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METAL MODERNE EXTRêME  |  STUDIO

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- Membre : Melted Space

HACRIDE - Amoeba (2007)
Par CANARD WC le 24 Avril 2007          Consultée 4822 fois

Chaque fois que je vais à la FNAC, je passe au moins quelques minutes au rayon Metal. Juste pour chouffer un peu. C’est devenu comme un petit rituel : je touche quelques CDs sous célophane, je regarde les nouveautés, les offres promos et je me casse fissa.

Vous aimez bien quand je raconte ma vie en intro hein ?
Ouais c’est cooool. Je continue.

Donc j’étais à la FNAC et en chouffant comme je fais d’habitude je tombe sur le CD de HACRIDE. La pochette est intriguante – assez classieuse. Encore un groupe de Prog Metal conceptuel qui se la pète. Il y avait un sticker collé sur le CD qui disait : « Coup de coeur du mois de Hard Rock Magazine ». Ca ne doit pas être terrible. Il y avait un petit commentaire à coté qui disait en italique « la dernière révélation du Metal Moderne Extrême Prog ». On n’est pas dans la merde. Aussi intrigué que par un meeting d’Arlette, j’ai néanmoins décidé de jeter une oreille à la bête.

Mes premières impressions d’Amoeba sont mitigées. D’un coté, il est indéniable que c’est bien fait avec une vraie originalité. HACRIDE a une patte à lui : il délivre une musique à la fois curieuse et caractéristique. Mais les titres sont longs et alambiqués, l’ensemble est hermétique - parfois « désagréable » (dans le sens de dissonnant) - donnant une invariable impression de fouillis. Un gros bordel de plein de trucs à la fois. On dirait du MESHUGGAH qui se prendrait pour DREAM THEATER. Vous voyez le genre ?

Par acquis de conscience, j’ai jeté une oreille sur leur précédent méfait « Deviant Current Signal Blancheur ». J’ai entendu un truc qui tabasse, ça ressemblait assez à du Death moderne (un peu à la ATHEIST). Première écoute encourageante en tout cas, HACRIDE a le mérite de dépoter tout en ayant un début de style. Ca manque évidemment de « fond » (avec les travers du Death : ça bourrine et ça braille un peu sans raison) mais pour un premier album c’est franchement pas mal.

L’écoute superficielle de ce premier album m’a quand même permis de mesurer la nette avancée du groupe avec Amoeba. HACRIDE a peaufiné son style et on arrive presque à quelque chose. Leur recherche constante de la « rupture » (amenée en général par la batterie et soutenue à gros coups de riffs arrêtés) rend leur musique au final assez commune avec ce qu’essaie de faire toute la vague actuelle du Neo-Thrash-Power-Core. Et je vous le confirme, la musique d’HACRIDE est aussi « progressif » que celle de NAPALM DEATH. C’est dingue, de nos jours, dès qu’un truc est long et chiant, on parle de « tendance progressive ».

J’étais parti pour foutre une note sévère à cet album et il s’est passé un truc.

Ca s’appelle « Z – A – M – B – R - A », c’est la Track 4 et c’est lumineux. Le groupe s’envole tout d’un coup très haut. Plus qu’un « pic », ce titre permet une relecture complète de la musique d’HACRIDE. Le morceau qui vous fera changer d’avis. Le groupe prend alors une autre dimension et l’ensemble en devient foutrement intéressant. On passe d’une musique pour Progueux énervés à un génial « Flamenco Metal » (reprise d’un groupe espagnol OJOS DE BRUJO au passage... Je précise histoire de... Je ne connais pas ce groupe... OK on s’en fout). L’ambiance ibérique permet de dégager une typicité charmeuse.

Un morceau comme « Depraved of the Soul » apparaît alors comme réussi. Zambra vous a hypnotisé pour que ces avalanches de riffs, cassures et autres déstructurations musicales en deviennent attirantes. On redécouvre alors les morceaux de l’album en se disant : « Ah ouais c’est bien vu ça ». Le groupe tient là une sacrée piste à explorer et à s’approprier pour la suite. Et l’étiquette de « Flamenco Metal » je trouve que ça en jette. Les espoirs les plus fous sont permis (à quand le Guinguette Metal et le Death-Salsa Extrême ?).

Le problème c’est justement que Zambra fait un peu figure d’OVNI sur l’album. J’aimerais bien parler de « Flamenco Metal » mais en réalité il s’agit réellement d’un Metal Moderne si Crossover qu’il est difficile d’étiqueter vraiment le groupe. On regrette que la musique andalouse ne frappe l’album que par petites touches éparses (quelques passages et nuances sur « Ultima Necat » ou « Strengh » par exemple) sans que cela entraîne une réappropriation par le groupe. C’est d’autant plus dommage qu’on sent que le groupe a du potentiel et paraît même assez ambitieux. HACRIDE n’est simplement pas aller au bout des choses. Peut être iront-ils dans cette direction pour les prochains opus. Je l’espère fortement.

Amoeba est une bonne surprise. Cet album est à conseiller à tous les Metalleux curieux qui aiment à se frotter au Metal Extrême. Ce « package » à la fois complexe / sombre / torturé / inventif a de quoi attirer l’attention sur ce groupe vraiment intéressant... On me dit dans l’oreillette qu’en plus ils sont français les pépéres. Cocorico. Qu’est ce que ça peut bien faire qu’ils soient français ? Sérieusement, on s’en branle. La médiocrité et le talent n’ont pas de nationalité. Comme si j’allais artificiellement gonfler la note pour cause de « préférence nationale »*. Ah ah ah.

Note : 3/5 (en tirant sur les draps)

OVNI : Zambra
Morceau représentatif : On the Theshold of Death
Ca tue : Deprived of the Soul
Instrumentale intéressante : Ultra Necat



* Encore ils seraient bourguignons, mais poitevins franchement...

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- Samuel Bourreau (chant)
- Adrien Grousset (guitare)
- Benoist Danneville (basse)
- Olivier Laffond (batterie)


1. Perturbed
2. Fate
3. Vision Of Hate
4. Zambra
5. Liquid
6. Cycle
7. Deprived Of Soul
8. Strength
9. Ultima Necat
10. On The Threshold Of Death



             



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