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PEARL JAM - No Code (1996)
Par CANARD WC le 3 Avril 2008          Consultée 4764 fois

Le terme « Grunge » est devenu historiquement lié à NIRVANA. Comme si le genre pouvait être synthétisé en un groupe, voir même en un album (en l’occurrence "Nevermind"). Heureusement, il y a ceux qui savent et les autres. Laissons donc à la masse l’aisance de résumer les choses de la sorte. Nous, on va se garder sous le coude des groupes comme ALICE IN CHAINS et PEARL JAM, en essayant de ne pas trop l’ébruiter.

D’ailleurs ça tombe bien puisque ces groupes ne tiennent pas spécialement à occuper le devant de la scène. Oh là non malheureux. Dans le cas de PEARL JAM, on frôle même la démarche anti-commerciale. Cherchant à éviter l’assimilation Nirvanesque, c’est presque contre son gré que PEARL JAM a vendu des palettes et des palettes de CDs. Que voulez-vous, même avec toute la sincérité du monde, il est difficile de jouer très longtemps les artistes maudits avec des albums de la trempe de "Ten" ou "Vs".

Alors PEARL JAM en a plein le cul d’être irrésistible. Quitte à foutre un coup de pompe à leur propre style. "No Code" marque la volonté du groupe d’explorer, de creuser, de changer tout en restant le plus intègre possible. Jouer de la musique à la mode et se regarder dans une glace.

On navigue donc dans le clair obscur d’un ciel chargé, moucheté de bleu. Orageux mais gonflé d’espoir (1). L’album annonce sa couleur grisonnante avec "Sometimes". La mélodie intrigante vous gagne l’oreille sur un rythme chaloupé, tandis que Vedder susurre ses lignes de chant. Ça sent l’explosion à des kilomètres, alors on attend que le riff Heavy déboule. Mais il ne vient pas. La colère reste contenue et la mélodie s’éternise, puis s’évanouit doucement dans cette obscure clarté.

Que les aficionados des précédents se rassurent, PEARL JAM a tout de même pris soin de nous caser une poignée de titres plus « traditionnels » comme ce "Hail Hail" impeccable, le nerveux "Habit", voir le presque Punk "Lukin" (véritable déferlante jouissive). Mais globalement, le ton s’est radouci.

Dans cette quête de sérénité intérieure, PEARL JAM respire et avance comme bon lui semble, sans abandonner réellement les sentiers du Grunge. L’album étonne par sa diversité, sa densité et sa richesse improbable. Pourtant, malgré l’abondance des registres, PEARL JAM ne rame jamais. Moins évident qu’un "Ten", moins consensuel et moins sombre que "Vitalogy", No Code est le fruit d’une nouvelle maturité acquise. On ne s’étonnera pas de distinguer l’influence très nette de Neil YOUNG sur No Code que l’on retrouve à plusieurs reprises, à l’occasion par exemple d’une ballade Folk d’une exquise mélancolie ("Off He Goes").

PEARL JAM nuance tout seul dans son coin le Grunge. Esquisse d'un renouvellement d'un genre déjà à bout de souffle. Le résultat est simplement « beau ». Rien que "Perfect Tense" est belle à pleurer. Littéralement. Tout le monde pense que j’écoute SLAYER toute la journée, les yeux injectés de sang. C’est vrai 99 % du temps, le 1 % qui traîne j’écoute "Present Tense" en reniflant, enfermé dans les chiottes. Les mauvaises langues diront que l’album est tout de même assez décousu et qu’il est difficile de passer d’un "In My Tree" très Coldplayien au Folk bluesy de "Smile".. Blabla, laissons les grincheux congénitaux délaisser l’album pour de mauvaises raisons.

"No Code" porte bien son nom. Mais plus que la volonté d’échapper aux carcans du Grunge, l’album se présente comme un renouveau – voire une renaissance. Peu importe le succès, l’avis des autres et toutes les conjectures qui encrassent la sortie d’un album : PEARL JAM rêve d’une manifestation pure et dépouillée de toute motivation de plaire et de compromettre. Revendiquant sa marginalité, balayant d’un revers de la main les sollicitations de ses fans, PEARL JAM ne vendra que très peu de son "No Code" (2) comme cherchant à entourer lui-même cet album dans une cotonneuse confidentialité.

Il n’existe plus beaucoup de perles méconnues gravitant autour du Metal. Tout a été depuis longtemps découvert, étiqueté et rangé dans des casiers. Heureusement, il reste encore des albums forts, intenses et secrets. De ceux qui vous redonneraient presque envie de croire que la vie est belle et vaudrait le coup d’être vécu.

"No Code" est de cette trempe, le comble pour un album de Grunge.

Note : 4,5/5.

A pleurer : "Present Tense".
J’adore : "Sometimes".
J’aime moins : "I’m Open", "Mankind".
Made in PEARL JAM : "Hail Hail", "Lukin", "Habit".


1 : Je suis un poète moderne.
2 : Le groupe en guerre contre Ticketmaster ne fera ni promo, ni clip, ni tournée. Avec moins de 400 000 exemplaires vendus à sa sortie, l’album fera un « flop » assumé.

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   CANARD WC

 
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- Eddie Vedder Chant (guitare)
- Mike Mccready (guitare)
- Jeff Ament (basse)
- Jack Irons (batterie)
- Stone Gossard (guitare, chant)


1. Sometimes
2. Hail, Hail
3. Who You Are
4. In My Tree
5. Smile
6. Off He Goes
7. Habit
8. Red Mosquito
9. Lukin
10. Present Tense
11. Mankind
12. I'm Open
13. Around The Bend



             



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