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VENOM - Calm Before The Storm (1987)
Par SHUB-NIGGURATH le 27 Novembre 2007          Consultée 5917 fois

Premier album consécutif à l’implosion du trio infernal Cronos-Mantas-Abaddon, « Calm Before The Storm », au titre finalement prémonitoire, intervient sur fond de panique générale à bord de la barcasse. Ratatiné par les critiques et ignoré par les fans, le mauvais « Possessed » est le premier bide du groupe. Mantas en paye les pots cassés, accusé par Cronos et Abaddon de s’être peu impliqué (il n’en fout plus une) et appliqué (il joue comme une brêle) dans l’affaire. Désireux de relancer les leurs au mieux, les deux zèbres conviennent de le remplacer par une paire de guitaristes (pour mieux souligner qu’il n’y en avait pas avant ?). Place donc à Mike Hickey et James Clare. Loin d’être des pointures, ces derniers assurent suffisamment pour rehausser le niveau au dessus des pâquerettes

Le nouvel objet a le mérite d’énoncer ce truisme. Le groupe ne vaut pas tripette dans sa formation initiale, et l’arrivée de téméraires au secours de l’épave peut être efficace pourvu que les rescapés leur lâchent un peu la bride. Le frémissement obtenu sur cet album explique finalement le résultat très correct qui arrivera par la suite avec « Prime Evil » et « Temple Of Ice », où Mantas et Abaddon pourront s’exprimer dans leurs limites mais avec sérieux, sous le tutorat protecteur de Tony Dolan et Al Barnes.

Il n’empêche, ce disque ne sera qu’à peine remarqué. Pourtant, outre le titre, la première chose qui étonne, c’est l’illustration de la pochette. Facile, certes, mais sobre et claire, loin du familier satanisme de pacotille. Pas d'affolement, je parle de l'illustration du vinyle acquis en 1987, non de celle de la première réédition CD que vous avez sous les yeux (ni de la deuxième, affreuse). Il suffit d’imaginer le cadre en blanc, tout comme le lettrage du logo Venom, l'éclair se parant d'un halo mauve. Le groupe aurait-il enfin évolué ?

Pas en ce qui concerne la rythmique, bien bourrine. La basse de Cronos est relevée et saturée comme d’habitude, sans retenue. Plus éprouvant, le mixage à l’avenant de la batterie qui souligne sans complexe l’emploi rudimentaire de triggers (ou de je ne sais quelle autre farce à fûts). La double pédale trépide avec une surprenante linéarité et la caisse claire résonne comme un cul de bassine. C’est d’ailleurs à se demander si tout cela n’a été retravaillé en studio. Certes, d'autres ne s'en privent pas, mais davantage de discrétion n’aurait pas fait de mal. Le matraquage imposé par Abaddon fait davantage ressortir son absence de finesse et ses enchaînements laborieux, d’ordinaire noyés dans la mélasse.

Les deux guitaristes arrivent toutefois à se faire entendre, et apportent un plus indéniable en arrangeant et réarrangeant chacune des compositions. Ils rappellent d'abord aux deux autres que pour se frotter au baston, il faut respecter des minima. Malgré leurs efforts, « Fire » est une épouvantable bouillie sonore, trop proche du traditionnel n'importe quoi de VENOM. Plus supportable, « Metalpunk » ne ressemble ni à l'un, ni à l'autre. Le titre est néanmoins amusant car les gratteux martyrisent à qui mieux mieux leur disto. « Under A Spell » et « Gypsy » évitent la sortie de route la route grâce à leur côté thrash affirmé.

Eprouvés, Hickey et Clare estiment avoir suffisamment contribué au défoulement récréatif des apprentis turlurons pour les convaincre de le ponctuer d’un heavy plus posé, sous peine de donner à nouveau le sentiment que leur serpent se mord la queue. Initiative bienvenue. Construction plus charpentée, riffs et soli mieux fagotés, les morceaux ressemblent enfin à quelque chose. Si le tout est loin d’être parfait et n’invite pas à crier au génie, en particulier lorsqu’un Cronos, tout émoustillé par tant de créativité, tente de ci de là des envolées à la Lemmy plus qu’hasardeuses, il détonne au regard de l’inepte bazar des albums précédents. Le sombre « Black Xmas » débute modestement l’ouvrage, qui progresse avec le sautillant « The Chanting Of The Priests », où subsistent des passages brouillons. Le léger et original « Beauty And The Beast » remet un peu d'aplomb. Plus quelconques, les carrés « Krakin’ Up » et « Deadline » conservent une certaine pêche, tandis que « Muscle », sorte de heavy rock très foutoir clôt le disque d’un groove incongru et sympathique nonobstant des paroles bien débiles.

Seul le titre éponyme se détache vraiment du lot. Une intro réfléchie, des tentatives d'harmonies, des passages et soli d’une relative légèreté, et surtout une ligne de chant plus travaillée, Cronos faisant de gros efforts. D’accord, c’est très limité, mais qui pouvait espérer entendre un machin pareil après « Possessed » ? Pas même Cronos, encore ébouriffé par cette performance. Après l'échec commercial de l'album, il partira avec ses deux guitaristes thaumaturges pour former son propre groupe (Cronos, originalité garantie). Sans succès. Hickey reviendra bien remplacer Mantas sur « Metal Black », mais seul, sans l'aide de Clare ou autre pour l'épauler. Difficile dans ces conditions de peser face à Cronos et son frangin Antton.

Après tout, il est logique que Cronos et Abaddon en aient eu gros sur la patate. Critiqués pour avoir continué à faire du VENOM de base, ils sont conspués alors qu'ils tentent de faire autre chose que du VENOM de base. A s’arracher la tignasse. Cronos parti, Abaddon demandera à Tony Dolan de résoudre cette quadrature du cercle.

« Calm Before The Storm » méritait meilleur sort. Il faut savoir se montrer indulgent quand la volonté de bien faire et d’évoluer est patente malgré la faiblesse des capacités initiales.

Note : 3 sur l’échelle de VENOM.

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- Cronos (basse & chant)
- Mike Hickey (guitare)
- James Clare (guitare)
- Abaddon (batterie)


1. Black Xmas
2. The Chanting Of The Priests
3. Metalpunk
4. Under A Spell
5. Calm Before The Storm
6. Fire
7. Krackin' Up
8. Beauty And The Beast
9. Deadline
10. Gypsy
11. Muscle



             



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