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LUGUBRUM - Winterstones (1995)
Par POSSOPO le 11 Octobre 2007          Consultée 3106 fois

Comme il est intéressant de se plonger dans les débuts discographiques d'un artiste aussi fier de sa personnalité que LUGUBRUM. A quoi s'attendre ? Que de questions sur la première esquisse d'un univers devenu de plus en plus fascinant avec le temps. On frémit d'angoisse à l'idée de devoir se contenter d'un vulgaire assaut black banal et sans saveur. On palpite d'espérance en osant rêver au meilleur, à un monde déjà construit et merveilleux.

Et après passage dans le mange-disque de "Winterstones", les interrogations demeurent. Comment situer la trajectoire de l'orchestre psychiatrique flamand ? Ascendante, descendante, hyperbolique ou linéaire ? La quatre, chérie, la quatre, et un peu de la deux aussi. Et bien oui, le groupe a considérablement évolué depuis ce cri primal et cru, et le récent "De Ware Hond" constitue une nouvelle mutation désaxée. Mais déjà, ces pierres hivernales plaçaient la barre à hauteur acceptable. Et mathématiquement parlant, LUGUBRUM connaît une carrière à ordonnée relativement constante. Je ne parle évidemment que de qualité car entre ce premier essai et un cru 2007 génial d'attardement mental, il y a tout et souvent n'importe quoi, en commençant par l'utilisation d'instruments attestant d'un décalage total de l'artiste avec l'orthodoxie black. Orgue, mélodica, saxophone alto, banjo... En terminant par l'essentiel, un style toujours en mouvance.

Mais attention, autre caractéristique du combo présente sur chacune de ses sorties, et une tendance lourde, la langueur. Une langueur pas toujours maîtrisée et qui rend chaque album un peu long, un peu fatigant. Pardonner cette fatigue sur une œuvre d'une difficulté rare est facile, plus difficile quand l'artiste cède à la facilité. A la facilité, le mot est trop dur, gardons en mémoire le fait qu'il ne s'agit tout juste que d'un premier accouchement. Et l'enfant a des traits qui rappellent ceux d'un jeune Varg Vikernes. Cette voix lointaine (malheureusement nettement moins humaine et assez médiocre), ces guitares qui traînent leur distorsion famélique, cette volonté désertique et froide... Validation des similitudes sur le synthétique "Ogenboom", réplique un peu courte de la texture sonore de "Tomhet", dernier appel au suicide du phénomène "Hvis Lyset Tar Oss".

Grand bien lui fasse, "Winterstones" conserve tout de même son propre caractère. Et la fange fermière des disques estampillés "Boersk Blek Metle" fleure déjà bon sous la neige importée directement de Norvège (cela tient de l'évidence à l'écoute de "Winds Enter My Mouth", morceau congelé au tempérament médiéval mais surtout terreux).

Voilà, tout est dit, un fond de metal marron en gestation, du BURZUM en veux-tu, en voilà, une distance imparfaitement tenue, l'impression reste bonne. Mais s'il fallait vraiment choisir, il serait plus convenable de débuter l'aventure LUGUBRUM par un album un peu postérieur, ne serait-ce que pour goûter pleinement au suc couleur châtaigne que l'on ne retrouve ici que sous la forme de fines gouttelettes. "Winterstones", un opus à réserver aux amateurs de la troupe délirante du plat pays (elle n'est encore ici que simple duo), à ceux qui ont déjà vécu les expériences "De Totem", ou "De Vette Cuecken" par exemple.

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(+ 2 kros-express)

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- Midgaard (guitares, basse, claviers)
- Barditus (batterie, chant)


1. Embracing The Moonlit Snowclouds
2. Sose Gilimida Sin
3. Aardmannen
4. Ogenboom
5. Dance Of The Winterking
6. Foltas
7. Fliegenpilz
8. Winds Enter My Mouth
9. Black Hag



             



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