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FUNERAL DOOM  |  STUDIO

Lexique doom metal
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2007 Intaglio

INTAGLIO - Intaglio (2007)
Par ORPHANAGE le 9 Août 2007          Consultée 2834 fois

Etrangement dur et lumineux, le Funeral Doom d’INTAGLIO se déroule avec douleur, agonise sans se laisser le moindre répit.

Silencieux comme une apocalypse, laborieux et introverti, il semble mourir sous nos yeux. Il n’est plus question de donner de dignité à son déclin, d’exprimer des sentiments. Ce stade est dépassé. Ce que l’on écoute pendant presque une heure avec « Intaglio », c’est l’étendue des dernières fractions de seconde avant le trépas. Le souffle n’y est plus, le cœur ne bat plus non plus. Il reste un ultime sursaut de conscience qui parvient à ressentir le monde extérieur. Mais de ce monde il ne reste presque plus rien. L’esprit sent les dernières lueurs de vie, mais elles ne sont là que pour rappeler à quel point la mort est douloureuse.

La musique d’INTAGLIO est malade. Sans aucune urgence puisque tout est fini. Le désespoir lui-même n’est plus prégnant. Les cristaux acoustiques parviennent aux oreilles avec lenteur, au milieu d’un riffing d’une sobriété inquiétante. Dénudé, noir au possible, lumineux comme un coma éternel, « Dark Cherry Day » fait peur. Pourtant, même si c’est bien de Metal que l’on parle, l’instrumentation n’est pas si extrême. Tout est fait pour transformer les mélodies nébuleuses en alternative au silence funéraire. On est au delà de la musique, et là où les autres groupes de Funeral restent extrêmement musicaux, même si mystérieux et arythmiques, INTAGLIO emprunte un autre chemin plus proche de MOURNFUL CONGREGATION, en encore plus sec, sans la moindre note de clavier

Oui, mis à nu au plus haut point. Le traitement des lentes percussions ne permet aucun écho, ni à la caisse claire, ni aux cymbales. Le chant est un murmure de mort qui semble perdre conscience de sa souffrance, s’évaporer dans les ténèbres. Pas de mélodies concrètes non plus, contrairement à MOURNFUL CONGREGATION qui parfois se fait plus sentimental. INTAGLIO est certes émotionnel, mais dépasse toute notion de tristesse, de désespoir, voire même de dépression. C’est sombre, le clair-obscur d’une larme qui s’échappe. Mais on se sent étrangement compréhensif. Le fait qu’il n’y ait pas de clavier, que tous les instruments sonnent de manière aussi naturelle, fait que l’album est incroyablement humain, plus à notre échelle. Et même si la noire rêverie à laquelle on est convié s’avère être des plus funestes, la simplicité sonore est vraiment très touchante.

Le Funeral Doom est un art particulier, et les habitués de Speed ou de Metalcore (je ne les mets pas dans le même sac, bien sûr) peuvent très vite s’ennuyer. C’est une question de goût et d’habitude, encore une fois, mais puisque je m’adresse aux intéressés, je voudrais finalement leur dire qu’INTAGLIO semble avoir quelque chose de plus. Les trèèèès longues compositions s’attardent, hésitent, puis repartent sans avoir de réelle direction, convoquent de vagues mélodies évanescentes, s’arrêtent dans un silence morbide puis sont poussées sans raison par de l’adrénaline de saturation. Qui s’évanouira quelques secondes plus tard. Dans la douleur.

Saisissante, la sècheresse de ce premier album d’INTAGLIO tue l’auditeur. L’entraîne dans un labyrinthe sans fin et sans but. La froideur n’y a aucun atour, aucun ornement, juste une foi colossale en l’art du Doom Funéraire, en ses méandres insondables. Le voyage est douloureux. Et celui qui pourra le comprendre ressortira grandi et assombri de l’expérience. Une expérience à tenter, assurément. Les russes réussissent à captiver à l’aide d’une démarche minimaliste, mais incroyablement passionnée. Si la transcendance a du mal à venir, la faute à une rigueur un peu trop grande encore, la maîtrise est époustouflante pour un premier album, et si le groupe parvient à davantage pousser ses caractéristiques sur son prochain essai, alors on pourra sans mal parler de chef d’œuvre. Le potentiel, lui, ne fait aucun doute.

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   ORPHANAGE

 
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- Evgeny Semenov (composition, guitare, basse, p)
- Maksim Mazin (chant, textes)


1. The Beginning
2. Dark Cherry Day
3. Solitude
4. Wind Of Autumn



             



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