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NOFX - Punk In Drublic (1994)
Par CANARD WC le 16 Juin 2009          Consultée 7621 fois

Il y a certains artistes qu’on ne veut pas partager. On les aime tellement que c’est faire trop d’honneurs à certains ne serait-ce que de leur en parler. Chaque explication, commentaire, bout de phrase sur l’être cher vous fait l’effet d’une salissure projetée sur son œuvre. L’idée même que certains individus puissent les entrapercevoir vous est insupportable. Que voulez-vous, l’amour rend jaloux – et exclusif par extension.

Très honnêtement, "Punk in Drublic" est le genre d’album pour lequel les réticences évoquées plus haut arrivent au galop rien qu’à l’idée que les plus rustres d’entre vous puissent poser leurs cages à miel dégueulasses sur ce joyau du Hardcore. Amateurs débiles de True Metal UG à tendance Extrême mon cul : vous ne méritez pas cet album. Faites moi plaisir, passez votre chemin. De toute façon, il y a de fortes chances pour que vous n’y compreniez rien, habitués que vous êtes à interpréter le moindre bruit inepte comme une subtile mélopée. Mais voilà, il faut que je le confesse, je suis moi-même passé à coté de NOFX depuis tant d’années que j’en suis ulcéré. Ulcéré de ne le découvrir que maintenant, ulcéré en pensant à tout ce temps perdu qu’on ne rattrape plus, qu’on ne rattrape plus (1)… Et je m’en voudrais trop de ne pas avertir la poignée de lecteurs qui un jour ressentiront la même chose que moi à l’égard de ce groupe a priori insignifiant et débilisant. Que les autres passent leur chemin.

Pourtant, comme tout le monde, j’ai eu les cartes en main. 1998, une spéciale « nouvelle scène US et Hardcore » sur Guerilla Radio (l’émission Metal de Ouie FM à l’époque) et je m’étais passablement ennuyé. PENNYWISE, BAD BRAINS, KORN, SOAD et … NOFX. Extrait de "Punk in Drublic" (je me souviens plus lequel), la contrepèterie m’avait amusé (2). Je soupire : « C’est pas du Metal, musique pour jeunes skateurs débiles » et je zappe. Quelques années plus tard, je tape le bout de gras avec mon pote HEAVY REM qui me vante les mérites de l’album : « C’est un des meilleurs albums, ça tue. D’ailleurs la preuve : j’aime bien » (il a quelques failles en terme d’argumentation le pauvre garçon). Je redonne une chance à l’album, il se passe que dalle. Encore. C’est sympa cette espèce de Punk à roulettes mais bon, restons sérieux deux minutes. Puis récemment, à force de me tripoter en écoutant BAD RELIGION, je me dis que c’est bizarre qu’il y ait pas un peu plus de groupes de Hardcore qui me plaisent. Alors ils défilent : LAGWAGON, RANCID, MILLENCOLIN, BAD BRAINS, PROPAGANDHI, MINOR THREAT, ALL, SAMIAN, SICK OF IT ALL, AGNOSTIC FRONT… Je me recharge un album de NOFX au hasard (S&M airlines). Est-ce mes oreilles plus habitués à ce petit monde ? Je ne sais pas. Mais je sais que la « révélation » viendra au détour du riff de "Scream for Change" et je pleure amèrement mes années d’errements. Des années ternes, maussades et cyniques. Des années sans NOFX dans le paysage.

Maintenant que je connais toute la discographie de ce super groupe, je me dois tant psychologiquement que moralement d’évoquer "Punk in Drublic" qui est sans doute leur meilleur album et in extenso l’un des meilleurs albums de Hardcore de tous les temps around the world. Métaphoriquement, pour vous donner une idée, si le Hardcore était une classe d’école, BAD RELIGION incarnerait sans doute les premiers de la classe (élève sérieux et appliqué), tandis que NOFX jouerait davantage les fouteurs de merde qui brillent dans leurs délires, déconcentrent tout le monde et foutent un joyeux bordel. NOFX, c’est le Hardcore « fun ». Pas de haine palpable, de colères adolescentes ou de textes pleurnichards. On envoie tout valser dans la joie et la bonne humeur à grands coups de riffs épileptiques et de tempos à toute berzingue. Que ce soit à travers les textes cyniques, la façon si particulière qu’a NOFX d’agencer ses albums ou d’inclure toute sorte d’effets et instruments dans leur musique ; il est question avant tout de massacrer tout le monde avec le sourire.

Forcément, cette façon de faire se situe à l’extrême opposé de ce qui se pratique dans le Metal où tout est « too much » par définition. Ce coté « fun » chez NOFX autorise beaucoup de choses et aurait pu être un handicap naturel, car il annihile trop souvent la rigueur, les méthodes et l’organisation si précieuse dans la musique (je vous renvoie au chantre musical des années 70). NOFX n’évitera malheureusement pas cet écueil dans sa discographie (avec quelques albums médiocres). Mais certainement pas ce "Punk in Drublic" qui est THE album dans lequel NOFX a excellé tant en terme d’inspiration que musicalement. Les riffs implacables rebondissent sur des lignes de chant impeccables, les refrains tombent au poil et l’album est truffé d’airs particulièrement vénéneux. Tout s’enchaîne à merveille. C’est incroyable, chimérique, fantastique blabla.

Pour comprendre mon baratin dithyrambique, il vous faudra percer la mystique NOFX. Dépasser les apparences pour percevoir ce qu’il y a au-delà du délire, percevoir le talent le plus pur derrière ce qui ne semble pas sérieux. Cette légèreté folle, ce chanteur qui balance ses lignes de chant comme des vannes, ces compos qui partent dans tous les sens et mêlent toutes sortes d’instruments… NOFX se nappe de cette folie douce pour balancer ses uppercuts. Un titre comme par exemple « My Heart is Yearning » placé en plein milieu de l’album décontenance. Hommage ou parodie de BAD BRAINS ? Ni l’un, ni l’autre, on ne sait pas, pas le temps, le titre suivant a déjà commencé. NOFX déroute et déboule comme un ouragan dans vos oreilles.

Vos premières écoutes seront sans doute désastreuses, au mieux amusées. Mais "Punk in Drublic" va se mettre dans un coin de votre crâne. Vous ne pourrez pas oublier de sitôt certains titres. C’est toute la force de cet album qui vous surprend autant qu’il vous marque l’esprit au fer rouge. La raison en est simple : le talent. Un songwriting de folie qui permet au groupe d’enchaîner coups sur coups des hymnes de la force de « The Cause » sur « Don’t Call me White ». Deux titres évidents, forts, funs. NOFX réussit une symbiose parfaite entre son talent et sa vision musicale des choses, tout en s’offrant le luxe de varier les plaisirs. Que dire encore de l’enchaînement "The Quass" / "Dying Degree" : intro saturée orageuse, rythme endiablé, riffs supersoniques pour un résultat un rien désinvolte où la hargne devient énergie, où la colère rend meilleur. Par petites touches, NOFX fait son travail de sape et ira même jusqu’à vous émouvoir (alors que le ton se veut piquant) sur un tempo d’enfer avec « Lori MEYERS ». Soigné jusqu’au bout des ongles, jusqu’à la dernière minute, NOFX continue de tout bousculer et pour finir joue la carte du minimalisme sur un petit dernier « Scavenger Type ». Quelques paroles écorchées sur un bout de gratte acoustique, quelques minutes de feeling qui drainent à elles seules plus d’émotions que toute la disco de certains de nos groupes.


Sur "Punk in Drublic", NOFX peut tout, fait tout et réussit tout ce qu’il entreprend avec le brio et l’insolence de la jeunesse. Cette jeunesse qui n’en a rien à branler et envoie tout valser avec une exquise insouciance.


Note : 5/5


Morceau préféré du Canard : The Cause
Tout l’album est super, si vous ne connaissez pas l’album, je ne comprends même pas que vous soyez encore en train de lire cette chronique .



(1) : TRUST for ever !
(2) : Punk in Drublic = Drunk in Public (véritable amusement ou « fierté » d’avoir capté, telle est la question).

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- Erik Sandin (batterie)
- Eric Melvin (guitare)
- Fat Mike (basse, chant)
- El Hefe (guitare, trompette, chant)


1. Linoleum
2. Leave It Alone
3. Dig
4. The Cause
5. Don't Call Me White
6. My Heart Is Yearning
7. Perfect Government
8. The Brews
9. The Quass
10. Dying Degree
11. Fleas
12. Lori Meyers
13. Jeff Wears Birkenstocks
14. Punk Guy (cause He Does Punk Things)
15. Happy Guy
16. Reeko
17. Scavenger Type



             



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