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- Style : Illwill
- Membre : Judas Priest

FIGHT - War Of Words (1993)
Par CANARD WC le 9 Avril 2007          Consultée 5245 fois

En 1990, JUDAS PRIEST a balancé Painkiller à la face du monde. Plus testament que simple « calmant », le groupe a signé l’arrêt de mort du Heavy Metal en proposant un album paroxysmique et d’une intensité inégalée. En allant au bout du genre, le PRIEST a vidé de son sens tous les potentiels successeurs en matière de Heavy. De ce fait, aucun album post-Painkiller n’égalera la performance du groupe. Tout ce qui suivra ne sera que redite, pompage et vacuité. En 1990, Heavy Metal ist kaput, terminé, nada, walou.

Evidemment, maintenant que l’eau a coulé sous les ponts, tout ça c’est de notoriété publique. Mais au début des années 90, l’impact de Painkiller était beaucoup moins évident. Rob (HALFORD), lui, le sentait. C’est un intuitif le Rob, il a pas l’air comme ça avec son crâne chauve et sa tête de fouine colérique, mais il sentait qu’il fallait évoluer. Le Heavy aux débuts des années 90 sentait légèrement le rance. Et ça tombe bien parce que JUDAS PRIEST, il en a plein le cul le Rob. Ras le fion du PRIEST.

Rob quitte officiellement le navire en 1993. Il fait des ronds de jambe au batteur (Scott TRAVIS), loue les services de deux gratteux plus ou moins connus (un prof de gratte réputé et un whore-band) et fonde FIGHT. J’aimerais bien vous dire que "War of Words" est une tuerie digne de Painkiller, que c’est son successeur caché, que c’est l’une de ses perles rares injustement méconnues...mais ce serait faux. Et je m’en voudrais de vous mentir et de perdre toute crédibilité.

Alors voilà, je vais être franc avec vous, je vous regarde droit dans les yeux et je prononce la sentence :

« War of Words est à des années lumières de Painkiller. Ce n’est qu’un album honnête, de bonne facture et intéressant. Et c’est déjà pas mal ! ».

Pourtant, j’avoue, j’y ai cru au resucé de Painkiller. Rien que l’intro (Into the Pit), si c’est pas un putain de clin d’oeil... Mais la suite nous fait dire le contraire : plus violent qu’agressif, plus lourd qu’aérien, sans concession mais jamais flamboyant. FIGHT ne joue pas dans la même catégorie. Il faut arrêter tout de suite là maintenant les comparaisons avec Painkiller.

Avec cet album, Rob a voulu évoluer et élargir ses horizons. Sacré coquinou ce Rob ! La musique de FIGHT est à son image : rageuse, belliqueuse et fédératrice comme un rouleau compresseur. La production « made in USA » clinquante met en scène des grattes massives qui à coups de gros riffs arrêtés, de cassures de rythme et d’un mid-tempo implacable font de FIGHT une véritable machine de guerre lourde et véhémente. On pense à PANTERA en moins bestial et étonnamment peu à JUDAS.

Rob a très clairement lorgné vers le Power à la MACHINE HEAD (avec une touche d’Indus) pour nous pondre un Heavy Panteresque relativement accrocheur et terriblement pêchu. Un Heavy avec des couilles. Les paroles sont dans cette dynamique, vertement irreligieuses. Rob fight God. Il flotte comme un parfum de blasphème. Rob a des choses à dire, il en a gros sur la patate et c’est à Dieu lui même qu’il a décidé de s’en prendre. « Ouais vas-y Rob, casse lui la gueule ! On est tous avec toi ».

Si on ne déplore aucun titre vraiment mauvais, War of Words se présente comme un « bloc » massif (13 titres, près d’une heure de musique) et homogène avec une poignée de titres assez semblables entre eux et une autre poignée de titres aussi « originales » qu’un tube de la Star Académie (je suis dur). Et ce, malgré la relative diversité des titres affichés. D’un point de vue général, certaines répétitions et quelques lourdeurs entachent quelques titres qui auraient eu tout intérêt à être élagués et raccourcis d’un poil (Little Crazy). Ca donne à War of Words ce coté « pachydermique » - propre au Power Metal – parfois franchement jouissif (Contorsion), parfois franchement lourdingue (Kill it).

Mais bon, il y a Rob HALFORD sur ce disque. Et là tout est dit. Il est à lui seul une raison d’investir dans ce disque. En tant que bon pilier / fondateur / star locale, il porte à lui seul la galette. Il réussit à tirer n’importe quel titre moyen vers le haut. Même sur une ballade a priori pas folichonne (For all Eternity), il se passe quelque chose : votre gorge se noue, les émotions suintent et on réécoute avec délice (là où avec n’importe quel autre chanteur, vous auriez probablement zappé).

C’est donc une autre facette du Heavy que Rob nous invite à découvrir avec "War of Words". A vrai dire, ce n’est plus vraiment du Heavy. Mais ce sont les germes des albums à venir du PRIEST avec Ripper (woooouuuu les copieurs). "War of Words" est de la race de ces albums bien ancrés dans leur époque et témoin d’un air du temps et d’une mode d’autrefois, portant les germes d’une (r)évolution à venir.


Note : 3/5

Rob is God : Reality New Beginning, For all Eternity, Immortal Sin, Laid to Rest
Clin d’oeil à Painkiller : Into the Pit
Bof : Vicious, Kill it, Jesus Saves (ghost track)

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   (2 chroniques)



- Rob Halford (chant)
- Scott Travis (batterie)
- Jay Jay (basse)
- Brian Tilse (guitare, claviers)
- Russ Parrish (guitare, claviers)
- Mark Chaussee (guitare)


1. Into The Pit
2. Nailed To The Gun
3. Life In Black
4. Immortal Sin
5. War Of Words
6. Laid To Rest
7. For All Eternity
8. Little Crazy
9. Contortion
10. Kill It
11. Vicious
12. Reality, A New Beginning
13. Jesus Saves (ghost Track)



             



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