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OTEP - The Ascension (2007)
Par VIVI le 23 Mars 2008          Consultée 3777 fois
Qui peut dire qu’il attendait grand chose d’OTEP aujourd’hui ? Pas grand monde, à commencer par moi. Après le quasi-catastrophique "House Of Secrets", je restais très sceptique quant à la « qualité » supposée nouvelle offrande. Encore plus en entendant le trailer de ce "The Ascension" : ballade, chant clair, nouveau logo…je me disais déjà beurk avant même d’avoir écouté la fin du premier single « Ghostflowers ». Mais c’est parfois quand vous êtes le moins exigeant avec un groupe que celui-ci prend tout le monde au dépourvu.

Bien m’en a pris, puisque "The Ascension" sauve les honneurs, et redynamise un groupe qui ne semblait destiné qu’à être la formation d’un seul album. D’emblée on constate une franche évolution dans les vocaux de la demoiselle, qui se décide enfin à ne plus abuser du Pitchshifter (quel nom à la con), livrant une prestation beaucoup plus frontale et…féminine. Elle semble s’être réconciliée avec sa féminité : maquillage esthétique, brushing et talons sont de sortie. Néanmoins, elle ne renie pas pour autant son passé en bloc, puisque sa gestuelle est toujours aussi masculine et caricaturale. Mais sa prestation enfonce un bon nombre de ses adversaires, se faisant toujours plus schizophrène, tout ajoutant une nouvelle corde à son arc : chanter pour de vrai ! Non, non, vous ne rêvez pas, elle suit une mélodie, des notes, et si elle n’a pas des capacités affolantes dans le domaine, son timbre grave et éraillé fait son petit effet.

Comme une métamorphose ne vient pas seule, c’est du côté de la musique qu’il faut s’attarder désormais. Il est difficile de comparer cette œuvre aux précédentes tant la démarcation est flagrante. La rage se fait plus sourde, diffusant son fiel de façon bien moins grossière. J’oserais presque dire qu’ils ont atteint le seuil de la maturité, histoire d’être un peu dans le cliché. Et quitte à défriser les puristes, il faut admettre une chose: OTEP se fait plus… progressif. Les structures sont moins évidentes, un soin tout particulier est apporté aux arrangements, plus conséquents qu’à l’accoutumée, et moins prévisibles. Le travail sur les compositions est plus alambiqué, avec des touches orientales et tribales: "Milk Of Regret", qui n’est malheureusement qu’une pâle copie de "My Confession", morceau déjà assez moyen au demeurant, mais qui est vite rattrapé par "March Of The Martyrs" dans la même veine, avec une touche légèrement martial dans les riffs, ou "Ghostflowers" qui s’illustre par sa folie destructrice. Si auparavant, les américains avaient une forte tendance au clonage (KORN et SLIPKNOT en tête), le groupe semble bien mieux s’assumer et se donne les moyens de ses ambitions. Et qui dit ambition, dit production, à mille lieux de la puissance de "Sevas Tra" ou de la poisse de "House Of Secrets". Ici, un seul mot d’ordre : aération. Globalement, on a affaire à un tissu sonore fait de multiples couches. Ainsi, on peut apprécier la nette amélioration technique du groupe, les instruments se distinguant bien des uns et des autres.

Pour autant, il ne faut pas imaginer que le passé est mis de côté, la colère fustige à tour de bras, et la miss a toujours autant les nerfs. Le binôme d’entrée "Eet The Children"/"Crooked Spoons" en est un bon exemple: odes à la furie constitués de riffs et breaks déglingués, de cris écorchés, de refrains en mode « brûleurs de tympans », le tout relevé d’explosions finales à t’en décoller le cuir chevelu… On appelle ça une entrée fracassante ! Le diaboliquement efficace "Confrontation" renoue d’ailleurs avec les grands instants groovy de "Sevas Tra", la sauce heavy en moins. Bien entendu, l’album ne serait rien sans la demoiselle qui a produit un beau travail, acceptant enfin de crier avec sa voix de femme et utilisant (enfin) le filtre avec parcimonie. Tout ceci amène à la conclusion suivante : OTEP perd en puissance ce qu’il gagne en intelligence. Point de bourrinage « made in "Sevas Tra" » ici, quitte à parfois émettre des travers : la très vilaine reprise de "Breed" de NIRVANA qui brise totalement l’unité de part sa banalité, ou la ballade (je blague pas) "Perfectly Flawed" complètement hors de propos avec ses notes de pianos et son refrain bien poussif absolument imbuvable. Une faute de goût réparée par l’autre (fausse) ballade, "Invisible" dont le ton dissonant et le chant un poil décalé confèrent une ambiance bien plus malsaine.

Avec le recul, OTEP a réussi un pari plus que risqué au vu de leur réputation: clone & Cie, néo des bacs à sable, imagerie outrancière donc caricaturale, groupe commercial….la liste est longue, et beaucoup se sont arrêtés sur la simple histoire du groupe, qui, il est vrai, est un peu douteuse. Reste que Shamaya est une fille talentueuse et qu’elle a su remettre la barque à flot avec le bassiste Evil J. Album à la fois barré, schizophrène, malsain, mais aussi mélancolique, "The Ascension" vient de réussir ce que beaucoup de groupes tentent de faire sans y parvenir : être meilleur sur la longueur. Alors pourquoi pas de 5/5 ? Et bien, il y a bien quelques titres qui entachent le tableau, avec des interludes qui ne sont pas toujours judicieuses (cui-cui petit oiseau). Mais dans une scène néo agonisante, "The Ascension" est une véritable bouffée d’air frais… voire un petit miracle.




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1. Eet The Children
2. Crooked Spoons
3. Perfectly Flawed
4. Confrontation
5. Milk Of Regret
6. Noose & Nail
7. Ghostflowers
8. Breed
9. March Of The Martyrs
10. Invisible
11. Home Grown
12. Communion
13. Andrenochrome Dreams



             



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