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STAINLESS STEEL - The Plague (2007)
Par BAST le 6 Novembre 2007          Consultée 2413 fois

STAINLESS STEEL ? C’est pas le nouveau groupe de DC Cooper dont le premier album a déjà fait l’objet d’une chronique y a même pas un mois ? Absolument pas. Vous confondez avec les Italiens de STEEL SEAL. Et là, je vous parle de STAINLESS STEEL, notez bien la nuance. Des Hongrois, d’ailleurs. Rien à voir. Enfin si, quelque chose à voir, en fait, mais fortuitement, je vous assure. Car en sus de patronymes aux consonances complices, les deux formations ont la même influence. Et c’est là qu’on se dit que le jeu de l’oie auquel on a accepté de se prêter voila plusieurs années s’amuse à nous faire passer par les mêmes cases. Deux formations qui s’articulent autour de références identiques, on connaît. C’est le risque quand on sait que les sorties du genre se comptent encore par centaines chaque année. Mais quand en plus le mimétisme se trouve renforcé par des patronymes qu’un dyslexique prononcerait pareillement, il y a de quoi se demander si à force de se tortiller sur elle-même, la scène heavy ne va pas finir par se briser net. Et ce n’est pas moi qui vais rendre plus aisé le démêlage de l’écheveau puisque je trouve STAINLESS STEEL aussi intéressant que STEEL SEAL.

Les deux formations partagent une influence identique, disais-je. C’est que l’une comme l’autre sont restées bloquées sur la même émission télé quand elles étaient petites. ROYAL HUNT le matin, le midi et le soir. Résultat, un comportement qui tourne depuis l’enfance à l’obsession. Après avoir joué à celui qui récitera le plus de répliques néo-classiques que l’autre, s’être exprimés en chœurs, avoir parcouru les cases de la marelle au rythme enlevé et sautillant de l’AOR, avoir échangé des vignettes Panini de synthétiseurs photographiés sous toutes les coutures ou imaginé des marches orchestrales pendant la récré, elles nous proposent aujourd’hui leurs propres compositions, STAINLESS STEEL ayant pris un peu d’avance puisque « The Plague » augmente d’un troisième opus sa carrière débutée voila sept ans.

Une analyse sommaire des titres laisse dubitatif. La structure employée fleure l’ordinaire, les éléments disposés ont perdu depuis bien longtemps leur poli et n’offrent plus qu’une couche de poussière grasse. Où donc se situe cette étincelle qui a su botter en touche une note rasante et la remplacer par une appréciation engageante ? Il faudra outrepasser les premières impressions et se laisser aller à quelques écoutes pour la dénicher. Elle se manifestera sous la forme d’un sens de la mélodie particulièrement adroit. Et à ce jeu là, STAINLESS STEEL a nettement moins chômé qu’au niveau de l’agencement d’ensemble de son œuvre. Le refrain de « Beginning », les lignes de chant de « New Spell » ou l’intro de « Pestilence » constituent quelques illustrations de la capacité qu’ont des enchaînements mélodiques bien ficelés à relancer opiniâtrement une dynamique bâtie à la sclérose. Elle était donc là, l’étincelle : sous la grisaille. Autre atout, le chant de Philippe Breuil et ses intonations à la Peavy Wagner qu’on appréciera particulièrement sur les titres intimistes (« Proclamation Of Freedom », « New Spell », « Voices Of Darkness »). La persévérance a donc fini par payer. En dépit de ce riff médiocre qui ouvre l’album puis de ce couplet ranci qui lui succède ou de quelques autres passages en manque d’inspiration, « The Plague » fait son chemin, tout doucement, presque négligemment, au point que la dynamique du disque gagne à chaque écoute une rotation supplémentaire. Le concept construit autour de l’œuvre majeure de Camus (« Oran, 1940 » et « Pestilence », ça devrait vous mettre sur la voie) s’est trouvé une agréable bande son (« New Spell », « Beyond The Clouds » ou « Proclamation Of Freedom » en tête) et un conteur adroit.

Après ECHO OF DALRIADA et son « Kikelet » d’excellente facture, la Hongrie démontre une nouvelle fois qu’à défaut d’innover, elle sait s’approprier les codes d’un genre et créer des compos convaincantes. Mieux, au contraire d’une Italie dont l’underground peine à s’attacher les faveurs d’une production digne de ce nom, on constate qu’en dépit d’une réputation bien plus brumeuse, les Hongrois disposent d’un son alléchant. Pour le tout venant qui pioche çà et là son ordinaire, STAINLESS STEEL affiche une position tout à fait claire. A côté de groupes ne sachant à quelle chaise octroyer les faveurs de leur postérieur, celle d’une tradition verrouillée ou celle d’un renouveau revigoré, les Hongrois n’hésitent pas une seule seconde et prennent place sur la première. Pour un résultat habile qui parvient à insuffler un petit vent de fraîcheur là où ne l’attendait pas.

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   BAST

 
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- Philippe Breuil (chant)
- Dominik Diószegi (guitare)
- József Kriesz (guitare)
- Zoltán Kassai (basse)
- Péter Kovács (batterie)
- Csaba Sipka (clavier)


1. Oran, 1940
2. Beginning
3. Children Of Innocent
4. New Spell
5. Pestilence
6. Inner Fears
7. Voice Of Darkness
8. Bewildered
9. All That You'd Given Me
10. Healers Memories
11. Beyond The Clouds
12. Proclamation Of Freedom



             



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