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DOOM METAL  |  STUDIO

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- Style : Paradise Lost, Madrigal, Anathema, Khemmis
- Membre : Hellfest Open Air Edition, Cradle Of Filth

MY DYING BRIDE - A Line Of Deathless Kings (2006)
Par MOX le 16 Novembre 2006          Consultée 5294 fois

En bon passionné jamais refroidi par les déceptions, j’accueille avec joie (mais avec espoir de plus en plus mince) toute nouvelle production, prêt à rassembler ma volonté pour affronter les premiers obstacles qui, si l’on avait décidé de ne plus porter son attention sur le groupe, auraient tôt fait de ne pas inciter les plus désabusés à jeter une oreille sur le neuvième album de My Dying Bride. Quels sont ces premiers obstacles ? Des indices, tout au plus : la pochette n’est plus réalisée par Aaron (et est au mieux inintéressante), et les titres sentent bon les problèmes relationnels. Il faut savoir que le fonds de commerce original du groupe est la relation conflictuelle qu’entretient le chanteur avec Dieu, laquelle fut souvent mise en scène en concert. Mais désormais, l’amour et ses désordres dominent, ce qui n’est pas si étonnant lorsqu’on admet que Dieu et amour (voire plus) peuvent être liés (la déréliction et le sentiment d’abandon pourquoi pas, la pochette de « Fuck me Jesus » plus vraisemblablement…).

Outre ce thème plus développé que jamais, il est nécessaire de noter une évolution significative : le chant d’Aaron, entièrement clair (deux/trois passages rauques tellement courts qu’il n’est pas utile de les mentionner) et beaucoup plus convaincant la majeure partie du temps. Son idée favorite, la souffrance, transparaît de manière bien moins lourde qu’auparavant ; Aaron chante et ne gémit quasiment plus. Le timbre moins forcé de sa voix communique aisément et parvient très souvent à créer de lui-même l’unique intérêt de morceaux gigotant sans cesse mais éprouvant toutes les peines du monde à accrocher.
Là, je ne ferai pas d’amalgame. « A Line of Deathless Kings » surnage par moments, trouvant les mots justes pour s’exprimer et dépeindre ce qui ne peut qu’être un tableau grisâtre, généreusement noirci par « L’Amour Detruit », seule et unique pépite. Structurée comme les autres titres, elle est soutenue par une succession de riffs à en crever le cœur, se relayant constamment pour laisser l’auditeur éveillé et pour tisser une ambiance mélancolique très « soft » mais pertinente (les claviers sont épars et peu encombrants).

L’album est donc bâti de cette manière : lenteur très relative (essentiellement mid-tempo et de rares moments plus pesants), changements de rythme fréquents et peu de place pour la mise en situation (du coup, l’album est très compact). C’est l’un des défauts (de mon point de vue) : cette sensation que, le morceau débutant à peine, un saut de quinze minutes vient d’être fait, parachutant l’auditeur au beau milieu d’un riff qui aurait pu (et parfois dû) être annoncé longtemps à l’avance. Mais ceci n’est rien en comparaison du trou musical qui caractérise l’album, laissant aux premiers et derniers titres le soin de remonter le niveau. Au milieu ? C’est très vide, ou très lourd au choix : le nouveau batteur plutôt vivace ainsi que le chant subtil d’Aaron sont sans effets face à des rythmiques plates incapables de les accompagner. C’est ce même sentiment qui me parcourt à l’écoute de « 34.788…% Complete » (registre différent, soyons d’accord) où les mélodies semblent recherchées, mais absolument éloignées du My Dying Bride que l’on connaît.

Je ne ferai pas (ou pas spécialement) mon aigri en réclamant « le bon vieux MDB doom/death ». Evidemment le groupe a évolué, il est moins extrême, plus doux, et les mélodies sont plus faciles d’accès. Mais il se trouve que dans le cas qui m’intéresse, elles sont de moins en moins poignantes, et peu inventives. Le seul morceau qui s’échappe de cette malédiction est le single « Deeper Down », d’un vide mélodique rare autour duquel le chant d’Aaron fait des merveilles. Le tempo est langoureux, gonflé de double grosse caisse peut-être, mais touchant.

Une catastrophe ? Pas vraiment. Une déception supplémentaire, oui. Je me suis forcé à accepter ce côté mélancolique léger, ces titres riches en variations mais pas en idées, ce blabla amoureux parfois pénible, mais c’est bien difficile. Qui plus est, lorsque « The Blood, the Wine, the Roses », pompé allègrement sur l’album « The Light at the End… », retentit, son tempo plus agressif (voir l’accélération inattendue digne des premiers albums) finit par déstabiliser, My Dying Bride terminant son album en caricature…
Les quelques jetons qu’il me reste à parier sur la formation anglaise seront placés sur « Deeper Down », le reste est passé par le micro-ondes, à mon avis.

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   (2 chroniques)



- Aaron Stainthorpe (chant)
- Ade Jackson (basse)
- Andrew Craighan (guitares)
- Hamish Glencross (guitares)
- Sarah Stanton (claviers)
- John Bennett (batterie)


1. To Remain Tombless
2. L'amour Detruit
3. I Cannot Be Loved
4. And I Walk With Them
5. Thy Raven Wings
6. Love's Intolerable Pain
7. One Of Beauty's Daughter
8. Deeper Down
9. The Blood, The Wine, The Roses



             



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