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- Style : Lowdown

MESHUGGAH - Destroy Erase Improve (1995)
Par KORANGAR le 21 Septembre 2007          Consultée 7048 fois

Destroy Erase Improve (abrégé en DEI) est le deuxième album du groupe, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Le premier étant Contradiction collapse sorti en 1991, qui a eu qu’un très faible succès mais qui pose les bases du groupe : mélange de thrash metallicarien (comment ça, ça n’existe pas ?!) et d’un death psychédélique. Enfin, nous n’allons pas entrer dans les détails, ce qui nous intéresse c’est ce DEI de 1995, pierre angulaire du groupe et premier album à succès.

Comme dit plus haut, DEI pose les bases de ce que sera plus tard Meshuggah mais ce n’est pas pour autant un album expérimental. Le groupe a eu tout le temps de s’expérimenter à de nouveaux styles, à dépasser les frontières du thrash depuis la fin des années 80 à travers une multitude de démos. Non, cet album est une véritable œuvre, l’aboutissement de tout ce qui a été construit auparavant.

Aussi paradoxal que cela puisse être, l’album est à la fois un aboutissement et une rupture. Car oui, on peut retrouver certains titres des démos précédentes (notamment « Future Breed Machine ») mais en même temps l’album en lui-même sonne bien différemment : il se veut moins thrash ( ou bien moins influencé ) et plus original. La texture gagne en lourdeur tout en préservant la rythmique thrash. La polyrythmie, caractérisant on ne peut mieux Meshuggah, prend vraiment forme dans cet album même si ce n’est pas encore aussi transcendant que sur les suivants. Quant aux solos, ils sortent maintenant de l’ordinaire. Des mots tels que torturé, bizarroïde, mélancolique, électronique pourraient bien les qualifier, mais j’ai bien peur qu’ils ne suffisent tout de même pas à les décrire du fait qu’ils ne ressemblent à rien de connu. Bref, la seule façon de se donner une idée, c’est tout simplement de les écouter. La voix aussi change, elle gagne en puissance mais perd en prédominance : les longs hurlements l’agressivité du chanteur se font entendre sur la quasi-totalité de l’album, avec une teinte maintenant plus hardcore que thrash. Cependant, et ce n’est pas un tort, l’instrumentation gagne en importance. On est bien loin du néo où les instruments font office de fond musical pour le chant. Ici, l’ensemble instrumental a autant d’importance que le chant et il n’est pas rare d’assister à de longs moments sans aucune voix. Le chant sait aussi être varié, oscillant entre le parlé, le crié et le hurlé. A noter aussi que Tomas Haake, le batteur, assiste Jens sur plusieurs pistes à la manière du bassiste Adam Duce sur le premier album de Machine Head.

La composition de l’album a pour qualité d’être très hétérogène, avec des pistes très distinctes les unes des autres. Le véritable travail d’ingéniosité au niveau de la diversité des solos rend chaque morceau unique. Les titres en eux-mêmes sont aussi variés, enchaînant passages agressifs et passages calmes et jonglant avec de nombreux riffs.
L’album débute par le morceau fondamental du genre « Future Breed Machine » avec son départ très indus qui n’est pas sans rappeler Fear Factory. Il s’ensuit des morceaux aussi bons les uns que les autres, plus ou moins teintés thrash : «Beneath » avec la rythmique écrasante suivi de « Soul burn » avec ses deux accélérations successives qui laisse place au hargneux « Transfixion » puis au énergétique « Vanished ». L’album marque ensuite un court interlude par l’intermédiaire de « Acrid placidity », le titre instrumental et calme de l’album. A noter que ce titre ne sera pas de trop si vous venez de vous taper les 4 morceaux précédents à la suite. Et surtout si vous n’y êtes pas habitués. S’enchaînent ensuite « Inside what’s Within Behind », du même ordre que les quatre premières pistes puis « Terminal illusions » plutôt sombre. Mais la noirceur ne s’arrête pas là, elle atteint son apogée sur l’excellent « Suffer in truth » et le déshumanisé « Sublevels » qui clôture magnifiquement bien l’album.

Pour conclure, je trouve ce DEI d’un très haut niveau technique et d’une originalité sans nom. Je le trouve très légèrement en dessous de Chaosphere, mais ça peut-être subjectif et j’en conviens que certains peuvent le préférer parmi tous les albums du groupe car il est plus accessible, plus travaillé et plus thrash que les albums qui le suivent.

Bref, si vous en avez marre des riffs thrash qui se ressemblent tous ou des solos heavy sans originalité, je ne peux vous prescrire qu’une cure de Meshuggah, et cet excellent album de thrash technique peu orthodoxe me semble être le meilleur choix pour commencer. Un album facile d’accès qui pousse un peu plus loin les frontières du thrash.

Note : 4,5/5

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- Tomas Haake ( drums, vocals)
- Jens Kidman ( lead vocals)
- Fredrik Thordendal ( rhythm guitar, solo guitar, b)
- Mårten Hagström: ( rhythm guitar)
- Peter Nordin: ( bass guitar)


Non disponible



             



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