalheads d’Assas, y avait quand même une petite gothique (un peu boulotte, un peu vilaine) qu’était archi fan de REZNOR. Sympa, la nana. Elle m’a tout de suite fait la pub de RAMMSTEIN et face à mon ignorance, elle m’a refait le même cinéma auquel je me livrais en Terminale :

Quoi tu connais pas RAMMSTEIN ? Le plus grand groupe d’Indus de tous les temps ? Ce sont des génies les mecs !

Alors RAMMSTEIN, ami lecteur qui a encore du lait dans le nez, je peux te dire que fin des années 90, c’était quelque chose. Ça enculait. Ça sur-enculait même. Ce groupe a été à lui seul un micro phénomène, l’espace de quelques années. La planète Metal s’est presque retrouvée obligée d’accueillir cette espèce de monstre venu d’Outre-Rhin, inconnu au bataillon, qui d’un coup a fédéré des pans entiers d’amateurs de Techno, de rockeurs de tout poil, de gothiques et de metalleux. Un public aussi large qu’hétéroclite qui avant RAMMSTEIN, avait peu de chances de se croiser.

Faut dire que RAMMSTEIN avait tout. Un son à eux, tout d’abord. Moderne, surpuissant, dévastateur. "Herzeleid" faisait l’effet d’un rouleau compresseur qui se dandinerait sur des rythmiques techno pour un rendu intransigeant, martial, totalitaire. Puis il y avait ce chanteur, Till. Outre sa puissance vocale (rahhh, ce timbre viril hurlé), ces intonations gutturales - qui rebondissaient sur des lignes de chant en allemand intégral - dégageaient une sorte d’animalité que peu de groupes anglophones ont su afficher. RAMMSTEIN hurle et tabasse, vocifère et martèle dans un tintamarre infernal duquel peine à se faire entendre une petite mélodie, un bout de clavier astucieusement placé.

Il m’a fallu personnellement des semaines pour me remettre du « choc » "Herzeleid". Mes repères s’envolaient au fil des écoutes, étrangement attiré par ce Metal si peu Metal. Pas de solos, pas de froufrous, un sens de la composition unique en son genre avec juste du riff maousse en allemand à tous les étages. A priori, l’équilibre est précaire. Mais RAMMSTEIN tient debout grâce à sa force d’accroche, qui fait que chaque riff, chaque refrain, chaque mélodie vient immédiatement se coller dans votre crâne pour ne jamais en sortir. En une seule écoute d’un "Heirate Mich", d’un "Du Riechst Su Gut" ou d’un "Asche Zu Asche" et c’est terminé, vous ne pourrez oublier de sitôt RAMMSTEIN.

Plongé dans cet univers martial froid comme la banquise, RAMMSTEIN parvient à vous filer un coup de chaud. Que ce soit les paroles (ouvertement libidinales) ou cette décadence qui transpire de chaque bout de décibel, le groupe boxe dans une catégorie nouvelle et balaie d’un revers de basse tous les clichés que le Metal draine depuis des lustres. Pamphlet anti-mariage, éloge de la sodomie, déclaration de haine à la face du monde… RAMMSTEIN évolue dans cette ambiance qui sent l’homosexualité à plein nez, tout en étant terriblement viril.

Quelques mois après la sortie d’"Herzeleid", la France accueillera à bras ouverts "Sehnsucht" et découvrira lors des Eurockéenes de Belfort ce groupe énorme, flamboyant et si « orangemécanicien » au final (remember les séances de sodomie avec les ballons en forme de bites). C’est de ce décalage entre la légèreté du groupe et la terrible lourdeur de leur musique que RAMMSTEIN puisera tout son sens, faisant de ce "Herzeleid" un véritable « cri du cœur » dont on ne peut ressortir indemne.


Note : 4/5


Morceaux préférés du Canard : "Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen", "Asche Zu Asche", "Du Riechst So Gut", "Heirate Mich".

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- Till Lindemann (chant)
- Paul Landers (guitare)
- Richard Kruspe-bernstein (guitare)
- Christian Lorenz (clavier)
- Oliver Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)


1. Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen
2. Der Meister
3. Weisses Fleisch
4. Asche Zu Asche
5. Seemann
6. Du Riechst So Gut
7. Das Alte Leid
8. Heirate Mich
9. Herzeleid
10. Laichzeit
11. Rammstein



             



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