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BLACK/WAR METAL  |  STUDIO

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BLASPHEMY - Fallen Angel Of Doom (1990)
Par T-RAY le 13 Mars 2008          Consultée 4806 fois

Attention : groupe culte ! Oui, BLASPHEMY est un groupe culte, au sens premier du terme. C'est-à-dire un groupe vénéré par une certaine frange d’autres groupes de metal extrême, pour son influence et son... extrémisme. Mais qu’a donc de plus cette formation pour être ainsi célébrée par des musiciens aussi divers que ceux de BEHERIT, IMPIETY (et toute "l’école" war metal) ou même FENRIZ, qui s’est servi de l’un de leurs titres sur « Fenriz Presents... The Best of Old-School Black Metal », sa compilation "historique" de black ?

La réponse est très simple : BLASPHEMY est méchant. Très méchant. Ce sont des "black metal skinheads", même que c’est écrit sur la pochette. Cela voudrait donc dire qu’ils sont racistes, estampillés NS black metal ou xénophobes avertis ? A en juger par la présence, depuis leurs débuts, d’un guitariste noir dans leurs rangs, j’ai nommé Caller Of The Storms, il faut croire que non. Non, en effet, tout comme certaines factions de skinheads portaient très haut la lutte contre le racisme, pour le communisme ou l’anarchisme, les membres de Blasphemy ont choisi, dès la formation du groupe en 1984, de porter très haut les couleurs du mal et de Satan. Mais alors très haut, hein ?

Après avoir placé le nom de leur groupe sous le sceau du sacrilège, les quatre musiciens vont s’affubler de pseudos particulièrement odieux. Outre Caller Of The Storms, on retrouve donc Black Hearts Of Damnation And Impurity à la batterie, Nocturnal Grave Desecrator And Black Winds à la basse et au chant, et enfin le tendrissime Traditional Sodomizer Of The Goddess Of Perversity à la guitare rythmique. Non contents d’effrayer le premier bigot venu qui tomberait sur leur CV, les Canadiens décident également d’adopter le corpse paint (sauf l’ami Caller...), afin de véritablement s’ancrer dans la mouvance black. Mais comme ils ne se jugent pas encore assez effrayants et malfaisants, ils rajoutent à leur panoplie cartouchières, bracelets à clous, treillis, bref : l’équipement rêvé de tout fidèle soldat du Démon. Ainsi paré, BLASPHEMY montre à quel point il est méchant, à quel point il fait peur. Brrrr…

Alors on écoute la musique, prêt à voir surgir de son lecteur toutes sortes de voix démoniaques et de riffs diaboliques. Et soudainement, BLASPHEMY fait moins peur. Mais alors beaucoup moins. Après une intro de samples bizarroïdes formant une mélopée vaguement digne d’un slasher italien des 80’s, le premier véritable morceau, "Fallen Angel Of Doom" déboule. Et là, un maelstrom de sons de guitares et de basse envoyé sur un tempo majoritairement rapide, agrémenté de parties de batterie d’une grande platitude, apparaît. Et par-dessus, une voix growlée incompréhensible qu’on croirait éructée par un malade atteint d’un cancer de la gorge. Une réverb tente de lui donner un semblant de profondeur sur tout le disque mais il semble que l’Enfer duquel elle provient soit plus proche de la surface de la Terre que du royaume de Satan. Absolument cataclysmique, la production annihile véritablement toutes les velléités de puissance et de malfaisance du groupe. De virtuosité, il n’en est de toute façon pas question.

Que peut-on, au final, sauver d’un tel marasme ? Les parties de guitares peut-être... Mais elles ne sont guère plus que des riffs davantage gris pâle que black, aux accents de thrash lourdingue, balancés à grande vitesse. Les soli ? Rien de bien original ni de bien technique. Ils sont souvent expédiés à toute vitesse et ne font qu’agrémenter les titres d’éclairs de notes aigues. Car le son famélique maintient la quasi-totalité des morceaux dans une tonalité grave sans relief. Quelques titres pour sauver les meubles ? Allez, peut-être "Goddess Of Perversity", légèrement mieux produit et plus franchement interprété. On y décèle quelques influences de POSSESSED, mais cela n’atteint jamais la qualité de la bande de Mike Torrao. Alors peut-être que BLASPHEMY en live, ça donne bien, et que ses principaux défenseurs (Fenriz en tête ?) ont davantage apprécié la musique des Canadiens sur scène. Mais sur disque, a fortiori sur celui-ci, leur premier album, ce n’est vraiment pas bon. Du tout.

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   T-RAY

 
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- Nocturnal Grave Desecrator And Black Win (basse, vocaux)
- Traditional Sodomizer Of The Goddess Of (guitare)
- Caller Of The Storms (guitares)
- Black Hearts Of Damnation And Impurity (batterie)


1. Winds Of The Black Gods (intro)
2. Fallen Angel Of Doom
3. Hording Of Evil Vengeance
4. Darkness Prevails
5. Desecration
6. Ritual
7. Weltering In Blood
8. Demoniac
9. Goddess Of Perversity
10. The Desolate One



             



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