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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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- Style + Membre : Lionsoul

SPELLBLAST - Horns Of Silence (2007)
Par BAST le 21 Mai 2007          Consultée 6501 fois

Mon premier a un nom à coucher dehors. Mon second a une pochette qui ferait passer le visuel du premier album d’AIRBORN pour du grand art. Mon troisième fait dans l’heroic fantasy digne du pittoresque Dar l’Invincible, ce film au scénario aussi ténu que la crédibilité de ses effets spéciaux. Mon quatrième nous vient tout droit d'Italie, cette nation qui a démontré crânement qu’il était possible de devenir un héros en recevant un coup de front dégarni.
Avec tout ça, j’en vois déjà se gausser, avaler leur Despé ou leur Faro par le conduit inapproprié puis toussoter d’effroi, affirmant entre deux râles que mon tout est mauvais, ridicule, pauvre, plagiaire, invitant leur entourage MSNien à ne pas se faire entourlouper par ces touristes tout juste bons à nourrir le tout-à-l’égout. J’en vois d’autres aussi se montrer interloqués, titillés, chatouillés, touchés, souhaiter que mon tout soit tout sauf ça.
Et ils auront raison. Car mon tout a tout pour plaire.

Tout est relatif (toutefois). Ce premier album de SPELLBLAST est en effet surtout destiné aux amateurs de Speed Mélodique et épique comme un week-end de Toussaint sur une route brumeuse avec les enfants qui hurlent leur envie de jouer au foot sur la banquette arrière (SONATA ARCTICA, GAMMA RAY...). Mais toutes les clés ne se trouvent pas dans cette étiquette passe-partout. Encore moins sur le trousseau de passe-partout, d’ailleurs.
Car les Italiens incorporent quelques sonorités folkloriques qui font notamment penser à ENSIFERUM ("Legend Of The Ice Wolf"), bien que ce dernier ne touille pas sa tambouille dans le même faitout.

"Horns Of Silence" ou l’étude de la condensation sur 45 minutes de la toute-puissance du Speed Mélodique en milieu favorable.
SPELLBLAST extirpe son premier atout de la manche de sa cote de maille fraîchement graissée après une courte intro qui nous rappelle que l’heroic fantasy, c’est d’abord une longue marche semée d’embûches au cœur d’une forêt depuis belle lurette désertée par Bambi et ses amis tandis que des voix chuchotent des imprécations à faire s’ériger la chair d’un curé SM.

Car c’est bien lorsque le timbre al dente de Jonathan Spagnuolo (bien veiller à l’appeler Jon sur le champ de bataille, c’est plus prudent) intervient qu’une idée germe dans notre esprit (pardon, le mien) : on va se régaler. Car Jon est loin des voix typiques de l’Italie. Son timbre est davantage chaleureux, à la finlandaise ai-je envie de dire, et sa justesse s’avère aussi parfaite que l’équilibre d’un funambule aimant la vie qui se promènerait au-dessus d’un précipice parsemé de piques à faire frémir un dé à coudre. Il faut dire aussi qu’il est servi par des lignes de chant réussies, intelligentes même, dans la mesure où elles évitent toute convenance.

C’est ensuite que l’idée, de germe, passera à pousse vivace puis, pourquoi pas, haricot géant, mais là c’est pas obligé.

Et dans ce cas, l’ogre nous assènerait "Lost In The Forest" et son refrain imparable (n’essayez pas), l’hymne dantesque tout feu tout flamme "Losing Reality" ou encore la pièce épique "Glory To The Gem". À ce propos, on ne peut que féliciter SPELLBLAST d’assumer ainsi son penchant pour les pierres précieuses (lithophilie ?) tandis que RHAPSODY n’avait jamais osé déclarer sa flamme à son émeraude chérie, préférant la déclaration classique et peu risquée à la princesse se pâmant dans une agonie majestueuse. En tout cas, la gemme en question devait être vachement troublante tant cette compo s’avère géniale.

Revenons à ce premier album de nos jeteurs de sortilèges.
FINNTROLL nous avait autorisé à entr'apercevoir ce qui compose les réjouissances en milieu Troll et plus particulièrement le menu concocté par leur cuistot, menu qui nous concerne d’ailleurs directement. RHAPSODY avait apporté quant à lui son propre témoignage d’une célébration chez les amis de Gimli et Sarkozy. SPELLBLAST contribue à enrichir notre bestiaire fantastique avec son compte-rendu pour le moins étonnant de la vie au sein d’une fanfare gobeline. On doit en tout cas bien s’y amuser si l’on se réfère à la qualité de ce titre Heavy et folklorique à la fois.

Même topo pour "Legend Of The Ice Wolf", morceau on the rock où l’on a droit à une belle démonstration de ce que peuvent donner des mélodies aérées sur une rythmique entraînante (quel refrain !).

Sur le court et direct "Resurrection", c’est BLIND GUARDIAN qu’on devine, aussi bien dans la rythmique plombée comme une dent d’ado élevé au Sunday caramel que dans le chant. Enfin, après une courte intro symphonique, "Knights Of Darkness", au lieu de miner l’ambiance avec son histoire d’obscurité scélérate et de mort teigneuse, dépote et oblige à se repasser cet opus dans les plus brefs délais.

Et pour clouer le bec aux esprit chagrins qui viendront nous ressasser au creux de l’oreille que la prod doit tout gâcher - la prod doit tout gâcher - la prod doit tout gâcher - la prod doit tout gâcher, il suffit qu’ils jettent l’oreille accompagnée de son creux sur "Horns Of Silence" pour constater que ce nouveau venu de nulle part n’a pas une seule seconde eu envie de se moquer de nous. C’est du tout bon : guitares écrasantes, orchestrations de qualité, chant bien mis en valeur, batterie explosive.

SPELLBLAST ne manque pas d’audace, lui qui ose nous sortir un "Horns Of Silence" à ce point excellent. Chanteur charismatique, guitaristes et bassiste inspirés, batteur impeccable, le premier album des Italiens est aussi la découverte de musiciens talentueux. Un premier album que l’on se serait davantage attendu à découvrir il y a cinq ou six ans, au moment où les ressortissants italiens quémandaient l’asile politique dans les bacs du monde entier (les gourmands). En tout cas, ce jeune prodige arrive à point nommé (Mike Tyson nous le répète inlassablement : on ne nomme pas assez ses points).

Je ne ferai pas tournebouler le tout-venant en déclarant en un tournemain que SPELLBLAST est la formation de Speed Mélodique de tous les amateurs de Speed Mélodique, et de Heavy itou. La ritournelle ne conviendrait pas à certains tant l’esprit heroic fantasy se montre touffu.
Quand bien même, en dépit d’un premier et d’un second peu folichons, mon tout est vraiment très bon. Tout simplement. Quel toupet !

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- Jonathan Spagnuolo (chant)
- Luca Arzuffi (guitare)
- Claudio Arzuffi (guitare)
- Xavier Rota (basse)
- Ivan Dellamorte (clavier)
- Alberto Baldi (batterie)


1. In The Name Of Odin
2. Lost In The Forest
3. Losing Reality
4. Glory To The Gem
5. Goblins' Song
6. Legend Of The Ice Wolf
7. Sign Of The Unicorns
8. Resurrection
9. Knights Of Darkness



             



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