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- Style + Membre : Attila Bakos
 

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THY CATAFALQUE - Róka Hasa Rádió (2009)
Par MEFISTO le 13 Juillet 2009          Consultée 6067 fois

Il y a des jours où je me dis que je ne connais rien, que je ne suis qu’un pauvre inculte. Que je ne suis pas près de connaître le centième de ce qui me guette sur cette route pavée de surprises, de coups d’éclat, menant vers le panthéon métallien. Celui que nous bâtissons brique par brique, vous et moi, par nos écoutes, nos écrits et nos lectures. Celui que nous façonnons en prenant compte de deux trucs souvent en guerre : nos goûts personnels et les sorties de l’immense marché du disque sanctionné par le devil horn, ce marché qui ne cesse d’évoluer et de nous asséner des baffes incroyables. Ce marché remettant nos fondations en question de façon constructive et qui permet à l’amateur de tout acabit de tanguer vers l’inconnu. Bref, à chaque album que j’écoute, je me sens privilégié et obligé de me remettre en question, car le hasard, le destin, me fait rencontrer des groupes plus impressionnants, passionnants et délurés les uns que les autres. Et ce n’est pas pour me déplaire, à l’instar de mes collègues de Nime et de vous, chers lecteurs et mordus de Metal.

Ceci étant dit, je ne sais que dire, que pondre sur les expérimentations de THY CATAFALQUE. En fait si, mais ce que je vous raconterai sur ce groupe hors du commun sera à l’image de sa musique : ne cherchez pas la tête ni la queue, elles sont aux oubliettes en train de ronger les murs. L’improvisation, synonyme ici de caractère hétéroclite, comme la personnalité sensationnelle des Hongrois, sera mon alliée. Nous appellerons leur matériel, pour les besoins de la cause, du Metal d’Avant-Garde. Ah oui, je sais que vous appréciez ce terme, moi aussi ; il fait miroiter des paradis perdus, des déserts infinis, des océans sans fond, des cieux universels…

Faisons d’abord les présentations avant de déblatérer de tout et de rien : THY CATAFALQUE est un duo originaire de la ville de Mako, en Hongrie, formé de Kátai Tamás et János Juhász, des bougres bigrement talentueux réunis depuis 1999. Nous retrouvons à leurs côtés une flopée de musiciens, dont un chanteur, une chanteuse, un et une violoniste, une violoncelliste, un clarinettiste et une… narratrice qui parle entre certains morceaux comme une employée d’aéroport. "Roka Hasa Radio" est leur quatrième opus.

Évidemment, c’est de l’Avant-Garde, alors les instruments Metal typiques côtoient avec plaisir les ovnis à cordes et les joujous électros qui, tour à tour, hypnotisent l’auditeur en tissant des ambiances mystiques ("Svervetlen") ou suaves dignes de tout grand album de Prog. Ajoutons à cela des touches Black, Post et Folk et vous détenez un objet rotatif savamment conçu.

THY CATAFALQUE est abondamment progressif dans son approche et ce ne sont pas les deux premières plages qui me feront mentir : totalisant 30 minutes, elles nous projettent simultanément dans des galaxies lointaines et sur les rivages de notre âme, surtout cette magnifique et bizarroïde "Molekularis Gepezetek", avec ses passages distincts emplis d’espoir, de danse baroque (attendez d’être happé par cette clarinette réchauffée par un tapis de clavier astral, c’est fameux !) et d’élans forestiers majestueux. Bienvenue chez les Elfes. Bienvenue à la source de tous les rêves, là où le filet d’eau est une succession de pensées qui coulent vers les vastes étendues bleues. Ce très long titre de 19 minutes se termine sur une note plus énergique, alors que le duo entonne un quartier plus Power à voix Black, sous encore une fois un couvert feuillu et bourré de sonorités hallucinantes.

Ces deux plages traversées, on peut se préparer à tout. Alors que bien des groupes se seraient contentés de nous balancer cette purée doucereuse et punchée, THY CATAFALQUE en rajoute sur sept autres morceaux, dont la vitaminée et hautement épique "Kod Utanam", sur laquelle le chant intégrateur hongrois de Tamás Kátai et les cordes classiques s’échangent le devant de la scène avec brio. C’est d’une beauté inouïe mes chers amis, d’une puissance… Guère de répit nous est offert. Pas plus lorsque la moitié de la pièce se transforme en un maelstrom futuriste et apocalyptique au clavier. La dernière fois qu’une musique avant-gardiste m’avait autant frappé, c’est lorsque mes oreilles avaient eu la chance de croiser ARCTURUS. C’est vous dire…

THY CATAFALQUE enchaîne ensuite avec une compo plus ambiante avec une fois de plus des airs folkloriques sortis de films de chevalier. La performance vocale d’Ágnes Tóth est particulièrement plaisante à travers cet ésotérisme musical. Climat qui se clonera sur quelques autres titres, dont "Piroshatu" et ses rythmiques pop au groove rassembleur. N’eût été de la batterie et de la programmation inspirée de Tamás Kátai, on se croirait en pleine séance de relaxation à certains moments, voire une séance de ressourcement. Bon, c’est tiré par les cheveux, mais "Roka Hasa Radio" est si planant…

Délire psychédélique sorti des années 70 mixé avec une trame de jeu vidéo, "Kabacak, Bodobacsok" enfile aussi l’aiguille de vibrante manière. L’instrumental est captivant avec son ambiance cosmico-boisée rendue grâce à une aide électronique omniprésente. Ces gadgets sont heureusement remplacés de temps en temps pour laisser libre cours au lyrisme et aux incommensurables aptitudes de musicien des deux piliers de THY CATAFALQUE. La très Black "Oszi Varazslok" fait passer de merveilleux moments avec ses chœurs et sa mélodie éthérée.

Le seul regret que j’aurais avec ce "Roka Hasa Radio" est un léger écoeurement au niveau du bidouillage artificiel. THY CATAFALQUE a un potentiel absolu pour le Folk noirâtre et céleste, mais il ne l’exploite pas à 100%, se terrant derrière ses bidules filés. Davantage de segments organiques, entre autres du violon, seraient jouissifs et rehausseraient un paquetage déjà lourd. Déjà magique, déjà culte à mon sens.

THY CATAFALQUE est une trouvaille de choix. Aussi intéressant qu’un ARCTURUS pour mes cellules, il m’a pété la gueule avec aplomb, donné des frissons et fait soupirer de bonheur. Tout ça et probablement plus, mais je garderai tout cela pour les soirées hivernales. À écouter d’urgence pour près d’une heure dix minutes de richesses.

Impossible d'aller plus bas que 4.5/5, le choc est trop fort.

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- Tamás Kátai (chant, clavier, guitare, programmation)
- János Juhász (guitare, basse)


1. Svervetlen
2. Molekularis Gepezetek
3. Kod Utanam
4. Urhajok Makon
5. Piroshatu
6. Esolampas
7. Kabacak, Bodobacsok
8. Oszi Varazslok
9. Feher Berek



             



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