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DEATH MÉLO ORCHESTRAL  |  STUDIO

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2003 Mind Revolution
2009 Esoteric
 

- Style : Children Of Bodom, Wintersun, Aephanemer

SKYFIRE - Esoteric (2009)
Par MEFISTO le 11 Décembre 2009          Consultée 2112 fois

Encore un combo de Death Mélo flirtant avec l'orchestral. Je ne compte désormais plus les combos qui ont emprunté cette voie. Et je parle des formations que j'ai croisées cette année seulement, alors je vous dis pas dans le futur… Encore un assemblage de cépages qui tuent séparément (i.e. hargne-mélodie-symphonicité-groove), mais qui n'est pas un gage de grande cuvée lorsque la bague est passée rapidement au doigt. Plusieurs d'entre nous appelons ça du « Death Mélo moderne », avec raison, d'autres « Death Mélo en gestation », d'autres « Death Mélo en vomissures », mais eux, ils sont minoritaires et cons (ou trippent sur le Black jazzé avec pointes de reggae). Ce que les Suédois de SKYFIRE nous envoient avec leur quatrième album est un « Death Mélo orchestral mou du manche avec possibles remontées vers la fin du rendez-vous », mais ne vous attendez pas au rancart de votre vie.

Écoutez, vous dire qu'"Esoteric" est ennuyant serait mentir. Surtout que la première impression est si plaisante, comme un rendez-vous casse-glace qui se déroule en toute quiétude, la boule d'émotion martelant vos tripes et votre cage thoracique. Le gros bonheur, la grosse réaction qui efface vos anciennes relations malsaines et inégales. Et on s'attendait à ça : avec cinq ans d'efforts, de célibat et de rabâchement, on est en droit de demander un truc géant. Leur dernier disque, "Fractal", avait bien plu, alors on envisageait cette nouvelle demande d'appréciation avec optimisme.

On a bien sûr droit à du Death Mélo orchestral, donc ça débute avec une intro clinquante. Et ça assure gravement côté synthétique, ils sont deux à s'y coller. Sans oublier que la gratte principale est empoignée pour la première fois par M. ANDROMEDA, Johan Reinholdz, dont les envolées et les pics à glace à cordes s'échangent savamment le devant de la scène. Ses soli avantagent également ses comparses, dont l'agréable chanteur Joakim Karlsson. Donc, si on résume, un guitariste de renom, un crieur capable et deux « esclaves » aux orchestrations forment le triumvirat à admirer sur cette galette. Le line-up a pris du gallon dis donc !

Pourtant, je ne sais ce qui cloche. Sans doute est-ce le Garfield en moi qui gigote trop, mais je n'arrive pas à écouter SKYFIRE les yeux écarquillés. Les chœurs et cuivres brillamment reproduits, le pianotage féérique et l'énergie "fun" du morceau-titre constituent pourtant une excellence entrée en la matière. J'accroche. Le sujet de mon rendez-vous est bien mise, élégante, charmante, mais au fil de notre conversation, elle m'ennuie un brin. Peut-être veut-elle trop en mettre pour m'impressionner. Quitte à botter le cul à l'authenticité, à dire au revoir aux inhibitions et "fuck the world" à la retenue. Bienvenue crème fouettée archi sucrée.

La créature que j'ai devant moi ne ménage aucun effort pour m'impressionner. Elle commande même le plat le plus cher du resto, l'assiette est pleine : de la tendreté dans la viande, de la dureté dans les coquilles, de la couleur et de la variation dans les légumes, de la sauce en masse par-dessus cette caverne d'Ali-Baba culinaire. Le tout « orchestré » par un chef soucieux du détail et de l'effet premier de sa composition lorsqu'on la zieute rapidement. Eh ben, c'est réussi. On entend une pléthore de sentiments nous traverser en mâchouillant cet assortiment : la joie devant tant de surprises, le ravissement pour le talent du chef à cuire les pétoncles, mais aussi une sourde colère pour l'avalanche de beurre à l'ail qu'il a foutu partout, qui empêche de goûter pleinement à chaque ingrédient, chaque note de cette portée.

La déglutition, aidée par un bon Pinot noir, débouche quand même sur un constat agréable et on se fait même prendre a se lécher les doigts. Mais pas ceux de notre rendez-vous, qui, décidément, a réussi à communier avec sa coûteuse assiette ; elle pèse sur l'accélérateur et aborde des sujets sauvagement déplacés, de la grosseur de sa poitrine à la tétine de sa patronne. Déjà légèrement lourdingue, elle nous achève avec sa complainte sur son ex. Alors là, le pétoncle passe moins bien…

Alors on se dit à la fin, pas de dessert ni de digesto, on est bourré. On se dit malgré tout qu'on a passé une belle soirée, sans plus. On se dit au revoir sans se promettre de se rappeler et basta. Au moins aura-t-on partagé nos opinions, nos visions, nos coups de cœur pour le Death d'aujourd'hui… C'est déjà ça de gagné comme disait l'autre. Pas une baise, mais une bonne manière de fuir ses problèmes, ses tourments ou ses emmerdements récents.

Personne ne pourra rester de marbre et encore moins de glace devant "Esoteric". Car même si votre rendez-vous aura contraint votre libido au plaisir solitaire, l'essai en valait le pesant d'or du menu…

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- Joakim Karlsson (chant)
- Martin Hanner (basse, synthé)
- Andreas Edlund (guitare, synthé)
- Johan Reinholdz (guitare)
- Joakim Jonsson (batterie)


1. Deathlike Overture (intro)
2. Esoteric
3. Rise And Decay
4. Let The Old World Burn
5. Darkness Descending
6. Seclusion
7. Misery's Supremacy
8. Under A Pitch Black Sky
9. Linger In Doubt
10. The Legacy Of The Defeated
11. Within Reach [bonus]



             



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