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ARKHA SVA - Gloria Satanae (2007)
Par ORPHANAGE le 11 Septembre 2007          Consultée 2236 fois

L’entité nippone ARKHA SVA nous revient avec un premier album. Un vrai, bien à lui, après deux splits (avec BLACK STENCH et HYPOTHERMIA). Ils avaient marqué leur monde, les bougres, avec leurs travaux précédents, mettant à feu et à sang les paysages de leur Black épileptique, poisseux et saupoudré d’un subtil Doom/Death. Impériaux et blasphématoires, complètement dérangés, leurs profonds rituels ténébreux auraient pu trouver une nouvelle forme d’aboutissement dans un format leur étant entièrement consacré. Et si la qualité demeure indéniable sur certains points, Gloria Satanae n’est pas à la mesure de la claque à laquelle on aurait pu s’attendre.

Le plaisir d’écouter ARKHVA SVA résidait précédemment dans son déni des conventions Black Metal. Le groupe puisait dans ses racines culturelles atypiques et insufflait à sa musique un souffle nouveau, d’un exotisme délicieusement répugnant et particulièrement obscur. Bien, cela n’est pas pour autant terminé, et le groupe conserve tout de même une certaine identité dans ce nouvel album : guitares aigues flamboyantes, mélodies funèbres ciselées, outrageant parfum de folie incontrôlée, basses rampantes. Le travail du détail est énorme, et ce dès un « 49 Evil Spirits » à glacer le sang. Les variations rythmiques, entre mid-tempi puissants et blasts effrénés, supportent un travail guitaristique très fin qui s’apprécie pour sa personnalité : c’est bel et bien la rage et la déraison qui donnent de la force à ces parties de guitare, car elles ne sont ni impériales (comme dans la facette orthodoxe du Black – MERRIMACK, WATAIN), ni poisseuses comme dans du raw, ni étouffées comme dans du Suicidal. De la folie, et rien d’autre, voilà ce que véhiculent les riffs et le traitement sonore de la saturation. Oh, bien sûr, c’est un peut-être un détail, mais les oreilles passionnées sauront malgré tout se rendre compte de cette démarcation – après tout, se démarquer dans le Black Metal, c’est devenu tellement difficile que la moindre trace de personnalité devient importante. ARKHA SVA, sur Gloria Satanae, reste malgré tout très (trop) Black. Conventionnel. Pas de grandes trouvailles musicales à l’horizon, non, non, non. D’accord, nos petits satanistes Japonais ont une vraie verve, le chant est possédé, et littéralement terrorisant lorsqu’il se pousse dans des suraigus insoutenables de douleur, l’ambiance est à la perte de contrôle, la folie, encore une fois. Et les images communiquées sont assez fortes : des flammes, des châteaux en enfer, des rituels grandioses et sadiques. Le fan de Black Metal qui recherche une évasion impie dans les règles sauront apprécier la conviction du groupe, et ses véritables atouts techniques et structurels.

On aurait même pu penser, à l’écoute de ce chant féminin lyrique dérangé qui vient poser ses abominables vocalises sur certains passages, qu’ARKHA SVA se permettrait de véritables chamboulements, histoire d’élever sa musique à un rang moins banal, moins attendu dans les sphères Black. Vraiment dommage. Car finalement, certaines idées sont là, et font un semblant de différence. D’ailleurs, les mélodies qui se faufilent, qui se donnent au fil du temps, qui enveloppent certains passages d’une étrange mélancolie, constituent une véritable force pour un combo aux grandes capacités inventives, et à l’univers potentiellement intéressant.
Maintenant, la teinte grise foncée de ce Black emporté, mais pas aussi audacieux qu’il aurait pu l’être, ne distille pas suffisamment de brume pour cacher l’ennui. C’est long, 50 minutes, quand, tout est trop uniforme. Et ce ne sont pas les quelques très bons breaks (7ème minute de Gloria Satanae, rythme lourd et guitares dissonantes, puis mélodies sifflantes et nébuleuses) qui feront office de cache-misère. Ah non, là, je suis cruel. Dans le Black, essayer un semblant d’innovation, et qui plus est faire montre d’une véritable emphase spontanée dans la folie, on ne peut pas dire que c’est de la misère : c’est l’éventuel début de quelque chose d’intéressant. Après tout, ARKHA SVA n’a pas hésité à mettre du chant clair (« Thy Baptism ») qui, sans se révéler particulièrement à propos, montre du doigt le chemin de l’évolution. Peut-être une évolution vers un Black tout aussi dingue et déluré, mais plus sûr de lui, plus juste, plus raffiné dans son expression personnelle. Malgré tout à découvrir, pourquoi pas (pour les intéressés, ils sont chez Aura Mystique)?

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1. 49 Evil Spirits
2. Down In Blaze And Pain
3. Chant Ix
4. The Malicious Eye
5. Iiiiii
6. Chant Xi
7. Thy Baptism
8. Gloria Satanae
9. Nameless Rebellious



             



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