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AGALLOCH - The White (2008)
Par VOLTHORD le 9 Mai 2008          Consultée 3034 fois

Il y a deux manières de voir le blanc. L'une consiste à le voir comme une couleur finie, plus pure dans sa nature que les autres couleurs, évoquant un vide grandissant, l'autre comme le mélange de toutes les couleurs, un arc-en-ciel concentré en une nuance à la fois lumineuse et épurée.
Certains me diront que cela revient plus ou moins au même. En musique, on pourrait affilier l'une à VINTERRIKET, archétype de ce blanc musical primaire (je prends les chros de Possopo comme argument irréfutable), l'autre au chef d'oeuvre de volupté qu'est « Death Is The Road To Awe » de CLINT MANSELL (The Foutain OST), véritable explosion de fragilité, restant pourtant d'une simplicité, d'une homogénéité que seul le blanc, couleur ici « parfaite », serait à même d'évoquer.
Et forcément, le résultat est bien différent, et parviendrait à appuyer cette pseudo-thèse un peu bancale.

Alors quand les Américains d'AGALLOCH, après nous avoir embués, écrasés, abattus avec Ashes Againt The Grain, reviennent avec un EP sobrement intitulé The White, ma curiosité s'éveille et l'intérêt que j'ai pour le groupe (relativement faible au printemps) se renouvelle d'entrée de jeu. Impossible pour moi de ne pas essayer de ranger The White dans l'une ou l'autre des catégories citées plus haut...introduction qui n'était sans doute qu'un verbiage sans intérêt, comme AGALLOCH semble avoir le cul entre deux chaises, et que je n'arrive pas pour autant à le placer dans une case.

Tous les artistes que j'ai cités jusque là ont cela en commun qu'ils comprennent et savent nous faire ressentir le revêtement chromatique que découvrent leurs notes. VINTERRIKET en créant de longues nappes ambiantes, enveloppées et désespérées; CLINT MANSELL en jouant sur des thèmes simples contenant une profondeur émotive bordée de lumière; AGALLOCH en épurant son ciel de ses nuages titanesques, en s'appuyant sur des arpèges fins, une légère saturation mimant le début d'une tempête, des mélodies simples et touchantes.
Nous ne sommes pas dans le vide ambiant de VINTERRIKET...en fait, je crois que le blanc, c'est ici quelque chose de consistant, de lumineux.

Il y a ce fond nacré du dernier ULVER et le minimalisme folk de Kveldssanger, quelques envolées aériennes proches de TENHI (« Sowilo Rune »). Les quelques samples ou récits sur fond d'arpège évoquent la vague neo- folk allemande (DEATH IN JUNE, CURRENT 93), sans avoir son côté légèrement barbant.
L'omniprésence d'une guitare électrique brumeuse crée une cohésion évidente avec certaines oeuvres de Post Rock, celles de KWOON par exemple, et ne va pas pour me déplaire.

Dans cet univers sonore, AGALLOCH retrouve ses marques et tire les ficelles en bon metteur en scène, il n'arrive pas néanmoins à sonder jusqu'au bout ce qui fait la richesse de l'éminente couleur, et ne parvient pas à exceller dans sa forme acoustique (difficile de tenir la comparaison avec un Weiland d'EMPYRIUM, Vergessene Pfade de NEUN WELTEN et j'en passe).

Pourtant impossible de ne pas succomber à la sensibilité, la pertinence de l'ensemble. AGALLOCH a encore cette capacité à ne pas se laisser décrire objectivement, me faire monologuer comme un abruti en plein milieu de la nuit, bâtissant un refuge de fortune au milieu de nulle part, alors qu'au loin le monde s'est mué en une grande tempête de neige violente et inaccessible.

Une musique qui touche au cœur, laissant parfois un sentiment éparpillant les idées noires qu'emplissaient les albums métalliques des Américains. Il me vient encore en tête cette constatation évidente et prétentieuse qu'on ne peut rien ressentir de profond lorsqu'on est en dehors de la musique, et qu'il est impossible d'aimer ce genre d'œuvre sans déborder de romantisme, être trop humain pour se sentir proche des autres.

Et si j'ai peine à me mirer plus avant dans The White, si certains passages me font frissonner, si d'autres m'envoûtent moins que je l'aurais souhaité, je ne peux qu'une fois de plus décliner tout mon respect pour un groupe qui semble porter plus d'un fardeau sur son dos, et qui semble être parvenu à faire de l'un d'entre eux un flot nuageux, une nuée de flocons et de silence bienfaiteur.


(et par ailleurs, je vais aller m'écouter The Grey, le premier EP acoustique du groupe)

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