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THRASH METAL  |  COMPILATION

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1987 1 R.I.P
1988 1 Punishment For Decadence
1989 2 No More Color
1991 2 Mental Vortex
1993 3 Grin
1995 Coroner
 

- Style : Sadus

CORONER - Coroner (1995)
Par DEADCOM le 7 Février 2010          Consultée 4848 fois

Qui voudrait entendre du CORONER "boom boom" ? Dans cette galette, se trouve l'objet du délit, une création contre nature et néfaste. Le techno-mix du neuvième titre de la troisième perle du Thrash Made in Vetterli (injustement placé en seconde zone) reste une énigme. Tout comme le pourquoi du comment de cette euthanasie préprogrammée.

D'un bleu froid, ces visages familiers deviennent ombre et leurs contours s'estompent peu à peu. Le constat est accablant mais véridique : CORONER est un poissard. Un poissard, certes, mais magicien avant tout. Son talent est immense. Déjà moderne en 89 ("Last Entertainment"), si noir en 91 ("Divine Step") et bien loin (très loin) de tous ces clivages que l'on attribut à la musique Thrash, en 93 (subtil "Serpent Moves").

CORONER est un des seuls à sortir de son cerveau fécond une palanquée de riffs exemplaires, à des lustres d'une bourrine attitude, bien néfaste il faut le dire. Et pourtant, cette mode est devenue extrêmement populaire depuis. KREATOR, mais aussi DESTRUCTION et SODOM, représentaient le haut d'un niveau stylistique voué vers le bas. Les Teutons bastonnent, les Suisses, eux, rayonnent.

Mais ici, la lumière se fait noire.

Pour cela, rentrons en détail sur l'autopsie de ce corps on ne peut plus humain, retrouvé froid comme de la glace un mois de 95, qui vit la naissance de "Demanufacture". A cet instant, un cœur s'est arrêté de battre.

A première vue, le corps est maigre, son alimentation est rudimentaire, voire drastique : on ne décèle que du pain et de l'eau. Car le trio de Zürich n'a jamais goûté au caviar, nourriture riche pour les riches. Par contre, son cerveau est intact et en parfait état et il y a une raison à ça, CORONER est un philosophe, pas un boucher. Les éclats de "Gliding Above While Being Below" y sont aussi pour quelque chose. Cette délicatesse assez sensible est son point fort. Des gosses braillent mais pas méchamment, tout au fond sur "Shifter" où une conversation téléphonique sous l'emprise de la magie des notes peut devenir une scène réellement touchante… Et c'est touchant. Tout en restant ce CORONER subjuguant et glacial que nous connaissons ("The Favorite Game").

Cette boule de neige que l'on se prend derrière la nuque, nous brûle l'épiderme. Mais bon, c'est pour rire. C'est un best-of et les hits sont là (de 87 à 93) et tout le monde s'en fout. Malgré le goût poivré d'un "Der Mussolini" ou la reprise des BEATLES à l'interprétation si juste, si belle, tout comme l'originale. Vraiment dommage. En fait ce "best-of" possède les ruines d'un album mort-né, tout simplement. Sans rentrer dans le syndrome de la connerie made in "Concrete", il faut savoir pourquoi ce groupe en est arrivé là. Mais à quoi bon, tout le monde s'en fout.

Tout le monde s'endort sur ces lignes racontant la triste histoire de ce trio voué à sa propre malédiction. Que Noise ne les a jamais soutenus un seul moment en les reléguant comme des moins que rien, tout en bas d'un catalogue consternant de connerie juvénile (horns up les mecs, hein). Ou alors que le groupe au bord du rouleau avec ses partitions en poche, relance désespérément la machine. Et Noise qui leur promet ce coup-ci, monts et merveilles, comme des enculés de fonctionnaires. Constat de la bouche amère du maître Vetterli devenu fantomatique aujourd'hui.

Néanmoins, le fabuleux trio avait de bien jolis desseins en perspective, un double album, conçu en toute impunité. Dont seulement sept de ses titres figurent maintenant sur ce disque. Et c'est ça qui fait mal au cul parce que la qualité des morceaux est excellente. Il n'y a rien à en dire, c'est excellent, c'est tout. Vous voyez "Grin" l'album ? Bon, alors imaginez vous le même canevas mais en plus développé (les segments de "Golden Cashmere Sleeper" en témoignent) et en plus cristallin aussi, les glaces galactiques résonnent sur "Snow Cristal". Mais non après tout, laissez tomber, c'est idiot. Car tous les regards se porteront sur la singerie de la piste 15 et que cette rondelle restera inerte, fans ou pas. Or, précisons que ce groupe, avant d'être frigorifié à jamais, survit encore dans nos mémoires. Et pour ça, il suffit de l'aimer un peu.


It's a lottery
Just never know
One, two, three
You're number four
These are not my hands

Not again
Not again please
Not again no
Not again…"



*****

R.I.P.

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   DEADCOM

 
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- Ron Broder (basse, voix)
- Tommy Vetterli (guitares)
- Markus Edelmann (batterie)
- Chris Vetterli (basse)
- Peter Haas (batterie)


1. Benways World
2. The Favorite Game
3. Shifter
4. Serpent Moves
5. Snow Crystal
6. Divine Step (conspectu Mortis)
7. Gliding Above While Being Below
8. Der Mussolini
9. Last Entertainment (t.v. Bizarre)
10. Reborn Through Hate
11. Golden Cashmere Sleeper, Part 1
12. Golden Cashmere Sleeper, Part 2
13. Masked Jackal
14. I Want You (she's So Heavy)
15. Grin (no Religion Remix)
16. Purple Haze (radio Live Cut)



             



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