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POWER METAL  |  STUDIO

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- Style + Membre : Blind Guardian, Dark Empire, Persuader, Squealer

SAVAGE CIRCUS - Of Doom And Death (2009)
Par BAST le 19 Avril 2010          Consultée 3297 fois

Thomen Stauch vit de bien tristes moments. Après son départ de BLIND GUARDIAN pour divergences musicales, on l’avait retrouvé en pleine forme à la sortie du premier album de sa nouvelle formation, SAVAGE CIRCUS. Hélas, des problèmes physiques l’ont contraint à déclarer forfait au cours de la tournée qui s’est ensuivie. Après une année complète d’inactivité destinée à le remettre d’aplomb, son retour s’est soldé par un échec ; les problèmes physiques, loin de se résorber, se sont aggravés, rendant impossible toute pratique de la batterie dans un cadre professionnel. C’est donc la mort dans l’âme que SAVAGE CIRCUS, après plusieurs mois de réflexion, a décidé de continuer l’aventure sans lui. Et c’est Mike Terrana - comme souvent quand il s’agit d’intégrer une formation au pied levé - qui occupe désormais le poste laissé vacant.

Que peut bien produire une formation dont la réputation tenait uniquement ou presque à la présence de Thomen, sentiment bien appuyé par l’argumentaire marketing dans la mesure où s’articuler autour d’un gars tout droit venu du gardien aveugle vaut toutes les promos du monde ? D’autant que Thomen tenait en SAVAGE CIRCUS une formation au sein de laquelle il était enfin en mesure de jouer le BLIND GUARDIAN tel qu’il le concevait et non plus celui façonné au fil des ans par Hansi Kürsch et André Olbrich. Une manière de plaire aux fans déçus de BLIND GUARDIAN.
Seulement, SAVAGE CIRCUS n’est pas le bébé monoparental longtemps décrit puisque Piet Sielck (IRON SAVIOR, HELLOWEEN à quelques mois près), Jens Carlsson (PERSUADER) et Emil Norberg (PERSUADER) ont étroitement collaboré à sa conception, aux côtés de Thomen. Une gestation d’abord effectuée dans l’optique d’un side-project puis une naissance accompagnée de la volonté de bâtir autour du nouveau-né une véritable formation dès lors que le succès avantageux du premier album avait laissé entrevoir une suite prometteuse. Le DVD "Live In Atlanta", enregistré lors du "Prog Power Festival" américain et qui figure comme l’un des points d’orgue d’une tournée assez longue entreprise en 2006, en est du reste une preuve éclatante.
Ainsi, avec ou sans Thomen Stauch, SAVAGE CIRCUS devrait être capable de tenir le cap amorcé sur "Dreamland Manor". Sur ce point, je reviendrai plus tard.

Les bons moments ne sont clairement pas avares de leur présence. "Devil’s Spawn", par exemple, propose de très bonnes lignes de chant et un refrain énergique appuyé par des chœurs virils entraînants. En outre, les quelques mélodies au piano lui confèrent un climat oppressant qui donne une profondeur assez intéressante de la part d’un titre parti tambour battant. "Chasing The Rainbow" s’impose comme un titre technique et véloce, avec une intro et des soli assez complexes, des lignes de chant variées et un refrain aéré malgré une production étalée en de multiples couches. "Ballad Of Susan" est une ballade bien agréable où l’on découvre Jens Carlsson sous un jour inhabituel, sa voix se faisant caressante et montrant du reste dans ce registre d’excellentes dispositions. "Legend Of Letto" emprunte son intro à "Imaginations From The Other Side" et son refrain à un album d’IRON SAVIOR (n’importe lequel, ils sont assez similaires pour ne pas avoir besoin d’en citer un). Sur ce morceau, SAVAGE CIRCUS fait preuve d’une certaine audace en alignant des breaks rendant l’enchaînement d’ensemble peu évident à appréhender.

Pour les amateurs de Power Metal puissant, "Of Doom And Death" dispose d’atouts évidents.
Seulement, j’entrevois deux défauts qui le privent d’une bonne portion de l’excellence que les premières écoutes avaient fait entrevoir.
Le premier, je l’ai annoncé quelques lignes plus haut. Après le départ de Thomen, SAVAGE CIRCUS est mené par deux compositeurs à la personnalité affermie, Piet Sielck composant pour IRON SAVIOR et Emil Norberg pour PERSUADER. La formation germano-suédoise en devient étroitement attenante aux deux formations précitées. PERSUADER est palpable sur "Of Doom And Death", par exemple. Et IRON SAVIOR sur "The Ordeal". Avec ce second essai, la patte SAVAGE CIRCUS se trouve amputée de ses appendices jusqu’alors correctement identifiables. A mon sens, il n’y a guère que les soli qui se trouvent constituer un juste prolongement du travail effectué sur "Dreamland Manor" et non comme le terrain de jeu ultra-balisé de Sielck et Norberg ("Devil’s Spawn").
Ensuite, mon second reproche tient dans le rythme soutenu d’un bout à l’autre de l’album. Les trois premiers titres, par exemple (totalisant la bagatelle de vingt minutes mis bout à bout) défilent à une vitesse de dingue où les passages très rapides sont entrecoupés d’autres passages… seulement rapides. Si ce n’était que cela, DRAGONFORCE n’a jamais tué personne, n’est-ce pas ? Seulement, par-dessus un rythme appuyé, martelé, désireux de traverser en un seul coup un chêne centenaire à l’aide d’un clou long de deux mètres, viennent s’étaler de multiples strates sonores débitées puis jetées par une production copieusement grasse. Franchement, "Of Doom And Death" met parfois le cœur au bord des lèvres. Prenons "Empire", par exemple. Son refrain n’est-il pas placé là afin de redonner quelques couleurs à l’auditeur, plus rubicond qu’un marathonien proche de l’apoplexie ? Peut-être bien, sauf qu’il est si épais que ses effets prennent un chemin inverse. Il pousse à la syncope d’être tant garni de rythmiques en rang serré et de guitare hyperactive.
On croirait sentir SAVAGE CIRCUS affairé à mettre ses auditeurs KO le plus rapidement possible. Sur certaines écoutes, il y est parvenu. Heureusement que "Ballad Of Susan" rompt la déferlante sonore à temps.

Dans un registre situé à mi-chemin entre le BLIND GUARDIAN de "Imaginations..." et un PERSUADER très produit, SAVAGE CIRCUS insert un album riche qui devrait ravir les amateurs de rythmiques inépuisables et de mélodies puissantes, pourvu qu’ils disposent d’une endurance au-dessus de la moyenne. Pour ma part, le plaisir fut souvent au rendez-vous mais globalement entaché par un excédent éreintant.

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- Jens Carlsson (chant)
- Emil Norberg (guitare)
- Piet Sielck (guitare)
- Yenz Leonhardt (basse)
- Mike Terrana (batterie)


1. Of Doom And Death
2. The Ordeal
3. Devil's Spawn
4. Chasing The Rainbow
5. Empire
6. Ballad Of Susan
7. Legend Of Leto Ii
8. From The Ashes
9. Dreamland



             



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