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LONGING FOR DAWN - A Treacherous Ascension (2007)
Par ORPHANAGE le 20 Juin 2007          Consultée 3164 fois

Au Canada, il fait aussi froid qu'en Scandinavie. Oui c'est vrai. D'aucun s'amusent à dire que ce qui rend la Finlande, la Suède et la Norvège si prolifiques en matière de musique Metal de toute obédience, c'est le climat. La prédominance de la nuit aussi. Ce n'est peut-être pas faux, mais alors, pourquoi le Canada, si proche climatiquement de la Scandinavie, ne fait-il pas autant parler de lui quant à son activité metallique ? Hé ben, je sais pas.

Quoiqu'il en soit, cette introduction inutile aura servi à quelque chose (ce qui est paradoxal puisque l'introduction est inutile) : oui, les LONGING FOR DAWN sont canadiens (québécois, plus précisément). Et leur musique est froide comme une forêt canadienne pendant un hiver particulièrement glacial, alors que la nuit se fait de plus en plus longue, de plus en plus impénétrable, tout ça quoi. A Treacherous Ascension est le deuxième album de ce combo, succédant à un One Lonely Path déjà fort apprécié par les amateurs de Funeral Doom Atmosphérique. Le nouvel album, plus concis, mieux produit, mieux assumé, offre à l'auditeur de se perdre dans des méandres riffiques absolument pachydermiques, et mélodiquement très surprenants. Les amateurs du genre seront malgré tout, dans l'ensemble, en terrain connu. Même si le son de guitare est extrêmement propre, même si les claviers très présents (et employés de la même façon que dans la Dark Ambient, selon la volonté du compositeur) bénéficient d'un habillage poli et lisse, les ondes exhalés par la musique n'en demeurent pas moins sombrissimes. C'est sur son paradoxe de propreté et d'obscurité que LONGING FOR DAWN parvient à forger sa personnalité musicale et son apanage visuel. L'ensemble jouit d'une juxtaposition parfaite, de mélodies épurées et horrifiques vraiment envoûtantes, et véhicule des images de monde vide, de chaos ténébreux, de tristesse oubliée. La capacité du groupe à mélanger les sentiments, par des mélodies s'aventurant bien au-delà de la "simple" dépression, allant de l'espoir à la haine, de la mélancolie à l'ataraxie, prend une ampleur vraiment appréciable au travers de son Funeral Doom captivant.

Les rythmiques sont bien évidemment suffocantes. Pourtant, cette lourdeur n'est pas fondamentalement soutenue par un écho infini dans les coups de grosse caisse ou de cymbales. Evanescentes, les compositions se déroulent comme des souffles d'agonie qui cherchent à retrouver la lumière, se souvenant de sa beauté, mais déplorant son départ. Leads désabusés, spleen qui s'engouffre mais qui n'en fait jamais trop, sensibilité ambient assumée et sobre, LONGING FOR DAWN fait vraiment preuve de beaucoup de qualités dans un genre qu'il est désormais difficile d'interpréter avec personnalité et renouvellement. Non pas que le groupe change radicalement la face du Funeral Doom : on peut aisément en reconnaître les poncifs, qui plus est assimiler A Treacherous Ascension à son école la plus atmosphérique, si décriée par une poignée de puristes. Pourtant, les claviers sont ici employés d'une manière assez nouvelle, est vraiment appréciable : il ne permettent pas de donner à la musique une dimension religieuse éculée dans le genre, ni à lui conférer une floppée de bons sentiments, genre "désespoir de chez Monoprix" (y'a plus, je vous le mets ?) : il s'agit plutôt de décupler la subtilité et l'ambivalence des sombres sensations portées déjà de bien belle manière par les guitares, les structures et les arrangements. Le summum est atteint sur la toute dernière piste "Once Supreme", complètement désabusée, résignée, mais aussi tellement belle, succédant à un "Ephemeral Cure" particulièrement intense dans son exploration du riff. LONGING FOR DAWN s'épanche entre lumière onirique lointaine et sévères profondeurs enténébrées, mais ne passe jamais par la facilité mélodique, ce qui le rend vraiment intrigant et captivant à l'écoute, et qui lui assure une durée de vie largement supérieure aux groupes trop opportunistes de Funeral Doom Ambient.

On ne saurait donc que trop conseiller aux amateurs de Doom lancinant et moderne l'écoute de A Treacherous Ascension : les amateurs de tristesse pourront goûter aux sonorités qu'ils adorent dans le genre, les chercheurs de nouveautés apprécieront la subtilité et la finesse dont fait preuve le groupe dans un genre difficile à réinterpréter, et ceux qui exècrent les claviers dans le Doom pourront quand même tenter d'en découvrir un emploi moins licencieux. Une belle découverte !

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- Frederic Arbour (guitare lead et arrangements)
- Stefan Laroche (chant)
- Simon Carignan (guitare rythmique)
- Etienne Lepage (basse)
- Francois C. Fortin (batterie)


1. The End Of Laughter
2. Discidium
3. Ephemeral Cure
4. Once Supreme



             



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