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SQUEALER [FR] - Squealer's Mark (1989)
Par SHUB-NIGGURATH le 9 Janvier 2008          Consultée 4347 fois

Mais si, rappelez-vous ! A la fin des années 80, c’est un petit groupe bien de chez nous qui se cachait déjà sous le nom de SQUEALER. Originaire de la région Nantaise, celui-ci s’était fait bruyamment remarquer en 1987 avec son premier album « D.F.R. » (Drinking, Fucking, Rocking, s’il est besoin de rappeler la signification poétique de cet acronyme) aux titres marqués par un Heavy costaud, fortement influencé par celui d’ACCEPT, comme on s’en souviendra en beuglant à nouveau le refrain de « Hate on the Wall ».

Rebelote en 1989. Le groupe bénéficie cette fois-ci d’un plus large écho médiatique, qu’expliquent d’une part la qualité de ce deuxième album et, d’autre part, le besoin de se racheter une bonne conscience à peu de frais, après avoir superbement négligé ceux qui auraient du devenir des fleurons nationaux. On se prit donc d’une affection non désintéressée pour les formations qui parvenaient encore à pousser sur ce terrain laissé à l’abandon et présentaient, a priori, les atouts nécessaires, compte-tenu de la mode de l’époque, pour toucher un public plus large et avoir une petite chance à l’export. Les Lorrains de FISC, qui répondaient peu ou prou à ce cahier des charges, avaient fait leurs valises depuis longtemps. Heureusement, SQUEALER était distribué par Vogue et avait lui aussi pris le parti de chanter en anglais, ce qui évitait la transposition, parfois délicate, de cette condition jugée nécessaire à toute reconnaissance « internationale ».

« Squealer’s Mark » reprend néanmoins les caractéristiques essentielles de « D.F.R. » et porte par conséquent la marque (il fallait bien la faire, celle-là) de SQUEALER, à commencer par le chant de Pascal Bailly. Eraillé et un brin nasillard, il laisse clairement entendre une inspiration tirée de Bon Scott (Brian Johnson pour les plus sceptiques) et de Udo Dirkschneider. Constatant, avec lucidité, qu’il ne saurait égaler la puissance de celui-ci ni la pureté de celui-là, le Nantais ne force jamais sa voix et en profite pour charger d’une émotion communicative des lignes vocales très travaillées.

Autre aspect bien reconnaissable, le recours à ce Heavy pesant et dopé à la testostérone qui circulait au début de la décennie dont « House » nous remémore les effets stimulants. Basse qui claque, gros riffs et chœurs musclés décochent d'entrée un sacré punch, relayé par un chant hargneux à souhait et une rythmique sans fioriture avant crissement des guitares et retour des chœurs sur un refrain hymnique.

Pour sympathiques qu'ils soient, ces éléments avaient un goût de réchauffé en 1989 et risquaient encore d'effrayer une partie des prospects auxquels il convenait d’accorder quelque garantie. C'est pourquoi « Fight » embraye de suite, teintant cette formule simple et efficace d'un Hard Rock plus festif, à la saveur US, afin d'alléger l'ambiance générale. Celui-ci est franchement mis en avant sur « What You Gonna Do » et « We Need Girls », dont, on l'aura compris, le texte ne fait pas péter les vitres. Se voulant davantage fédérateurs, les chœurs plus simplistes et moins vindicatifs réduisent la tentation de headbanging le poing levé. L’équilibre est finalement obtenu sur « Saturday Night », titre à nouveau construit autour d'un tempo binaire des plus classiques mais à l’allure si fraîche et entraînante qu'elle fera dodeliner la tête des uns et sautiller gaiement les autres (ou l'inverse ?) sinon les deux.

Chassez le naturel, il revient au galop. SQUEALER retourne vite vers une atmosphère grise et douloureuse, exprimée par des effets plus recherchés et des refrains terriblement accrocheurs. Le mariage de riffs mordants et de guitares latino sur l’intro de « Die My Friend » est surprenant, alors que l’aiguisement des lames du « London Killer » n’a vraiment rien de rassurant. « Play the Game » offre pour sa part un chouette solo sur fond de rythmique glougloutante, dont le tempo speed accompagnait déjà la course mélodique de « Night Wolf ». Tout cela nous ramène joyeusement aux temps de « Fast Like a Shark » et de « Balls to the Wall », non sans conserver une certaine légèreté.

« Correction » qui intriguera ceux qui avaient été séduits par l’approche directe de « D.F.R. » et les conduira à qualifier de commerciale, pour utiliser un sobriquet topique, celle de son successeur. Outre la sempiternelle ballade censée faire renifler dans les chaumières, bien que « No More Tears » ne soit pas désagréable, « Squealer’s Mark » s’est principalement fait connaître par la reprise du tube de Donna Summer « She Works Hard for the Money ». Yeah ! D’ailleurs, c’est le premier titre que l’on cite encore aujourd’hui pour présenter cet album. C’est amusant, certes. Du moins au début. Au bout de 5 minutes, ça ne l’est plus.

Enfin, la production, dont on nous promettait monts et merveilles, s’avère décevante. Enregistré au studio Davout, en présence de Gary Lyons (AEROSMITH, FOREIGNER, QUEEN etc.) devant la table de mixage, « Squealer’s Mark » s’extirpe du garage capitonné de matelas de « D.F.R. ». A tout prendre, il aurait mieux valu conserver cette impression, parce qu’à vouloir souligner la sonorité Hard Rock de compositions qui ne renient pas pour autant le Heavy 100% roots, l’ensemble, tantôt cinglant, tantôt corseté jusqu’à l’étouffement, ne trouve jamais la balance adéquate et la batterie sonne désespérément à plat. La période n’était peut-être pas la plus propice puisque l’établissement de Montreuil traversait des difficultés, Gary Lyons ayant été bien urbain de se déplacer entre deux rendez-vous.

Cela dit, « Squealer’s Mark » est un très bon album, si ce n’est le meilleur des trois pondus par SQUEALER. Le balayage en chevrotine lui permit en tout cas de rencontrer un certain succès.

Un gros 3,5/5.

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- Pascal Bailly (chant)
- Laurent Lachater (guitare)
- Yann Chamberlain (guitare)
- Jean-marc Delalande (basse)
- Roland Girard (batterie)


1. House
2. Fight
3. What You Gonna Do
4. We Need Girls
5. No More Tears
6. Saturday Night
7. Die My Friend
8. Night Wolf
9. London Killer
10. She Works Hard For The Money
11. Play The Game



             



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