Recherche avancée       Liste groupes



      
GRUNGE  |  LIVE

Commentaires (42)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1989 Bleach
1991 Nevermind
1992 Incesticide
1993 In Utero
1994 Mtv Unplugged In New Yor...
2009 Live At Reading
 

- Membre : Foo Fighters
 

 Site Officiel (225)

NIRVANA - From The Muddy Banks Of The Wishkah (1996)
Par THE MARGINAL le 5 Avril 2007          Consultée 9439 fois

Adorateurs de Nirvana, passez votre chemin. Car je vous avertis d'entrée de jeu: ma chronique de ce disque sera acerbe, cinglante, irrespectueuse, sans concession et va même tutoyer les frontières de la mauvaise foi, de la moquerie, voire de la méchanceté gratuite. Vous voilà donc prévenus.

Avant de chroniquer cet album live de Nirvana, il serait bon de revenir quelques années en arrière, plus précisément vers la période 1994-96. A cette époque (et même aujourd'hui encore), il n'était pas de bon ton de dire du mal de Nirvana. Souvenez-vous: si on avait le malheur de dire qu'on n'aimait pas ce groupe et qu'on n'avait aucun disque d'eux, on passait automatiquement pour des cons, pour des gens anormaux auprès des adeptes de la bande à Kurt Cobain. Celui-ci s'était suicidé en mars 1994 et les médias ont alors fait de lui une icône, Nirvana s'est tout de suite vu catalogué groupe majeur et incontournable (alors que le phénomène commençait à s'essoufler vers 1993), les ventes de disques et de T-shirts ont été littéralement surboostées. Il ne se passait pas un mois sans que la presse musicale (des torches-cul comme Rock Sound, Rock & Folk, les Inrocks, Rolling Stone, etc...) ne fasse un article élogieux sur Kurt Cobain et son groupe. Même la presse metal a suivi le mouvement. Il est alors amusant de constater que Nirvana, qui prétendait être contre le star-system, qui était supposé être l'alternative aux tendances des 80's/début 90's, est devenu le summum de la hype, voire même le symbole de la pensée unique dans le rock des 90's. Ce groupe est en quelque sorte devenu l'arroseur arrosé, voire le dindon de la farce.

La maison de disque Geffen n'a pas été en reste: elle a bien compris qu'il y avait moyen de capitaliser là-dessus et n'a pas eu de scrupule en commercialisant un live acoustique enregistré sur MTV "Unplugged in New York", un des pires live acoustique de l'histoire (même Mariah Carey a fait mieux, ou plutôt moins pire, c'est tout dire). Et comme ça a si bien marché commercialement, Geffen a décidé de remettre le couvert en 1996, mais en sortant cette fois-ci un live électrique.

Le live en question s'appelle "From the muddy banks of the Wishkah" et la question est de savoir s'il sera aussi nul ou moins pire que le "Unplugged in New York"... Ce live est censé compiler des extraits live enregistrés à différents endroits entre 1989 et 1994, ce qui peut permettre à certains d'entendre le batteur d'origine Chad Channing. Seulement, lorsqu'on écoute ce live, on a carrément l'impression d'entendre un concert en intégralité de Nirvana. C'est peut-être la production qui veut ça, mais ça coince un peu quelque part: car si l'appréciation des albums studio de Nirvana, de leurs compos personnelles est subjective, en revanche, leurs prestations scéniques montrent vraiment ce que ce groupe a dans le ventre. Ce live était censé mettre en valeur l'énergie scénique du groupe, mais en fait, on s'aperçoit bien qu'en live, Nirvana ne cassait pas 3 pattes à un canard.

En fait, ce "From the muddy banks of the wishkah" apporte de nombreuses confirmations. Tout d'abord, on a la certitude que le père Cobain n'est pas un décontracté du gland et n'a franchement rien d'un frontman ultime. Ce live prouve que Nirvana n'avait pas son pareil pour charcuter les titres de son répertoire (aïe, aïe, aïe, tous ces pains !!), que Kurt Cobain, en plus d'être un guitariste médiocre, est un piètre vocaliste, le plus souvent à côté de la plaque. J'avais déjà eu l'occasion d'écouter et de visionner des extraits live (la vidéo intégrale de "Live tonight sold out !" ainsi que quelques extraits live sur Youtube) pour avoir un aperçu de ce que vaut Nirvana et j'ai ressenti les mêmes impressions en écoutant ce live: que Nirvana a du mal à tenir la distance, s'essoufle assez rapidement et, en live, n'est pas aussi explosif que ce que certains prétendent... "School" et "Drain you" suscitent très vite l'ennui en raison des horribles vocaux de Kurt Cobain. Cette fois-ci, contrairement au live unplugged, on note la présence de titres comme "Aneurysm", "Heart-shaped box", "Negative creep", sans oublier le mega-tube planetaire "Smells like teens spirit" qui s'était payé le luxe de concurrencer la "Zoubida" de Lagaf et "Saga Africa" de Yannick Noah dans le Top 50 français (ce qui n'était pas un mince exploit, à l'époque), un titre qui aurait pu connaitre le même sort que le fameux "Madame Sardine" de Pierre Richard si le destin en avait décidé autrement... Même la présence de ces titres ne sauve pas ce live du naufrage total, et pour cause: ils sont massacrés sans vergogne par le groupe. L'écoute de "Tourette's" est un véritable supplice tant il est insupportable. Par moments, Kurt Cobain fait même penser à une truie qui se fait égorger tant ses vocaux sont horribles. Certains fans regrettent l'absence de "Come as you are" ou "Pennyroyal tea". Mais le problème de ce live, c'est qu'on peut sélectionner n'importe quel titre, le résultat sera toujours le même: brouillon, bâclé, horripilant. Bref, c'est le zéro absolu !

Finalement, ce live montre quel genre de groupe était réellement Nirvana: un groupe qui se veut énergique, brut de décoffrage sur scène, mais qui ne tient pas la route, qui ennuie, lasse très vite et qu'on pourrait comparer à un gros soufflé au fromage. Comparé à "It's alive" des Ramones ou n'importe quel live de AC/DC, ce disque a de quoi susciter des railleries en tous genres. A l'écoute de ce "From the muddy...", j'ai compris pourquoi j'ai toujours eu le sentiment que les albums de Soundgarden et Alice In Chains avaient mieux vieilli que ceux de Nirvana. Nirvana, c'était en quelque sorte le Joy Division du pauvre, un groupe mélangeant pop-rock bruyante et influences punk moisies, mal assimilées. En écoutant ce live, on comprend beaucoup mieux pourquoi beaucoup de personnes citent Nirvana comme l'un de leurs pires souvenirs en concert. On comprend mieux aussi pourquoi certains sont partis au bout de 3-4 chansons en live. Ce groupe est peut-être l'un des pires dans le domaine de la performance live et si certains cherchent un bon live d'un groupe rattaché à la vague grunge, je leur suggérerai plutôt le "Live on two legs"(1998) de Pearl Jam, un groupe qui sait, lui, comment tenir une scène.

Tout compte fait, Geffen, sans le savoir, a apporté aux détracteurs de Nirvana de la matière pour se moquer du groupe à Kurt Cobain, le casser. "From the muddy..." est tellement mauvais qu'il réussirait à faire passer le médiocre "Power to the people" de Poison pour un live d'anthologie. Un comble ! On peut quand même se demander ce que les mecs de Geffen ont fumé au moment de signer Nirvana dans leur écurie, ce qu'ils ont bien pu trouver à ce groupe... Car ce même label avait signé des groupes infiniment plus intéressants, plus talentueux et plus originaux comme Warrior Soul, The Toll, Galactic Cowboys, voire Little Caesar. De tous les groupes signés chez Geffen, Nirvana était, du moins à mes yeux, le groupe le plus mauvais, mais aussi celui qui a eu le plus de succès sur le plan commercial. C'est d'autant plus navrant que des groupes plus passionnants, plus pertinents, il y en avait à foison dans la première moitié des 90's.

Malgré tout, ce live symbolise quand même bien plus de choses qu'on le croit: il a marqué la fin du mouvement appelé grunge et sa sortie coincide avec l'explosion du phénomène Spice Girls (beaucoup de fans de Nirvana se sont entichés de ce groupe). Ce live résume aussi en partie ce qu'était la scène mainstream US dans les 90's: une scène dominée par des groupes médiocres, dépourvus de tout sens mélodique, ennuyeux, soporifiques et sans ressort en live (d'où ce sentiment que les 90's s'apparentent à une décennie de gâchis). Nirvana n'a pas tué le hard rock, contrairement à ce que pensent certains, mais il a quand même contribué à detourner la signification du rock, à inciter de nombreuses personnes à se désintéresser du rock(au sens large du terme) et a (involontairement) aidé le rap, la techno et les boys-bands à supplanter le rock (hard ou pas) dans les charts.

Finalement, ce live laisse suggérer que le phénomène Nirvana a été très nettement exagéré, que les médias ont fait passer ce groupe pour ce qu'il n'était pas. On a tellement répété, martelé que Nirvana était un groupe super génial qu'en écoutant ce live, je n'ai pu m'empêcher de pouffer de rire. Car ce live montre bien que Nirvana n'avait pas l'étoffe d'un grand groupe, que vu son potentiel, la bande à Cobain aurait dû rester confinée dans l'anonymat ou à faire partie de ces groupes au succès sans lendemain (chose qui serait probablement arrivée si Kurt Cobain ne s'était pas suicidé). Tout compte fait, il n'est pas incongru de se poser les questions suivantes: Nirvana est-il la plus grosse farce de toute l'Histoire du rock ? Et si Nirvana était juste une erreur de l'Histoire ?

A lire aussi en GRUNGE par THE MARGINAL :


ALICE IN CHAINS
Dirt (1992)
Une oeuvre émouvante et magistrale !!

(+ 1 kro-express)



SOUNDGARDEN
Superunknown (1994)
Grunge metal

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez




 
   THE MARGINAL

 
  N/A



- Kurt Cobain (chant, guitare)
- Krist Novoselic (basse)
- Dave Grohl (batterie)
- Chad Channing (batterie)
- Pat Smear (guitare)


1. Intro
2. School
3. Drain You
4. Aneurysm
5. Smells Like Teen Spirit
6. Been A Son
7. Lithium
8. Sliver
9. Spank Thru
10. Scentless Apprentice
11. Heart-shaped Box
12. Milk It
13. Negative Creep
14. Polly
15. Breed
16. Tourette's
17. Blew



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod